Un champignon a détruit les meilleures bananes

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Si la banane Cavendish représente la majorité des bananes commercialisées aujourd'hui, cette variété est récente et a remplacé la banane Gros Michel, à la texture et à la qualité gustative supérieure. Malheureusement, la Gros Michel a été décimée par un champignon, le Fusarium oxysporum.

La Cavendish est à son tour menacée par une variante de ce champignon et est amenée à disparaître à brève échéance.


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a écrit : Ah oui je me souviens, la Guerre de la Banane en 60. On avait perdu le Gros Michel, le petit Paulot et Jojo l'affreux.
Rhalala...
Toute blague mise à part, les industries américaines productrices de fruits (et plus particulièrement les producteurs de bananes) étaient si puissantes au XIXe siècle qu'elles avaient leurs propres armées privées. Elles ont instauré de nombreux régimes tyranniques qui leurs étaient avantageux en Amérique du Sud et ont déclenché des conflits faisant pas mal de morts, d'où l'expression "république bananière".

C'est un des gros problèmes avec la standardisation des semences (qui n'est pas un phénomène récent). On perd en résilience face aux maladies, champignons, parasites, changement d'environnement et autres menaces.
Historiquement on a la rouille du blé, l'ergot du seigle, le mildiou, la rouille du café, le phylloxéra (vigne) etc.
(Le milidou ayant été responsable on le rappel des grandes famines d'Irlande.)

Si il y a un phytopathologue sur le site il pourra nous en dire plus.

a écrit : Donc on n'aura plus aucune banane dans le monde ? Il existe des milliers de variétés de bananes : avec un peu de chance, il y en a d'autres qui résistent mieux à ce champignon. Le risque c'est que les variétés résistantes soient moins bien adaptées à la commercialisation : qu'elles aient des dimensions plus variables, une couleur à laquelle les consommateurs ne sont pas habitués, ou qu'elle supporte moins bien le transport...

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Ah oui je me souviens, la Guerre de la Banane en 60. On avait perdu le Gros Michel, le petit Paulot et Jojo l'affreux.
Rhalala...

a écrit : Ah oui je me souviens, la Guerre de la Banane en 60. On avait perdu le Gros Michel, le petit Paulot et Jojo l'affreux.
Rhalala...
Toute blague mise à part, les industries américaines productrices de fruits (et plus particulièrement les producteurs de bananes) étaient si puissantes au XIXe siècle qu'elles avaient leurs propres armées privées. Elles ont instauré de nombreux régimes tyranniques qui leurs étaient avantageux en Amérique du Sud et ont déclenché des conflits faisant pas mal de morts, d'où l'expression "république bananière".

Donc on n'aura plus aucune banane dans le monde ?

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C'est un des gros problèmes avec la standardisation des semences (qui n'est pas un phénomène récent). On perd en résilience face aux maladies, champignons, parasites, changement d'environnement et autres menaces.
Historiquement on a la rouille du blé, l'ergot du seigle, le mildiou, la rouille du café, le phylloxéra (vigne) etc.
(Le milidou ayant été responsable on le rappel des grandes famines d'Irlande.)

Si il y a un phytopathologue sur le site il pourra nous en dire plus.

La banane Gros Michel n'était pas originaire de la Martinique mais avait été importé depuis l'Asie du sud-est.

Quant à la banane dite Cavendish, elle est originaire du Vietnam et de la Chine.
C'est en 2008 que des rapports de Sumatra et de Malaisie suggèrent que cette variété de banane peut être également vulnérable à la maladie de Panama.
(C'est au Panama que le champignon est apparu)

a écrit : Donc on n'aura plus aucune banane dans le monde ? Il existe des milliers de variétés de bananes : avec un peu de chance, il y en a d'autres qui résistent mieux à ce champignon. Le risque c'est que les variétés résistantes soient moins bien adaptées à la commercialisation : qu'elles aient des dimensions plus variables, une couleur à laquelle les consommateurs ne sont pas habitués, ou qu'elle supporte moins bien le transport...

