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SI vous connaissez l'émission The Voice, sachez que la même chose existe depuis longtemps pour les orchestres de musique classique. Afin que les auditions soient impartiales, il est courant qu'elles se fassent à l'aveugle avec le musicien jouant caché. On parle alors d'audition avec paravent.


Commentaires préférés (3)

Selon la chronique de francemusique, mise en source, ces auditions à l'aveugle ont débutées dans le corps militaire et se sont étendues au niveau des auditions civiles dès les années 1970 (avec le mouvent féministe) afin de féminiser les orchestres.

Dans le système américain, l'audition pour un orchestre se fait à l'aveugle pour toutes les épreuves, appelées "tours", à l'inverse du système français où ce système n'est appliqué qu'au premier tour.

Selon des statistiques américaines et françaises (la chronique ne précise malheureusement pas ses sources), cela augmenterait la part des femmes embauchées aux USA (avec leur test en vigueur susmentionné) ou cela n'augmenterait que la part des femmes au second tour en France qui seraient finalement 5x moins nnombreuses dans un orchestre que les hommes (avec le test en vigueur français du coup).

Mais pourquoi s'arrêter au premier tour en France ? Car la prestance physique du musicien est importante dans un orchestre ... Donc les femmes n'auraient pas de prestance ? Ah !

Bon, sinon, si on parlait géopolitique avec TheVoice ?
Ca peut sembler bête mais ca ne l'est pas (trop). Dans certains pays où le rayonnement culturel est moindre, et où l'émission existe, cela "empêche" psychologiquement les chanteurs de chanter (!) dans leur langue d'origine. Le Cambodge, par exemple, a subi de nombreux drames au XXème siècle.

L'art étant une forme d'expression, notamment de la douleur, on pourrait penser que TheVoice serait un bon moyen pour les jeunes, principalement, d'exprimer leur ressenti dans la société cambodgienne via la musique.

C'est le contraire qu'il se passe puisque la plupart chante en anglais, des chansons cucu qui ne sont en rien le reflet de maux de leur société et qui n'agissent pas comme une "purge" sociétale.
Soft power quand tu nous tiens

Voilà pour ce petit complément et ce semi-HS (je reste ouvert aux critiques)

Comme le dit Theoetjb, à la base ce système a été instauré pour que les membres du jury ne puisse pas prendre en compte le sexe de la personne qui joue, mais pas que. Il leur permet aussi d'affiner la perception dans les détails.

Dans les concours d'orchestre, le niveau global est tellement élevé et le niveau d'exigence pointilleux à l'extrême qu'il peut être difficile de faire un choix entre deux candidats, le choix final se portant souvent sur des détails infimes qui leur permettront de choisir à l'ouïe uniquement et sans intervention visuelle ce qu'ils recherchent. Censé "aider" car le jury est caché, ce système est au contraire assez stressant pour l'interprète : la moindre note, le moindre détail, le moindre demi millimètre mal calculé et vous pourrez être sûr qu'on vous arrêtera pendant la représentation. Lorsqu'on ne sollicite qu'un seul sens, celui-ci est évidemment aux aguets !

Certains musicien (moi la première) d'ailleurs haïssent ce système, car un concours d'orchestre c'est énormément de travail (compter un ou deux ans de travail sur les mêmes pièces pour la perfection), plus d'une heure de récital : des pièces en soliste, des traits d'orchestre (quelques mesures sélectionnées dans des symphonies, concerti etc), qui peuvent être interrompus en un claquement de doigts, sans trop de respect pour celui qui a travaillé.
C'est souvent sur l'épreuve des traits d'orchestre que tout se joue, car étant des petites parties destinées à être jouées à plusieurs musiciens et avec harmonie, il est vraiment désagréable de rabâcher du détail seul sur quelques secondes de musique, ce que le jury sait et a déjà vécu. Plus l'extrait est court, plus la perfection est exigée. C'est d'ailleurs en général la première épreuve de sélection.

