Pourquoi peu de drapeaux ont la couleur pourpre ?

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Il est rare de voir sur le drapeau d'un état la couleur pourpre. La raison est financière : le pourpre était avant la moitié du XIXe siècle une couleur souvent réservée aux nobles, car très coûteuse à obtenir. On utilisait un pigment extrait de mollusques de la classe des gastéropodes de Méditerranée, et il en fallait des milliers pour obtenir un peu de pigment.


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Le pourpre était également symbole de pouvoir pour les habits : Dans la Rome antique, l'Ostrum, une bande pourpre porté sur la toge, montrait le statut social de la personne, que sa soit par la largeur de la bande ou la vivacité de la couleur.
Seul l'Imperator portait des vêtements entièrement teint de pourpre.
L'Empire Romain d'Orient, aussi connu sous le nom d'Empire Byzantin avait une autre coutume : Les femmes des empereurs accouchaient dans une salle pourpre, ses enfants sont alors surnommés "Porphyrogénète", qui veut dire "né dans le pourpre". Les "règles" de succession byzantine étant pour ainsi dire inexistantes, cela était un grand atout de légitimité pour conquérir le pouvoir.

D’ailleurs, à l’époque de la Rome antique suite à la loi Oppia promulguée pendant la deuxième guerre punique, il fut interdit aux femmes de porter du pourpre et elles n’avaient pas le droit de posséder plus d’une demie once d’or (autant dire une misère chez certaines femmes).
Il faut aussi interdit de circuler à Rome dans des voitures conduites par deux chevaux (car ceux ci devaient être réquisitionnés par l’armée pour la guerre punique)
Au final, cette loi sera abolie suite à la plus grande révolution des femmes romaines de l’époque !

Aujourd'hui nous avons le pouvoir de synthétiser n'importe quelle couleur, à l'époque c'était autre chose, et on peut compter quatre-cinq couleurs, tout comme le pourpre, qui étaient inestimables et difficile à se procurer.

Le bleu outremer par exemple, très aimé de la Renaissance, était directement tiré du Lapis Lazulis broyé (plus coûteux que l'or).

On peut aussi parler du brun momie, ce marron un peu terne qui était directement extrait de la "résine" qui s'était accumulée sur les bandelettes des corps momifiés. Cela avait d'ailleurs donné lieux à des commerces de fausses momies, de la contrebande etc. Cette pratique n'est pas si vieille, puisque la couleur a arrêté d'être produite naturellement vers 1925.

Le rouge cochenille, que beaucoup connaissent : on était obligé de faire importer par les colons cette variété de cochenille très pigmentée qui ne vivait qu'au Mexique (ou Amérique du sud).

Le vert émeraude a été "créé" au XIX siècle, grâce au vert de Paris (acéto-arsénite de cuivre, très toxique) pour de base renforcer un pigment vert déjà existant.
Van Gogh par exemple, se serait servi d'un de ces verts très lumineux pour l'un de ses tableaux. Sa composition chimique aurait pu servir d'insecticide !

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Le pourpre était également symbole de pouvoir pour les habits : Dans la Rome antique, l'Ostrum, une bande pourpre porté sur la toge, montrait le statut social de la personne, que sa soit par la largeur de la bande ou la vivacité de la couleur.
Seul l'Imperator portait des vêtements entièrement teint de pourpre.
L'Empire Romain d'Orient, aussi connu sous le nom d'Empire Byzantin avait une autre coutume : Les femmes des empereurs accouchaient dans une salle pourpre, ses enfants sont alors surnommés "Porphyrogénète", qui veut dire "né dans le pourpre". Les "règles" de succession byzantine étant pour ainsi dire inexistantes, cela était un grand atout de légitimité pour conquérir le pouvoir.

D’ailleurs, à l’époque de la Rome antique suite à la loi Oppia promulguée pendant la deuxième guerre punique, il fut interdit aux femmes de porter du pourpre et elles n’avaient pas le droit de posséder plus d’une demie once d’or (autant dire une misère chez certaines femmes).
Il faut aussi interdit de circuler à Rome dans des voitures conduites par deux chevaux (car ceux ci devaient être réquisitionnés par l’armée pour la guerre punique)
Au final, cette loi sera abolie suite à la plus grande révolution des femmes romaines de l’époque !

C'est un hasard que le drapeau du Quatar (pays avec la plus forte parité de pouvoir d'achat au monde) comporte beaucoup de pourpre?
Bon ok c'est plus du bordeaux

a écrit : C'est un hasard que le drapeau du Quatar (pays avec la plus forte parité de pouvoir d'achat au monde) comporte beaucoup de pourpre?
Bon ok c'est plus du bordeaux
Le drapeau du Quatar est à l'origine complètement rouge, c'est le soleil qui lui a donné cette teinte si particulière (marron-pourpre) au fil du temps.
Le Quatar se situe plutôt autour de la 50ème place pour le PIB/PPA, cela varie un peu selon que l'on prenne le classement FMI ou Banque mondiale.

