Le miracle capétien a mis des hommes à la tête de la France

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Le miracle Capétien est un phénomène incroyablement improbable. Le premier enfant du roi de France a été un garçon de 987 à 1316 sans discontinuité. Cela fait 13 rois d'affilée, défiant toute statistique. C'est ce qui a donné le caractère héréditaire à la monarchie française, normalement élective.

Ce "miracle" a donné un énorme prestige aux Capétiens, faisant d'eux la plus prestigieuse, puissante et répandue des dynasties royales européennes. La fin de ce miracle, conjugué à l'affaire de la tour de Nesle et à une malchance de 3 frères sans fils, a eu pour conséquence la guerre de Cent Ans.


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a écrit : Juste pour savoir, à quelle point ce miracle ne respecte pas les stats ? Quelle était la chance pour que ça arrive ? Une chance sur 2, 13 fois à la suite donc 0.5^13, soit 0.000122070312, ce qui équivaut à 0.01% de chance.

a écrit : Juste pour savoir, à quelle point ce miracle ne respecte pas les stats ? Quelle était la chance pour que ça arrive ? La probabilité d'avoir un garçon est de 50% environ (de mémoire il y a un peu plus de chance d'avoir un sexe plutôt que l'autre).

Moi qui suis un garçon, qui ai 6 grands frères et aucune sœur (véridique !), la probabilité pour ma mère d'avoir 6 garçons d'affilé est donc de :

0,5^7 = 0,78 % soit 1 chance sur 128

La probabilité d'avoir 13 garçons à la suite est de :

0,5^13 = 0,012 % soit 1 chance sur 8192

Pour les matheux dans le premier cas on a une loi binomiale de paramètres n = 7 et p = 0,5. Dans le deuxième cas n = 13.

Le fait qu'il y ait une puissance rend les résultats non linéaires et double le nombre de possibilités totales à chaque étape :
1 garçon = 1 chance sur 2
2 garçons = 1 chance sur 4
3 garçons = 1 chance sur 8
4 garçons = 1 chance sur 16
Etc...

Si on veut calculer la probabilité d'avoir un "mélange" (ex : 7 filles et 5 garçons) les calculs se compliquent un peu car il faut prendre en compte toutes les combinaisons possibles via un coefficient binomial.

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La monarchie capétienne était en effet à l'origine élective : ainsi le premier représentant, Hugues Capet, duc de France (en gros, la région autour de Paris), avait été élu par ses pairs après la mort du dernier carolingien, Louis V. D'ailleurs un cousin de Louis V, le carolingien Charles de Basse Lotharingie (en gros, la Lorraine et le nord ouest de l'Allemagne actuelles), avait essayé d'être élu roi, mais malgré sa légitimité dynastique, il fut écarté en raison du soutien que lui apportaient l'empereur Othon du Saint Empire germanique.

D'Hugues Capet en 987 à Philippe IV le Bel (mort en 1314), tous les rois capétiens ont effectivement eu au moins un fils, qu'ils faisaient élire par les Pairs de France de leur vivant en tant que successeurs associés au trône, ce qui permettait des successions stables, sans querelles dynastiques ou nobiliaires pour le trône. (Rappelons que les Pairs de France sont les plus grands vassaux du royaume, six seigneurs ecclésiastiques, l'archevêque de Reims et les évêques de Laon, Langres, Châlons, Noyon et Beauvais, et six seigneurs laïcs, les ducs d'Aquitaine, de Normandie et de Bourgogne, et les comtes de Flandres, de Toulouse et de Champagne, auxquels des pairs plus tardifs se sont ajoutés, notamment les duchés d'Anjou et de Bretagne en 1297)

C'est notamment cette situation qui a finalement exclu les femmes du trône de France : à l'origine, en droit féodal, une femme pouvait tout à fait succéder à son père, lorsque celui ci n'avait pas de fils, on en a, rien qu'en France, de nombreux exemples, Aliénor d'Aquitaine en tête mais aussi par exemple Ermengarde de Narbonne. Pour le trône de France, les rois ayant toujours des fils, la question ne s'est jamais posé jusqu'à la mort successive des trois fils de Philippe le Bel, tous trois sans héritiers (sauf Louis X dont la femme accoucha après sa mort d'un fils, Jean, qui mourut 5 jours plus tard). Leur soeur Isabelle aurait dès lors tout à fait pu hériter du trône et devenir reine de France, sauf qu'étant mariée au roi d'Angleterre, Edouard II, cela revenait à donner le royaume aux Anglais... C'est pourquoi les nobles et les juristes ont "retrouvé" une ancienne loi qui ôterait tout droit de succession des femmes sur le trône de France : c'est la fameuse (et fumeuse) loi salique.