Il y a souvent beaucoup d'appelés pour peu d'élus. Pour un seul concours, et une seule place, on compte des centaines d'instrumentistes qui se présentent du monde entier. En général, ils prennent réellement quelqu'un à l'issu du concours tous les deux ou trois ans (sauf évidemment départ retraite ou autre). A savoir aussi qu'on joue sa place chaque année, à la fin de l'année, chaque musicien de l'orchestre doit repasser le même examen d'entrée pour garder sa place.

C'est un métier souvent stressant (même si très recherché car contexte très agréable et évidemment métier à passion) où il faut monter énormément de pièces en très peu de temps (d'où l'exigence dans le niveau), et où les représentations quasi quotidiennes dans la France et ailleurs empêchent souvent la vie de famille.

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a écrit : Selon la chronique de francemusique, mise en source, ces auditions à l'aveugle ont débutées dans le corps militaire et se sont étendues au niveau des auditions civiles dès les années 1970 (avec le mouvent féministe) afin de féminiser les orchestres.

Dans le système américain, l'audition pour un
orchestre se fait à l'aveugle pour toutes les épreuves, appelées "tours", à l'inverse du système français où ce système n'est appliqué qu'au premier tour.

Selon des statistiques américaines et françaises (la chronique ne précise malheureusement pas ses sources), cela augmenterait la part des femmes embauchées aux USA (avec leur test en vigueur susmentionné) ou cela n'augmenterait que la part des femmes au second tour en France qui seraient finalement 5x moins nnombreuses dans un orchestre que les hommes (avec le test en vigueur français du coup).

Mais pourquoi s'arrêter au premier tour en France ? Car la prestance physique du musicien est importante dans un orchestre ... Donc les femmes n'auraient pas de prestance ? Ah !

Bon, sinon, si on parlait géopolitique avec TheVoice ?
Ca peut sembler bête mais ca ne l'est pas (trop). Dans certains pays où le rayonnement culturel est moindre, et où l'émission existe, cela "empêche" psychologiquement les chanteurs de chanter (!) dans leur langue d'origine. Le Cambodge, par exemple, a subi de nombreux drames au XXème siècle.

L'art étant une forme d'expression, notamment de la douleur, on pourrait penser que TheVoice serait un bon moyen pour les jeunes, principalement, d'exprimer leur ressenti dans la société cambodgienne via la musique.

C'est le contraire qu'il se passe puisque la plupart chante en anglais, des chansons cucu qui ne sont en rien le reflet de maux de leur société et qui n'agissent pas comme une "purge" sociétale.
Soft power quand tu nous tiens

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Copain de pavé, merci pour ton commentaire pertinent. :-)
J'ai toujours aussi pensé qu'il était un peu triste de ne pas chanter dans sa langue natale lors de ce genre d'émission.
Il n'y a pas que dans les nuances écrites qu'on peut trouver et faire ressortir de l'expression, ça peut être dans le texte, la façon de le prononcer, une consonne plus appuyée etc, surtout qu'en général la musique est calquée sur les paroles.

On voit de plus en plus ce qui fait la culture unique de chaque pays fusionner avec la culture anglo-saxonne, il y a de moins en moins d'identité au profit d'une compréhension plus globale et d'une ouverture plus large sur le monde. Il suffit de regarder le monde (hors de ce genre d'émission) de la chanson, si un artiste français veut s'exporter ailleurs dans le monde, il chantera en anglais (la plupart du temps. Je pense qu'on a encore la chance d'avoir une langue estimée qui nous donne un avantage là-dessus, mais pas trop non plus...)

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Tous les commentaires (10)

Selon la chronique de francemusique, mise en source, ces auditions à l'aveugle ont débutées dans le corps militaire et se sont étendues au niveau des auditions civiles dès les années 1970 (avec le mouvent féministe) afin de féminiser les orchestres.

Dans le système américain, l'audition pour un orchestre se fait à l'aveugle pour toutes les épreuves, appelées "tours", à l'inverse du système français où ce système n'est appliqué qu'au premier tour.

