Des soldats fusillés à tort pour l'exemple

Proposé par
le
dans

Les martyrs de Vingré sont six soldats français fusillés pour l'exemple le 4 décembre 1914, à Vingré, dans l'Aisne. Ils faisaient partie d'un groupe de 24 poilus accusés à tort de désertion, et furent désignés par tirage au sort. Les six soldats furent réhabilités dès 1921 par la Cour de cassation.


Commentaires préférés (3)

a écrit : J'ai pas compris l'anecdote. Ils ont été réhabilités à titre posthume ? Oui, exactement. Ils auraient tout simplement suivi les ordres de leur lieutenant.
Mais dans un contexte de guerre extrêmement difficile (la WW1 a été une horreur absolue pour les soldats) et avec de plus en plus de mutilés volontaires pour échapper aux tranchées, on a décidé en haut lieu (comprendre « ceux qui ne savaient pas à quel point tenir tête aux Allemands était horrible ») qu’il fallait faire des exemples pour éviter les désertions.
Leur réhabilitation a été demandée par leurs épouses et familles, qui ont été aidées d’un ancien du régiment et ils ont finalement eu gain de cause en 1921.

a écrit : J'ai pas compris l'anecdote. Ils ont été réhabilités à titre posthume ? Oui, à titre posthume. Cela permet de restaurer l'honneur de ces hommes (qui ont par la suite reçu la médaille militaire et la croix de guerre) et pour leurs familles de pouvoir demander des réparations ou des pensions de guerre (dont le versement avait été interrompu en 1914, et dont les arriérés ont été accordés aux familles après le jugement de réhabilitation).

a écrit : Est-ce que dès décembre 1914, soit quelques mois après le début du conflit, on peut vraiment dire que la majorité des soldats étaient déjà traumatisés du front ? Certes les premiers mois ont vu d'énormes pertes pour l'armée française, mais les mutinerie les plus emblématiques ont surtout eu lieu qu'en 1917. Ça ressemble plus à une sanction hiérarchique pour montrer l'exemple et inculquer le devoir de ne plus reculer davantage à un moment du conflit où l'on commence à comprendre que l'ennemi occupe une grande partie du territoire national et que la guerre de mouvement tant appréciée des généraux ne peut plus être utilisée. Afficher tout Autant je suis d'accord avec toi concernant les principales mutineries qui ont eu lieu en 1917, qu'ici on a affaire, a priori, à une exécution pour l'exemple. Autant je ne suis pas d'accord avec "pas de traumatisme vu qu'on est seulement en 1914". Pour avoir discuté avec de la famille dont les pères/oncles ont été au front, il suffisait de quelques jours pour être traumatisé à vie ! Les épisodes les plus violents de la guerre sont arrivés plus tard mais ça n'empêche pas les soldats de voir certains de leurs camarades mourir sous leurs yeux dès le début des combats...

Posté le

android

(54)

Répondre


Tous les commentaires (39)

J'ai pas compris l'anecdote. Ils ont été réhabilités à titre posthume ?

Posté le

android

(4)

Répondre

a écrit : J'ai pas compris l'anecdote. Ils ont été réhabilités à titre posthume ? Forcément, en tout cas pour les 6 qui ont tiré le mauvais numéro.

Vieux motard que jamais, quoi! :(

a écrit : J'ai pas compris l'anecdote. Ils ont été réhabilités à titre posthume ? Oui, exactement. Ils auraient tout simplement suivi les ordres de leur lieutenant.
Mais dans un contexte de guerre extrêmement difficile (la WW1 a été une horreur absolue pour les soldats) et avec de plus en plus de mutilés volontaires pour échapper aux tranchées, on a décidé en haut lieu (comprendre « ceux qui ne savaient pas à quel point tenir tête aux Allemands était horrible ») qu’il fallait faire des exemples pour éviter les désertions.
Leur réhabilitation a été demandée par leurs épouses et familles, qui ont été aidées d’un ancien du régiment et ils ont finalement eu gain de cause en 1921.

a écrit : J'ai pas compris l'anecdote. Ils ont été réhabilités à titre posthume ? Oui, à titre posthume. Cela permet de restaurer l'honneur de ces hommes (qui ont par la suite reçu la médaille militaire et la croix de guerre) et pour leurs familles de pouvoir demander des réparations ou des pensions de guerre (dont le versement avait été interrompu en 1914, et dont les arriérés ont été accordés aux familles après le jugement de réhabilitation).

Quel rapport avec Paris ?