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a écrit : Toute blague mise à part, les industries américaines productrices de fruits (et plus particulièrement les producteurs de bananes) étaient si puissantes au XIXe siècle qu'elles avaient leurs propres armées privées. Elles ont instauré de nombreux régimes tyranniques qui leurs étaient avantageux en Amérique du Sud et ont déclenché des conflits faisant pas mal de morts, d'où l'expression "république bananière". Afficher tout Ton commentaire est une anecdote a lui tout seul :)

a écrit : Il existe des milliers de variétés de bananes : avec un peu de chance, il y en a d'autres qui résistent mieux à ce champignon. Le risque c'est que les variétés résistantes soient moins bien adaptées à la commercialisation : qu'elles aient des dimensions plus variables, une couleur à laquelle les consommateurs ne sont pas habitués, ou qu'elle supporte moins bien le transport... Afficher tout On essaie de plus en plus de recombiner des variétés entre elles, y compris en utilisant le génome sauvage de nos végétaux domestiques afin de trouver une variété qui combinerait tous les avantages, mais effectivement on se retrouve trop souvent avec des problèmes de rendements, des problèmes d'acclimatation, une vulnérabilité à un autre truc...

Y'a aussi la manipulation génétique comme option mais aujourd'hui c'est plus du bricolage qu'autre chose.

a écrit : Donc on n'aura plus aucune banane dans le monde ? Belle analyse merci ^^

Je vous conseille cette vidéo postée sur trash:
youtu.be/DE7Kz0kJu_k

Il y explique bien l'histoire de la banane moderne.

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a écrit : Donc on n'aura plus aucune banane dans le monde ? Si, il y aura toujours vous. (désolé pour la blague facile)

Une annonce récente dans les médias nous apprend qu'une banane bio 'La pointe d'or' résistante au mycosphaerella va être commercialisée dans les Antilles françaises. Cela fait suite au scandale d'utilisation de pesticides durant des années sur ces plantations avec pour conséquence une forte pollution des sols et un risque pour les cultivateurs. Je me demande d'ailleurs comment on peut faire du bio sur ce type de sol, à moins de le faire sur des zones non polluées.

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a écrit : Il existe des milliers de variétés de bananes : avec un peu de chance, il y en a d'autres qui résistent mieux à ce champignon. Le risque c'est que les variétés résistantes soient moins bien adaptées à la commercialisation : qu'elles aient des dimensions plus variables, une couleur à laquelle les consommateurs ne sont pas habitués, ou qu'elle supporte moins bien le transport... Afficher tout Ce que vous mentionnez à la fin est bien le problème : La Cavendish n'est pas la meilleure des bananes, mais elle survit assez bien au transport pour traverser les océans.

a écrit : Je vous conseille cette vidéo postée sur trash:
youtu.be/DE7Kz0kJu_k

Il y explique bien l'histoire de la banane moderne.
Et à ton avis, d'où vient l'anecdote... coïncidence ? :p

a écrit : C'est un des gros problèmes avec la standardisation des semences (qui n'est pas un phénomène récent). On perd en résilience face aux maladies, champignons, parasites, changement d'environnement et autres menaces.
Historiquement on a la rouille du blé, l'ergot du seigle, le mildiou, la rouille
du café, le phylloxéra (vigne) etc.
(Le milidou ayant été responsable on le rappel des grandes famines d'Irlande.)

Si il y a un phytopathologue sur le site il pourra nous en dire plus.
Afficher tout
Le problème c'est que les bananiers qui nous produisent les bananes Cavendish (comme ce fut le cas pour la Gros Michel) sont stériles... Jusqu'au jour où vous trouverez une graine dans votre banane.
C'est ce qu'on appelle des cultivars : Une fois qu'une plante donne des beaux fruits sans graines qui nous gâchent le plaisir, on doit les cloner (par bouturage ou autre technique) car, bah, sans graines, pas de reproduction possible.
Donc tous les bananiers Cavendish sont des clones, et à ce titre représentent la plus grande biomasse provenant que d'un seul individu...
Mais qui dit individu unique, dit génétique unique : Si un champignon s'attaque à l'un, il peut s'attaquer à tous, pas de résistance possible.
A la différence des autres plantes que vous citez.