Selon des statistiques américaines et françaises (la chronique ne précise malheureusement pas ses sources), cela augmenterait la part des femmes embauchées aux USA (avec leur test en vigueur susmentionné) ou cela n'augmenterait que la part des femmes au second tour en France qui seraient finalement 5x moins nnombreuses dans un orchestre que les hommes (avec le test en vigueur français du coup).

Mais pourquoi s'arrêter au premier tour en France ? Car la prestance physique du musicien est importante dans un orchestre ... Donc les femmes n'auraient pas de prestance ? Ah !

Bon, sinon, si on parlait géopolitique avec TheVoice ?
Ca peut sembler bête mais ca ne l'est pas (trop). Dans certains pays où le rayonnement culturel est moindre, et où l'émission existe, cela "empêche" psychologiquement les chanteurs de chanter (!) dans leur langue d'origine. Le Cambodge, par exemple, a subi de nombreux drames au XXème siècle.

L'art étant une forme d'expression, notamment de la douleur, on pourrait penser que TheVoice serait un bon moyen pour les jeunes, principalement, d'exprimer leur ressenti dans la société cambodgienne via la musique.

C'est le contraire qu'il se passe puisque la plupart chante en anglais, des chansons cucu qui ne sont en rien le reflet de maux de leur société et qui n'agissent pas comme une "purge" sociétale.
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Pour les amateurs de musique classique, une serie a voir : mozart in the jungle

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Comme le dit Theoetjb, à la base ce système a été instauré pour que les membres du jury ne puisse pas prendre en compte le sexe de la personne qui joue, mais pas que. Il leur permet aussi d'affiner la perception dans les détails.

Dans les concours d'orchestre, le niveau global est tellement élevé et le niveau d'exigence pointilleux à l'extrême qu'il peut être difficile de faire un choix entre deux candidats, le choix final se portant souvent sur des détails infimes qui leur permettront de choisir à l'ouïe uniquement et sans intervention visuelle ce qu'ils recherchent. Censé "aider" car le jury est caché, ce système est au contraire assez stressant pour l'interprète : la moindre note, le moindre détail, le moindre demi millimètre mal calculé et vous pourrez être sûr qu'on vous arrêtera pendant la représentation. Lorsqu'on ne sollicite qu'un seul sens, celui-ci est évidemment aux aguets !

Certains musicien (moi la première) d'ailleurs haïssent ce système, car un concours d'orchestre c'est énormément de travail (compter un ou deux ans de travail sur les mêmes pièces pour la perfection), plus d'une heure de récital : des pièces en soliste, des traits d'orchestre (quelques mesures sélectionnées dans des symphonies, concerti etc), qui peuvent être interrompus en un claquement de doigts, sans trop de respect pour celui qui a travaillé.
C'est souvent sur l'épreuve des traits d'orchestre que tout se joue, car étant des petites parties destinées à être jouées à plusieurs musiciens et avec harmonie, il est vraiment désagréable de rabâcher du détail seul sur quelques secondes de musique, ce que le jury sait et a déjà vécu. Plus l'extrait est court, plus la perfection est exigée. C'est d'ailleurs en général la première épreuve de sélection.

Il y a souvent beaucoup d'appelés pour peu d'élus. Pour un seul concours, et une seule place, on compte des centaines d'instrumentistes qui se présentent du monde entier. En général, ils prennent réellement quelqu'un à l'issu du concours tous les deux ou trois ans (sauf évidemment départ retraite ou autre). A savoir aussi qu'on joue sa place chaque année, à la fin de l'année, chaque musicien de l'orchestre doit repasser le même examen d'entrée pour garder sa place.

C'est un métier souvent stressant (même si très recherché car contexte très agréable et évidemment métier à passion) où il faut monter énormément de pièces en très peu de temps (d'où l'exigence dans le niveau), et où les représentations quasi quotidiennes dans la France et ailleurs empêchent souvent la vie de famille.

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a écrit : Selon la chronique de francemusique, mise en source, ces auditions à l'aveugle ont débutées dans le corps militaire et se sont étendues au niveau des auditions civiles dès les années 1970 (avec le mouvent féministe) afin de féminiser les orchestres.