On confia donc pour la première fois depuis 987 le trône à un héritier non direct, un cousin, Philippe de Valois, en 1328, en pensant avoir sauvé la situation, trouvé un héritier et avoir empêché l'Anglais de devenir roi de France. Sauf qu'évidemment, Edouard III, tout jeune roi d'Angleterre depuis 1327, fils aîné d'Isabelle de France, n'a pas du tout apprécié une telle spoliation de ses droits (et en droit féodal, il n'avait pas tort, sa mère aurait du être reine de France sans la loi salique) : il a donc déclaré la guerre aux Valois pour récupérer le trône de France, avec les conséquences que l'on sait ;)

Quant au fait que les Capétiens étaient la famille royale la plus répandue d'Europe, des branches mineures de la famille ont en effet gouverné de nombreux pays d'Europe, plus ou moins provisoirement, comme entre autres le royaume de Naples, la Hongrie, la Pologne... Les Courtenay, empereurs de Constantinople après la quatrième croisade en 1204 et jusqu'à la reprise de la ville par les Romains en 1261, étaient également des Capétiens, de même que la première dynastie royale portugaise qui descendait de la branche bourguignonne des Capétiens.


Tous les commentaires (76)

Juste pour savoir, à quelle point ce miracle ne respecte pas les stats ? Quelle était la chance pour que ça arrive ?

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Et causé la guerre de Cent Ans, dispute à propos de la transmission par les femmes de la monarchie.
Vivement le commentaire de Louis XI.

a écrit : Juste pour savoir, à quelle point ce miracle ne respecte pas les stats ? Quelle était la chance pour que ça arrive ? Une chance sur 2, 13 fois à la suite donc 0.5^13, soit 0.000122070312, ce qui équivaut à 0.01% de chance.

a écrit : Juste pour savoir, à quelle point ce miracle ne respecte pas les stats ? Quelle était la chance pour que ça arrive ? Logiquement si on estime que l'on a une chance sur 2 d'avoir un garçon on peut représenter cette probabilité par une épreuve de Bernoulli, ce qui donne 1 chance sur 2^13 que cela se produise soit 1 chance sur 8192 ! Cela paraît tout de même impressionant, à s' en demander presque si les rois ne tuaient pas leur enfants si c'était une fille pour maintenir l'illusion...

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Ou alors ils tuaient ou cachaient leur première fille non?

a écrit : Logiquement si on estime que l'on a une chance sur 2 d'avoir un garçon on peut représenter cette probabilité par une épreuve de Bernoulli, ce qui donne 1 chance sur 2^13 que cela se produise soit 1 chance sur 8192 ! Cela paraît tout de même impressionant, à s' en demander presque si les rois ne tuaient pas leur enfants si c'était une fille pour maintenir l'illusion... Afficher tout Quand je parlais de "coup de pouce" je ne pensais pas à une solution si radicale et dangereuse que tuer, mais à un placement dans un couvent ou une famille (noble) d'accueil.

a écrit : Juste pour savoir, à quelle point ce miracle ne respecte pas les stats ? Quelle était la chance pour que ça arrive ? La probabilité d'avoir un garçon est de 50% environ (de mémoire il y a un peu plus de chance d'avoir un sexe plutôt que l'autre).

Moi qui suis un garçon, qui ai 6 grands frères et aucune sœur (véridique !), la probabilité pour ma mère d'avoir 6 garçons d'affilé est donc de :

0,5^7 = 0,78 % soit 1 chance sur 128

La probabilité d'avoir 13 garçons à la suite est de :

0,5^13 = 0,012 % soit 1 chance sur 8192

Pour les matheux dans le premier cas on a une loi binomiale de paramètres n = 7 et p = 0,5. Dans le deuxième cas n = 13.