Posté le

android

(0)

Répondre

a écrit : Oui, exactement. Ils auraient tout simplement suivi les ordres de leur lieutenant.
Mais dans un contexte de guerre extrêmement difficile (la WW1 a été une horreur absolue pour les soldats) et avec de plus en plus de mutilés volontaires pour échapper aux tranchées, on a décidé en haut lieu (comprendre « ceux qui n
e savaient pas à quel point tenir tête aux Allemands était horrible ») qu’il fallait faire des exemples pour éviter les désertions.
Leur réhabilitation a été demandée par leurs épouses et familles, qui ont été aidées d’un ancien du régiment et ils ont finalement eu gain de cause en 1921.
Afficher tout
Est-ce que dès décembre 1914, soit quelques mois après le début du conflit, on peut vraiment dire que la majorité des soldats étaient déjà traumatisés du front ? Certes les premiers mois ont vu d'énormes pertes pour l'armée française, mais les mutinerie les plus emblématiques ont surtout eu lieu qu'en 1917. Ça ressemble plus à une sanction hiérarchique pour montrer l'exemple et inculquer le devoir de ne plus reculer davantage à un moment du conflit où l'on commence à comprendre que l'ennemi occupe une grande partie du territoire national et que la guerre de mouvement tant appréciée des généraux ne peut plus être utilisée.

Posté le

android

(1)

Répondre

a écrit : Est-ce que dès décembre 1914, soit quelques mois après le début du conflit, on peut vraiment dire que la majorité des soldats étaient déjà traumatisés du front ? Certes les premiers mois ont vu d'énormes pertes pour l'armée française, mais les mutinerie les plus emblématiques ont surtout eu lieu qu'en 1917. Ça ressemble plus à une sanction hiérarchique pour montrer l'exemple et inculquer le devoir de ne plus reculer davantage à un moment du conflit où l'on commence à comprendre que l'ennemi occupe une grande partie du territoire national et que la guerre de mouvement tant appréciée des généraux ne peut plus être utilisée. Afficher tout Autant je suis d'accord avec toi concernant les principales mutineries qui ont eu lieu en 1917, qu'ici on a affaire, a priori, à une exécution pour l'exemple. Autant je ne suis pas d'accord avec "pas de traumatisme vu qu'on est seulement en 1914". Pour avoir discuté avec de la famille dont les pères/oncles ont été au front, il suffisait de quelques jours pour être traumatisé à vie ! Les épisodes les plus violents de la guerre sont arrivés plus tard mais ça n'empêche pas les soldats de voir certains de leurs camarades mourir sous leurs yeux dès le début des combats...

Posté le

android

(54)

Répondre

a écrit : Autant je suis d'accord avec toi concernant les principales mutineries qui ont eu lieu en 1917, qu'ici on a affaire, a priori, à une exécution pour l'exemple. Autant je ne suis pas d'accord avec "pas de traumatisme vu qu'on est seulement en 1914". Pour avoir discuté avec de la famille dont les pères/oncles ont été au front, il suffisait de quelques jours pour être traumatisé à vie ! Les épisodes les plus violents de la guerre sont arrivés plus tard mais ça n'empêche pas les soldats de voir certains de leurs camarades mourir sous leurs yeux dès le début des combats... Afficher tout D'autant qu'au début, c'étaient des conscrits via le service militaire, des jeunes de de 20 ans dans la majorité des cas, partis la fleur au fusil au début de la guerre, ca a du vite déchanter quand les mitrailleuses ont transformé ces vaillants soldats-civils en viande hachée...
Après tout le monde s'est enterré quand l'artillerie a commencé à pleuvoir!

a écrit : J'ai pas compris l'anecdote. Ils ont été réhabilités à titre posthume ? Ben forcément, puisqu'ils étaient morts !

Posté le

android

(1)

Répondre

a écrit : Quel rapport avec Paris ? A quoi se rapporte ton commentaire ?

Posté le

android

(4)

Répondre

a écrit : Est-ce que dès décembre 1914, soit quelques mois après le début du conflit, on peut vraiment dire que la majorité des soldats étaient déjà traumatisés du front ? Certes les premiers mois ont vu d'énormes pertes pour l'armée française, mais les mutinerie les plus emblématiques ont surtout eu lieu qu'en 1917. Ça ressemble plus à une sanction hiérarchique pour montrer l'exemple et inculquer le devoir de ne plus reculer davantage à un moment du conflit où l'on commence à comprendre que l'ennemi occupe une grande partie du territoire national et que la guerre de mouvement tant appréciée des généraux ne peut plus être utilisée. Afficher tout Aujourd'hui, quand on pense aux traumatismes de 14-18, on pense aux tranchées etc..., mais il ne faut pas oublier que dès septembre 1914, les soldats avaient déjà vus suffisamment d'horreur: dans la majorité, c'était des hommes très jeunes (entre 20 et 30 ans), qui étaient partis la fleur au fusil, sans vraiment savoir dans quoi ils s'engageaient, et qui se sont retrouvés à charger de front des mitrailleuses, qui ont été littéralement envoyés à la boucherie, et qui parfois voyaient des régiments entiers être balayés. Les taux de mortalité n'étaient pas seulement élevés, ils étaient hallucinants.