Dans le système américain, l'audition pour un
orchestre se fait à l'aveugle pour toutes les épreuves, appelées "tours", à l'inverse du système français où ce système n'est appliqué qu'au premier tour.

Selon des statistiques américaines et françaises (la chronique ne précise malheureusement pas ses sources), cela augmenterait la part des femmes embauchées aux USA (avec leur test en vigueur susmentionné) ou cela n'augmenterait que la part des femmes au second tour en France qui seraient finalement 5x moins nnombreuses dans un orchestre que les hommes (avec le test en vigueur français du coup).

Mais pourquoi s'arrêter au premier tour en France ? Car la prestance physique du musicien est importante dans un orchestre ... Donc les femmes n'auraient pas de prestance ? Ah !

Bon, sinon, si on parlait géopolitique avec TheVoice ?
Ca peut sembler bête mais ca ne l'est pas (trop). Dans certains pays où le rayonnement culturel est moindre, et où l'émission existe, cela "empêche" psychologiquement les chanteurs de chanter (!) dans leur langue d'origine. Le Cambodge, par exemple, a subi de nombreux drames au XXème siècle.

L'art étant une forme d'expression, notamment de la douleur, on pourrait penser que TheVoice serait un bon moyen pour les jeunes, principalement, d'exprimer leur ressenti dans la société cambodgienne via la musique.

C'est le contraire qu'il se passe puisque la plupart chante en anglais, des chansons cucu qui ne sont en rien le reflet de maux de leur société et qui n'agissent pas comme une "purge" sociétale.
Soft power quand tu nous tiens

Voilà pour ce petit complément et ce semi-HS (je reste ouvert aux critiques)
Afficher tout
Copain de pavé, merci pour ton commentaire pertinent. :-)
J'ai toujours aussi pensé qu'il était un peu triste de ne pas chanter dans sa langue natale lors de ce genre d'émission.
Il n'y a pas que dans les nuances écrites qu'on peut trouver et faire ressortir de l'expression, ça peut être dans le texte, la façon de le prononcer, une consonne plus appuyée etc, surtout qu'en général la musique est calquée sur les paroles.

On voit de plus en plus ce qui fait la culture unique de chaque pays fusionner avec la culture anglo-saxonne, il y a de moins en moins d'identité au profit d'une compréhension plus globale et d'une ouverture plus large sur le monde. Il suffit de regarder le monde (hors de ce genre d'émission) de la chanson, si un artiste français veut s'exporter ailleurs dans le monde, il chantera en anglais (la plupart du temps. Je pense qu'on a encore la chance d'avoir une langue estimée qui nous donne un avantage là-dessus, mais pas trop non plus...)

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Les concours d'orchestre... Je connais très bien cette situation pour être en plein dedans. Actuellement en fin d'études, mes revenus viennent principalement de services et remplacements à droite et à gauche. Je vis chez mes parents et pourtant l'état de mon compte est préoccupant (alors que je ne suis absolument pas un dépensier). Autant dire que ce n'est pas assez et qu'il me faut un poste.

La situation décrite par Moe0150 me fait penser au système anglo-saxon. Je ne sais pas s'il a cours en France , il ne me semblait pas...
Pour ma part, je concoure principalement en Allemagne.

En soit, c'est très simple: l'annonce de poste vacant et la candidature se font de la même manière que pour n'importe quel boulot et la date du concours est déjà fixée. En général, il se passe plusieurs mois entre l'annonce et le concours.
Si la candidature est acceptée, on est invité pour le concours, éventuellement pour un pré-concours si l'orchestre en a les moyens afin de laisser une chance aux musiciens moins expérimentés (ce qui fait sens car il est courant qu'un candidat ayant réussi au pré-concours obtienne finalement le poste). Dans ce cas, le pré-concours a lieu la veille et son déroulement est similaire au concours principal.
Là où un concours d'orchestre diffère radicalement d'un entretien d'embauche:
1. Des musiciens qualifiés, il y en a énormément. Des postes d'orchestre, beaucoup moins dans le cas des instruments à vent. Celà conduit à une situation où il est normal de dépenser plus de 100€ pour le déplacement et l'hôtel, souvent même jusqu'à 300€ (toujours en cherchant les offres bon marché d'ailleurs).
2. En conséquence du premier point, le nombre de concurrents est élevé. Minimum 20 dans le cas d'instruments moins populaires jusqu'à une centaine dans le cas de la flûte ou de la clarinette...
3. L'investissement personnel et financier est tel que la pression monte facilement. De plus, quand on est 10 à s'échauffer dans la même salle en échangeant des regards provocateurs, il est facile de perdre confiance en ses moyens. Il n'est donc pas rare de faire une prestation médiocre dans ces conditions...