Le fait qu'il y ait une puissance rend les résultats non linéaires et double le nombre de possibilités totales à chaque étape :
1 garçon = 1 chance sur 2
2 garçons = 1 chance sur 4
3 garçons = 1 chance sur 8
4 garçons = 1 chance sur 16
Etc...

Si on veut calculer la probabilité d'avoir un "mélange" (ex : 7 filles et 5 garçons) les calculs se compliquent un peu car il faut prendre en compte toutes les combinaisons possibles via un coefficient binomial.

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a écrit : La probabilité d'avoir un garçon est de 50% environ (de mémoire il y a un peu plus de chance d'avoir un sexe plutôt que l'autre).

Moi qui suis un garçon, qui ai 6 grands frères et aucune sœur (véridique !), la probabilité pour ma mère d'avoir 6 garçons d'affilé est donc de :

0,5^7 = 0,78 % soit 1 chance sur 128

La probabilité d'avoir 13 garçons à la suite est de :

0,5^13 = 0,012 % soit 1 chance sur 8192

Pour les matheux dans le premier cas on a une loi binomiale de paramètres n = 7 et p = 0,5. Dans le deuxième cas n = 13.

Le fait qu'il y ait une puissance rend les résultats non linéaires et double le nombre de possibilités totales à chaque étape :
1 garçon = 1 chance sur 2
2 garçons = 1 chance sur 4
3 garçons = 1 chance sur 8
4 garçons = 1 chance sur 16
Etc...

Si on veut calculer la probabilité d'avoir un "mélange" (ex : 7 filles et 5 garçons) les calculs se compliquent un peu car il faut prendre en compte toutes les combinaisons possibles via un coefficient binomial.
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Les calculs relatifs à la loi binômiale sont très accessibles:
fr.wikipedia.org/wiki/Loi_binomiale

SCMB ou quand l'Histoire rencontre le monde des mathématiques. Avec ces histoires de proba JMCMB d'autant plus.
Sinon pour ce qui est de l'incroyable chance d'avoir 13 fois de suite un garçon, je pense aussi qu'il ne valait mieux pas être une fille à cette époque.

Oui, ou sinon ils tuaient simplement les filles à la naissance...

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Du 10e au 14e siècle ont régné les Capétiens directs, mais les dynasties qui ont suivi étaient toutes issues des Capétiens jusqu'à Louis XVI, puis de Louis XVIII jusqu'à Louis Philippe Ier. Ce qui en fait une famille qui a régné pendant presque 1000 ans. D'ailleurs il me semble que durant la Révolution, les républicains s'adressaient à Louis XVI en disant "Louis Capet".

Sans les mathématiques, les matheux seraient dans l'embarras pour discuter et échanger.

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La monarchie capétienne était en effet à l'origine élective : ainsi le premier représentant, Hugues Capet, duc de France (en gros, la région autour de Paris), avait été élu par ses pairs après la mort du dernier carolingien, Louis V. D'ailleurs un cousin de Louis V, le carolingien Charles de Basse Lotharingie (en gros, la Lorraine et le nord ouest de l'Allemagne actuelles), avait essayé d'être élu roi, mais malgré sa légitimité dynastique, il fut écarté en raison du soutien que lui apportaient l'empereur Othon du Saint Empire germanique.

D'Hugues Capet en 987 à Philippe IV le Bel (mort en 1314), tous les rois capétiens ont effectivement eu au moins un fils, qu'ils faisaient élire par les Pairs de France de leur vivant en tant que successeurs associés au trône, ce qui permettait des successions stables, sans querelles dynastiques ou nobiliaires pour le trône. (Rappelons que les Pairs de France sont les plus grands vassaux du royaume, six seigneurs ecclésiastiques, l'archevêque de Reims et les évêques de Laon, Langres, Châlons, Noyon et Beauvais, et six seigneurs laïcs, les ducs d'Aquitaine, de Normandie et de Bourgogne, et les comtes de Flandres, de Toulouse et de Champagne, auxquels des pairs plus tardifs se sont ajoutés, notamment les duchés d'Anjou et de Bretagne en 1297)