Un peu d'espoir tout de même avec des pratiques plus responsables youtu.be/md-XK64dkQI
Des plants en bonne santé pourront-ils résister aux attaques de ce champignon ?

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Pour les amoureux (ou curieux) de la banane Gros Michel, je vous rassure elle n'a pas disparu.
On la cultive toujours dans de petites exploitations aux Antilles, Congo et Thaïlande.

Seulement le champignon a ruiné les grandes fermes et ne permet plus son exportation en masse.

Donc si vous voyagez aux Antilles, vous pourrez en manger !

Deux autres anecdotes sur la banane.

À commencer la Seconde Guerre Mondiale, la banane disparut des étalages du Royaume-Uni. Les bateaux transportant les régimes, principalement depuis les Caraïbes, avaient été réquisitionnés par l'Exécutif, pour afreter des biens et des matières premières destinées à l'Industrie militaire.
Dès novembre 1939, le fruit devient introuvable, ...et passe dans l'imaginaire des plus jeunes enfants Britanniques, quand leurs aînés ou parents la nomme, comme un délicieux aliment... qui n'a jamais existé. Peu importait de leur enseigner un dessin ou une photo: la banane était tout aussi introuvable que de chasser un dahut dans les montagnes.
Il fallut attendre le 30 décembre 1945, pour voir un bateau provenant de la Jamaïque, chargé d'une cargaison de 10 millions de bananes, dans le port de Avonmouth.... où des nuées d'enfants remplissaient les quais, attendant avec joie et impatience, de voir ce fruit tout aussi imaginaire qu'une licorne.
L'arrivée de ces bananes fut même officialisé à Bristol, en présence du Premier Ministre Clément Attlee, qui prononça un discours promettant une banane à chaque enfant et femme enceinte du pays.
Le Rationnement alimentaire ne prendra fin au Royaume-Uni, qu'à la fin 1947.

La banane sera également un fruit très difficile de trouver dans le Bloc Communiste. Il n'était pas rare de voir les gens faire la queue devant les magasins, quand une rumeur plus ou moins vraie, signalait l'arrivée de quelques caisses dans tel ou tel magasin. Si, par chance, vous aviez pu en acquérir une main, le jeu consistait maintenant à la garder précieusement, et réserver ces bananes pour une grande occasion.
Puis vint la chute du mur de Berlin... Et ses flots d'Allemands de l'Est qui ne pensaient qu'aux Marks légalement offerts par la RFA, et comment les dépenser. Pour bien plus d'un Allemand de l'Est, son premier achat fut.... quelques bananes.
Certains profiteurs en abuseront, vendant des bananes à la sauvette, à un prix prohibitif, dans les rues des villes frontalières. Les Allemands de l'Est, découvraient les joies du Capitalisme.

a écrit : Toute blague mise à part, les industries américaines productrices de fruits (et plus particulièrement les producteurs de bananes) étaient si puissantes au XIXe siècle qu'elles avaient leurs propres armées privées. Elles ont instauré de nombreux régimes tyranniques qui leurs étaient avantageux en Amérique du Sud et ont déclenché des conflits faisant pas mal de morts, d'où l'expression "république bananière". Afficher tout Enorme, je me suis déjà posé la question d’où venait cette expression mais j’ai jamais pris le temps de chercher , je me coucherais deux fois moins bête :D

a écrit : Toute blague mise à part, les industries américaines productrices de fruits (et plus particulièrement les producteurs de bananes) étaient si puissantes au XIXe siècle qu'elles avaient leurs propres armées privées. Elles ont instauré de nombreux régimes tyranniques qui leurs étaient avantageux en Amérique du Sud et ont déclenché des conflits faisant pas mal de morts, d'où l'expression "république bananière". Afficher tout « Elles ont instauré de nombreux régimes...... » ça paraît logique ;-)