Voilà le tableau.
Le concours se déroule en général dans cet ordre:
- Tirage au sort dans les minutes qui précèdent le 1er tour, les futurs collègues de pupitre sont présents et donnent les consignes. La liste de traits d'orchestre communiquée dans l'annonce peut être longue comme le bras mais les jurés en choisissent un nombre restreint pour le concours.
- 1er tour, 1er mouvement d'un concerto (jamais en entier pour une question évidente de temps) + cadence, éventuellement encore un mouvement lent et un trait d'orchestre. Durée: 5mn. Performance derrière paravent (et encore, pas systématiquement) et avec accompagnement au piano (parfois un pauvre type qui a reçu la partition la veille).
- Décision de l'orchestre, 2/3 des candidats peuvent rentrer à la maison. Communication des traits pour le 2e tour.
- 2e tour, on joue un autre concerto ou directement les traits (ou les deux). En général 3-4 traits à la suite. 5mn, souvent déjà sans paravent.
- Décision et communications. Il reste alors moins d'une dizaine de candidats.
- 3e tour, traits d'orchestre. Ça peut être très court, un trait ne durant souvent que quelques dizaines de secondes.
- À ce stade, on arrive généralement à un résultat. Sinon, on fait un 4e tour avec les 2-3 candidats restants... ou alors on décide que personne n'a pu convaincre. Ça arrive fréquemment, souvent plus pour des raisons internes (dissensions ou même concours prétexte: le poste doit être mis au concours mais l'orchestre décide qu'il n'a aucun intérêt à le pourvoir) qu'à cause d'une prestation soit-disant insuffisante. Le pire scénario possible: vous êtes désigné pour le poste, tout le monde vient vous serrer la main et commence à parler de formalités... jusqu'à ce que le chef mette son véto.

Tout comme Moe0150, je ne suis pas spécialement fan du système, d'abord parce qu'il nous met dans des conditions qu'on n'atteindra jamais en situation réelle au sein de l'orchestre. Il y a notamment un point sur lequel je trouve que les anglophones font bien mieux: la candidature vidéo. On enregistre sa vidéo avec les traits exigés, on envoie et on attend directement une décision. Pas de déplacement, ce qui n'est pas négligeable dans le cas de musiciens qui font plus d'une dizaine de concours par an.
Personnellement, j'adore jouer en orchestre! Je m'y sens à ma place et j'ai plaisir à être avec les collègues. Cependant, les conditions d'un concours sont extrêmement pénibles et je connais peu de monde capable de garder un niveau et une concentration égale dans ces conditions, sans que la réussite ou l'échec soit à imputer au facteur chance. La personne à laquelle je pense juste maintenant qui correspondrait à cette description serait à mon avis tout à fait en mesure de concourir pour le Philharmonique de Berlin, c'est dire.

Et tous ne sont pas égaux.
Il y a le plus souvent autour de 40 musiciens pour un poste.
Pour les places plus singulières (comme la harpe) il n'est pas rare de compter 200 candidats pour un seul poste. Et la moindre faute, note ou nuance est rédhibitoire. Comme une faute de langue sur un CV. Si ce n'est qu'un concours d'orchestre occupe 2 mois complet de notre vie à raison de 7 heures par jour 7/7j.
Ce qui est frustrant quand on ne passe même pas le premier tour.
Certains grands orchestres comme le Met choisissent eux mêmes les privilégiés qui seront invités à être auditionnés.