C'est notamment cette situation qui a finalement exclu les femmes du trône de France : à l'origine, en droit féodal, une femme pouvait tout à fait succéder à son père, lorsque celui ci n'avait pas de fils, on en a, rien qu'en France, de nombreux exemples, Aliénor d'Aquitaine en tête mais aussi par exemple Ermengarde de Narbonne. Pour le trône de France, les rois ayant toujours des fils, la question ne s'est jamais posé jusqu'à la mort successive des trois fils de Philippe le Bel, tous trois sans héritiers (sauf Louis X dont la femme accoucha après sa mort d'un fils, Jean, qui mourut 5 jours plus tard). Leur soeur Isabelle aurait dès lors tout à fait pu hériter du trône et devenir reine de France, sauf qu'étant mariée au roi d'Angleterre, Edouard II, cela revenait à donner le royaume aux Anglais... C'est pourquoi les nobles et les juristes ont "retrouvé" une ancienne loi qui ôterait tout droit de succession des femmes sur le trône de France : c'est la fameuse (et fumeuse) loi salique.

On confia donc pour la première fois depuis 987 le trône à un héritier non direct, un cousin, Philippe de Valois, en 1328, en pensant avoir sauvé la situation, trouvé un héritier et avoir empêché l'Anglais de devenir roi de France. Sauf qu'évidemment, Edouard III, tout jeune roi d'Angleterre depuis 1327, fils aîné d'Isabelle de France, n'a pas du tout apprécié une telle spoliation de ses droits (et en droit féodal, il n'avait pas tort, sa mère aurait du être reine de France sans la loi salique) : il a donc déclaré la guerre aux Valois pour récupérer le trône de France, avec les conséquences que l'on sait ;)

Quant au fait que les Capétiens étaient la famille royale la plus répandue d'Europe, des branches mineures de la famille ont en effet gouverné de nombreux pays d'Europe, plus ou moins provisoirement, comme entre autres le royaume de Naples, la Hongrie, la Pologne... Les Courtenay, empereurs de Constantinople après la quatrième croisade en 1204 et jusqu'à la reprise de la ville par les Romains en 1261, étaient également des Capétiens, de même que la première dynastie royale portugaise qui descendait de la branche bourguignonne des Capétiens.

Anecdote très intéressante sur une dynastie encore plus incroyable! Les Capétiens sont vraiment un témoignage de la monarchie à sa plus Belle Époque.

a écrit : La monarchie capétienne était en effet à l'origine élective : ainsi le premier représentant, Hugues Capet, duc de France (en gros, la région autour de Paris), avait été élu par ses pairs après la mort du dernier carolingien, Louis V. D'ailleurs un cousin de Louis V, le carolingien Charles de Basse Lotharingie (en gros, la Lorraine et le nord ouest de l'Allemagne actuelles), avait essayé d'être élu roi, mais malgré sa légitimité dynastique, il fut écarté en raison du soutien que lui apportaient l'empereur Othon du Saint Empire germanique.

D'Hugues Capet en 987 à Philippe IV le Bel (mort en 1314), tous les rois capétiens ont effectivement eu au moins un fils, qu'ils faisaient élire par les Pairs de France de leur vivant en tant que successeurs associés au trône, ce qui permettait des successions stables, sans querelles dynastiques ou nobiliaires pour le trône. (Rappelons que les Pairs de France sont les plus grands vassaux du royaume, six seigneurs ecclésiastiques, l'archevêque de Reims et les évêques de Laon, Langres, Châlons, Noyon et Beauvais, et six seigneurs laïcs, les ducs d'Aquitaine, de Normandie et de Bourgogne, et les comtes de Flandres, de Toulouse et de Champagne, auxquels des pairs plus tardifs se sont ajoutés, notamment les duchés d'Anjou et de Bretagne en 1297)