Aujourd'hui nous avons le pouvoir de synthétiser n'importe quelle couleur, à l'époque c'était autre chose, et on peut compter quatre-cinq couleurs, tout comme le pourpre, qui étaient inestimables et difficile à se procurer.

Le bleu outremer par exemple, très aimé de la Renaissance, était directement tiré du Lapis Lazulis broyé (plus coûteux que l'or).

On peut aussi parler du brun momie, ce marron un peu terne qui était directement extrait de la "résine" qui s'était accumulée sur les bandelettes des corps momifiés. Cela avait d'ailleurs donné lieux à des commerces de fausses momies, de la contrebande etc. Cette pratique n'est pas si vieille, puisque la couleur a arrêté d'être produite naturellement vers 1925.

Le rouge cochenille, que beaucoup connaissent : on était obligé de faire importer par les colons cette variété de cochenille très pigmentée qui ne vivait qu'au Mexique (ou Amérique du sud).

Le vert émeraude a été "créé" au XIX siècle, grâce au vert de Paris (acéto-arsénite de cuivre, très toxique) pour de base renforcer un pigment vert déjà existant.
Van Gogh par exemple, se serait servi d'un de ces verts très lumineux pour l'un de ses tableaux. Sa composition chimique aurait pu servir d'insecticide !

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Le pourpre,extrait du murex, coquillages de l'est méditerranéen et il en fallait beaucoup pour contenir un peu de colorant.

a écrit : Aujourd'hui nous avons le pouvoir de synthétiser n'importe quelle couleur, à l'époque c'était autre chose, et on peut compter quatre-cinq couleurs, tout comme le pourpre, qui étaient inestimables et difficile à se procurer.

Le bleu outremer par exemple, très aimé de la Renaissance, étai
t directement tiré du Lapis Lazulis broyé (plus coûteux que l'or).

On peut aussi parler du brun momie, ce marron un peu terne qui était directement extrait de la "résine" qui s'était accumulée sur les bandelettes des corps momifiés. Cela avait d'ailleurs donné lieux à des commerces de fausses momies, de la contrebande etc. Cette pratique n'est pas si vieille, puisque la couleur a arrêté d'être produite naturellement vers 1925.

Le rouge cochenille, que beaucoup connaissent : on était obligé de faire importer par les colons cette variété de cochenille très pigmentée qui ne vivait qu'au Mexique (ou Amérique du sud).

Le vert émeraude a été "créé" au XIX siècle, grâce au vert de Paris (acéto-arsénite de cuivre, très toxique) pour de base renforcer un pigment vert déjà existant.
Van Gogh par exemple, se serait servi d'un de ces verts très lumineux pour l'un de ses tableaux. Sa composition chimique aurait pu servir d'insecticide !
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La cochenille est très utilisé encore de nos jours, on l'élève pour pigmenter naturellement tout un tas de trucs (aliments, médicaments...). Le tarama par exemple est très souvent pigmenté grâce à cet insecte.

Le pourpre était et est toujours utilisé notamment avec les écharpes religieuses mais comment faisaient-ils pour s'offrir cette couleur alors que la pauvreté ne leur permettait pas ce luxe ?

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Dans la mesure où la plupart des États du monde ont vu le jour au 20e Siècle, l'argument technique de la couleur me semble un peu bancal : on a une vision trop ethnocentrée de l'Histoire, où la France peut se targuer d'être un État souverain depuis le Moyen-Âge. Même en Europe ce n'est pas une généralité !

Je ne comprends pas trop. La plus part des états ont été créés après le XIXéme siècle et donc leurs drapeaux aussi. Donc pourquoi cette absence?

a écrit : Dans la mesure où la plupart des États du monde ont vu le jour au 20e Siècle, l'argument technique de la couleur me semble un peu bancal : on a une vision trop ethnocentrée de l'Histoire, où la France peut se targuer d'être un État souverain depuis le Moyen-Âge. Même en Europe ce n'est pas une généralité ! Ou comment considérer l'Europe et ses états comme le centre du monde. Cette anecdote prend en considération toute la partie du monde qui était sous domination européenne jusqu'au milieu du 20éme siècle ou on parle juste des états européens? Parce que même la notion de noblesse n'est pas la même partout.

Merci pour ce «Fun with flags - s'amuser avec des drapeaux» très intéressant