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a écrit : Et tous ne sont pas égaux.
Il y a le plus souvent autour de 40 musiciens pour un poste.
Pour les places plus singulières (comme la harpe) il n'est pas rare de compter 200 candidats pour un seul poste. Et la moindre faute, note ou nuance est rédhibitoire. Comme une faute de langue sur un CV. Si ce n&#
039;est qu'un concours d'orchestre occupe 2 mois complet de notre vie à raison de 7 heures par jour 7/7j.
Ce qui est frustrant quand on ne passe même pas le premier tour.
Certains grands orchestres comme le Met choisissent eux mêmes les privilégiés qui seront invités à être auditionnés.
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Pour ta dernière phrase, je ne sais pas comment ça se passe en France mais côté germanique, la sélection est systématique, même pour des postes d'académie...
Résultat: certains orchestres n'ayant pas les moyens d'organiser un pré-concours n'invitent que ceux qui ont un CV suffisamment fourni. Ceux qui n'ont jamais eu de contrat temporaire passent alors à la trappe...

Edit: en fait je viens de comprendre...
Pour le Met, ils invitent eux-mêmes les musiciens et ceux-ci décident de participer ou non tandis qu'en général, le musicien envoie sa candidature et l'orchestre décide.

Apparemment ils ont essayé d'en faire un programme télé mais sans succès... Chaque spectateur "part avant" la fin.
Merci à tous XD

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a écrit : Comme le dit Theoetjb, à la base ce système a été instauré pour que les membres du jury ne puisse pas prendre en compte le sexe de la personne qui joue, mais pas que. Il leur permet aussi d'affiner la perception dans les détails.

Dans les concours d'orchestre, le niveau global est tellement élevé
et le niveau d'exigence pointilleux à l'extrême qu'il peut être difficile de faire un choix entre deux candidats, le choix final se portant souvent sur des détails infimes qui leur permettront de choisir à l'ouïe uniquement et sans intervention visuelle ce qu'ils recherchent. Censé "aider" car le jury est caché, ce système est au contraire assez stressant pour l'interprète : la moindre note, le moindre détail, le moindre demi millimètre mal calculé et vous pourrez être sûr qu'on vous arrêtera pendant la représentation. Lorsqu'on ne sollicite qu'un seul sens, celui-ci est évidemment aux aguets !

Certains musicien (moi la première) d'ailleurs haïssent ce système, car un concours d'orchestre c'est énormément de travail (compter un ou deux ans de travail sur les mêmes pièces pour la perfection), plus d'une heure de récital : des pièces en soliste, des traits d'orchestre (quelques mesures sélectionnées dans des symphonies, concerti etc), qui peuvent être interrompus en un claquement de doigts, sans trop de respect pour celui qui a travaillé.
C'est souvent sur l'épreuve des traits d'orchestre que tout se joue, car étant des petites parties destinées à être jouées à plusieurs musiciens et avec harmonie, il est vraiment désagréable de rabâcher du détail seul sur quelques secondes de musique, ce que le jury sait et a déjà vécu. Plus l'extrait est court, plus la perfection est exigée. C'est d'ailleurs en général la première épreuve de sélection.

Il y a souvent beaucoup d'appelés pour peu d'élus. Pour un seul concours, et une seule place, on compte des centaines d'instrumentistes qui se présentent du monde entier. En général, ils prennent réellement quelqu'un à l'issu du concours tous les deux ou trois ans (sauf évidemment départ retraite ou autre). A savoir aussi qu'on joue sa place chaque année, à la fin de l'année, chaque musicien de l'orchestre doit repasser le même examen d'entrée pour garder sa place.

C'est un métier souvent stressant (même si très recherché car contexte très agréable et évidemment métier à passion) où il faut monter énormément de pièces en très peu de temps (d'où l'exigence dans le niveau), et où les représentations quasi quotidiennes dans la France et ailleurs empêchent souvent la vie de famille.
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Un immense merci pour ce commentaire particulièrement instructif... et émouvant !
Bravo à vous.