C'est notamment cette situation qui a finalement exclu les femmes du trône de France : à l'origine, en droit féodal, une femme pouvait tout à fait succéder à son père, lorsque celui ci n'avait pas de fils, on en a, rien qu'en France, de nombreux exemples, Aliénor d'Aquitaine en tête mais aussi par exemple Ermengarde de Narbonne. Pour le trône de France, les rois ayant toujours des fils, la question ne s'est jamais posé jusqu'à la mort successive des trois fils de Philippe le Bel, tous trois sans héritiers (sauf Louis X dont la femme accoucha après sa mort d'un fils, Jean, qui mourut 5 jours plus tard). Leur soeur Isabelle aurait dès lors tout à fait pu hériter du trône et devenir reine de France, sauf qu'étant mariée au roi d'Angleterre, Edouard II, cela revenait à donner le royaume aux Anglais... C'est pourquoi les nobles et les juristes ont "retrouvé" une ancienne loi qui ôterait tout droit de succession des femmes sur le trône de France : c'est la fameuse (et fumeuse) loi salique.

On confia donc pour la première fois depuis 987 le trône à un héritier non direct, un cousin, Philippe de Valois, en 1328, en pensant avoir sauvé la situation, trouvé un héritier et avoir empêché l'Anglais de devenir roi de France. Sauf qu'évidemment, Edouard III, tout jeune roi d'Angleterre depuis 1327, fils aîné d'Isabelle de France, n'a pas du tout apprécié une telle spoliation de ses droits (et en droit féodal, il n'avait pas tort, sa mère aurait du être reine de France sans la loi salique) : il a donc déclaré la guerre aux Valois pour récupérer le trône de France, avec les conséquences que l'on sait ;)

Quant au fait que les Capétiens étaient la famille royale la plus répandue d'Europe, des branches mineures de la famille ont en effet gouverné de nombreux pays d'Europe, plus ou moins provisoirement, comme entre autres le royaume de Naples, la Hongrie, la Pologne... Les Courtenay, empereurs de Constantinople après la quatrième croisade en 1204 et jusqu'à la reprise de la ville par les Romains en 1261, étaient également des Capétiens, de même que la première dynastie royale portugaise qui descendait de la branche bourguignonne des Capétiens.
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Merci de cet exposé précis et clair, répondant à mes vœux de 10:45.

J'aimerais connaître votre avis sur la question suivante. Lors de la Guerre de Cent Ans, être anglais ou français dépendait d'une reconnaissance de la légitimité du roi, sans aucun rapport avec l'ethnicité. Quand, non pas Jeanne d'Arc mais ses successeurs ont "bouté les Anglais hors de France", il s'agissait de quelques soldats et surtout, encore, de la reconnaissance de légitimité d'un roi. Il n'y a pas eu de mouvement important de population.
Donc, vu l'extension de la domination anglaise en France, alors réduite à bien peu, presque tous les Français "de souche" n'ont-ils pas des ancêtres anglais?
La différence n'est-elle pas qu'un jeu sur les mots?

a écrit : Anecdote très intéressante sur une dynastie encore plus incroyable! Les Capétiens sont vraiment un témoignage de la monarchie à sa plus Belle Époque. Je ne pense pas qu'on peut dire "à sa plus belle époque", que se soit en Chine, Egypte ou dans bon nombre d'autres pays, des dynasties ont vu le jour bien avant et rendent donc le sujet a débat. Je ne possède pas les informations requises pour argumenter plus, mais je ne pense pas être dans le faux.
Si quelqu'un de renseigné là dessus souhaite donner un ou plusieurs exemples, je l'en remercie.
En revanche je suis d'accord l'anecdote est très intéressante.

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a écrit : Du 10e au 14e siècle ont régné les Capétiens directs, mais les dynasties qui ont suivi étaient toutes issues des Capétiens jusqu'à Louis XVI, puis de Louis XVIII jusqu'à Louis Philippe Ier. Ce qui en fait une famille qui a régné pendant presque 1000 ans. D'ailleurs il me semble que durant la Révolution, les républicains s'adressaient à Louis XVI en disant "Louis Capet". Afficher tout Appeler Louis XVI "Louis Capet" était d'ailleurs un non-sens puisque Capet n'était pas un nom de famille mais le surnom du comte Hugues, petit-fils d'Hugues le Grand. On pourra objecter que les noms de famille sont à l'origine des surnoms, mais je ne suis pas sûr (à vérifier...) que ce souverain ait été surnommé Capet de son vivant. La signification de ce surnom, d'ailleurs, reste mal connue ("à la chape", "au chapeau"...).
Avant de s'appeler Capétiens, la famille était connue sous le nom de Robertiens en l'honneur de Robert le Fort. De même pour les Carolingiens, qui étaient à l'origine les Pippinides et ont changé de nom pour invoquer la grande figure de Charlemagne.
L'histoire de France est fascinante.

a écrit : Merci de cet exposé précis et clair, répondant à mes vœux de 10:45.

J'aimerais connaître votre avis sur la question suivante. Lors de la Guerre de Cent Ans, être anglais ou français dépendait d'une reconnaissance de la légitimité du roi, sans aucun rapport avec l'ethnicité. Quand, non pas Je
anne d'Arc mais ses successeurs ont "bouté les Anglais hors de France", il s'agissait de quelques soldats et surtout, encore, de la reconnaissance de légitimité d'un roi. Il n'y a pas eu de mouvement important de population.
Donc, vu l'extension de la domination anglaise en France, alors réduite à bien peu, presque tous les Français "de souche" n'ont-ils pas des ancêtres anglais?
La différence n'est-elle pas qu'un jeu sur les mots?
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Ce qui est certain, c'est qu'on peut difficilement parler de sentiment national à cette époque, même si Charles VII a pu lever une armée pour reconquérir le territoire ancestral. De nombreuses villes en Guyenne s'accommodaient fort bien de l'occupation anglaise, qui n'était d'ailleurs pas vécue comme telle. Bordeaux, par exemple, fait l'objet, à la fin de la guerre de Cent Ans, d'une surveillance accrue. Charles VII y fait bâtir le Château Trompette, sur l'actuelle esplanade des Quinconces, pour assurer un contrôle militaire de la ville par les forces royales françaises.

a écrit : La probabilité d'avoir un garçon est de 50% environ (de mémoire il y a un peu plus de chance d'avoir un sexe plutôt que l'autre).

Moi qui suis un garçon, qui ai 6 grands frères et aucune sœur (véridique !), la probabilité pour ma mère d'avoir 6 garçons d'affilé est donc de :

0,5^7 = 0,78 % soit 1 chance sur 128

La probabilité d'avoir 13 garçons à la suite est de :

0,5^13 = 0,012 % soit 1 chance sur 8192

Pour les matheux dans le premier cas on a une loi binomiale de paramètres n = 7 et p = 0,5. Dans le deuxième cas n = 13.

Le fait qu'il y ait une puissance rend les résultats non linéaires et double le nombre de possibilités totales à chaque étape :
1 garçon = 1 chance sur 2
2 garçons = 1 chance sur 4
3 garçons = 1 chance sur 8
4 garçons = 1 chance sur 16
Etc...

Si on veut calculer la probabilité d'avoir un "mélange" (ex : 7 filles et 5 garçons) les calculs se compliquent un peu car il faut prendre en compte toutes les combinaisons possibles via un coefficient binomial.
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Donc en France chez l'humain le ratio de naissance est de 105 garçons pour 100 filles. Pour la planète c'est 107 garçons pour 100 filles.
Voila avec ces nouvelles données tu peux affiner ton calcul ;)

a écrit : La monarchie capétienne était en effet à l'origine élective : ainsi le premier représentant, Hugues Capet, duc de France (en gros, la région autour de Paris), avait été élu par ses pairs après la mort du dernier carolingien, Louis V. D'ailleurs un cousin de Louis V, le carolingien Charles de Basse Lotharingie (en gros, la Lorraine et le nord ouest de l'Allemagne actuelles), avait essayé d'être élu roi, mais malgré sa légitimité dynastique, il fut écarté en raison du soutien que lui apportaient l'empereur Othon du Saint Empire germanique.

D'Hugues Capet en 987 à Philippe IV le Bel (mort en 1314), tous les rois capétiens ont effectivement eu au moins un fils, qu'ils faisaient élire par les Pairs de France de leur vivant en tant que successeurs associés au trône, ce qui permettait des successions stables, sans querelles dynastiques ou nobiliaires pour le trône. (Rappelons que les Pairs de France sont les plus grands vassaux du royaume, six seigneurs ecclésiastiques, l'archevêque de Reims et les évêques de Laon, Langres, Châlons, Noyon et Beauvais, et six seigneurs laïcs, les ducs d'Aquitaine, de Normandie et de Bourgogne, et les comtes de Flandres, de Toulouse et de Champagne, auxquels des pairs plus tardifs se sont ajoutés, notamment les duchés d'Anjou et de Bretagne en 1297)

C'est notamment cette situation qui a finalement exclu les femmes du trône de France : à l'origine, en droit féodal, une femme pouvait tout à fait succéder à son père, lorsque celui ci n'avait pas de fils, on en a, rien qu'en France, de nombreux exemples, Aliénor d'Aquitaine en tête mais aussi par exemple Ermengarde de Narbonne. Pour le trône de France, les rois ayant toujours des fils, la question ne s'est jamais posé jusqu'à la mort successive des trois fils de Philippe le Bel, tous trois sans héritiers (sauf Louis X dont la femme accoucha après sa mort d'un fils, Jean, qui mourut 5 jours plus tard). Leur soeur Isabelle aurait dès lors tout à fait pu hériter du trône et devenir reine de France, sauf qu'étant mariée au roi d'Angleterre, Edouard II, cela revenait à donner le royaume aux Anglais... C'est pourquoi les nobles et les juristes ont "retrouvé" une ancienne loi qui ôterait tout droit de succession des femmes sur le trône de France : c'est la fameuse (et fumeuse) loi salique.

On confia donc pour la première fois depuis 987 le trône à un héritier non direct, un cousin, Philippe de Valois, en 1328, en pensant avoir sauvé la situation, trouvé un héritier et avoir empêché l'Anglais de devenir roi de France. Sauf qu'évidemment, Edouard III, tout jeune roi d'Angleterre depuis 1327, fils aîné d'Isabelle de France, n'a pas du tout apprécié une telle spoliation de ses droits (et en droit féodal, il n'avait pas tort, sa mère aurait du être reine de France sans la loi salique) : il a donc déclaré la guerre aux Valois pour récupérer le trône de France, avec les conséquences que l'on sait ;)

Quant au fait que les Capétiens étaient la famille royale la plus répandue d'Europe, des branches mineures de la famille ont en effet gouverné de nombreux pays d'Europe, plus ou moins provisoirement, comme entre autres le royaume de Naples, la Hongrie, la Pologne... Les Courtenay, empereurs de Constantinople après la quatrième croisade en 1204 et jusqu'à la reprise de la ville par les Romains en 1261, étaient également des Capétiens, de même que la première dynastie royale portugaise qui descendait de la branche bourguignonne des Capétiens.
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Sauf que vous ne tenez pas en compte le fait que Louis X et Philippe V avaient tous deux une descendance par leurs filles. Ainsi, même sans loi salique, le roi d'Angleterre n'avait absolument aucune chance d'accéder au trône de France.
Cela donnait, par ordre de succession après le décès de Philippe IV :
1 Louis X, défunt
2 Jeanne, sa fille, épouse de Philippe III d'Evreux et descendants
3 Philippe V, défunt
4 Jeanne, sa fille, épouse de Eudes IV de Bourgogne et descendants
5 Marguerite, soeur, épouse de Louis de Flandres et descendants (dont moi)
6 Charles IV, défunt
7 les deux filles de Charles IV, défuntes sans descendance
8 Edouard III d'Angleterre, par sa mère Isabelle, fille de Philippe IV
9 Les Valois (par le frère de Philippe IV)

Comme vous pouvez le constater, il y avait du monde avant Edouard III et il le savait très bien ; c'est pourquoi lors de l'accession au trône de Philippe VI, il a rendu hommage au nouveau Roi sans problème pour ses terres en France. Il savait pertinemment que si il dénonçait la loi salique, d'autres héritiers passeraient avant lui et que cela ne lui apporterait rien du tout.

La raison de la guerre de cent ans, il faut la chercher ailleurs, en Écosse, Philippe VI soutenant ouvertement David II contre Édouard III dans la guerre qui opposait alors ces deux derniers monarques. Rien à voir avec la France, donc, si ce n'est pour la propagande.