On parle actuellement des deux militaires tués au Mali: dans les opérations au Mali, ce sont 45 soldats qui sont morts en 7 ans. Rien que le 22 août 1914, ce sont 22 000 soldats qui sont morts. Avec une telle mortalité, les traumatismes ne mettent pas des années à se développer. Il suffit d'un seul combat.

a écrit : Aujourd'hui, quand on pense aux traumatismes de 14-18, on pense aux tranchées etc..., mais il ne faut pas oublier que dès septembre 1914, les soldats avaient déjà vus suffisamment d'horreur: dans la majorité, c'était des hommes très jeunes (entre 20 et 30 ans), qui étaient partis la fleur au fusil, sans vraiment savoir dans quoi ils s'engageaient, et qui se sont retrouvés à charger de front des mitrailleuses, qui ont été littéralement envoyés à la boucherie, et qui parfois voyaient des régiments entiers être balayés. Les taux de mortalité n'étaient pas seulement élevés, ils étaient hallucinants.

On parle actuellement des deux militaires tués au Mali: dans les opérations au Mali, ce sont 45 soldats qui sont morts en 7 ans. Rien que le 22 août 1914, ce sont 22 000 soldats qui sont morts. Avec une telle mortalité, les traumatismes ne mettent pas des années à se développer. Il suffit d'un seul combat.
Afficher tout
l'horreur de cette guerre n'a pas été suffisamment décrite au cinéma

a écrit : l'horreur de cette guerre n'a pas été suffisamment décrite au cinéma Le problème avec la Première Guerre Mondiale, c'est qu'elle est souvent moins cinématographique que la Seconde: en dehors de la phase de mouvement (qui est bien moins inscrite dans la mémoire populaire que la guerre de tranchée et intéresse donc moins de monde), le reste de la guerre a été extrêmement statique et monotone. Un film où tous les personnages se font massacrer sous un déluge continu d'obus et de mitraille pour gagner seulement quelques centaines de mètres de terrain boueux en essayant de survivre comme ils peuvent avant de repartir à l'arrière et de recommencer, je suis pas sûr que ça intéresse énormément de monde.
Malgré tout, il y a quand-même de très bons films sur 14-18: 1917, Un Long Dimanche de Fiançailles, Joyeux Noël, Les Sentiers de la Gloire, Le Pantalon, Les Croix de Bois

Ach ! la guerre, gross malheur!

Fusiller des gens pour les réhabiliter, mais aussi, penser à tous ceux qui ont été transformés en viande hachée, à tous ceux dont on n'a même pas retrouvé les restes, à tous ceux qui se fichaient royalement des caprices du Kronprinz, de l'empereur d'Autriche Hongrie, du Tsar de toutes les Russies et du roi d’Angleterre, et des traités iniques qui liaient des gouvernements de certains pays les uns aux autres, sans que les peuples qui se demandaient pourquoi les populations n'avaient pas le droit de vivre paisiblement, pacifiquement soient concernés, sauf pour se faire tuer au bénéfice d'une «élite» «politique», qui existait depuis des siècles qui existe encore plus de 100 ans après.
Ces 6 pauvres hommes ont été fusillés pour l'exemple, mais il y en a eu des centaines d'autres sur tous les fronts.
Pour l'exemple, quelle horreur cette expression

a écrit : Le problème avec la Première Guerre Mondiale, c'est qu'elle est souvent moins cinématographique que la Seconde: en dehors de la phase de mouvement (qui est bien moins inscrite dans la mémoire populaire que la guerre de tranchée et intéresse donc moins de monde), le reste de la guerre a été extrêmement statique et monotone. Un film où tous les personnages se font massacrer sous un déluge continu d'obus et de mitraille pour gagner seulement quelques centaines de mètres de terrain boueux en essayant de survivre comme ils peuvent avant de repartir à l'arrière et de recommencer, je suis pas sûr que ça intéresse énormément de monde.
Malgré tout, il y a quand-même de très bons films sur 14-18: 1917, Un Long Dimanche de Fiançailles, Joyeux Noël, Les Sentiers de la Gloire, Le Pantalon, Les Croix de Bois
Afficher tout
Oui mais pas que.
Aujourd'hui quand tu penses film d'action tu penses Hollywood.
Les États-Unis n'ayant pas joué un aussi grand rôle lors de la première guerre que la seconde, Hollywood préfère tourner des films sur la seconde guerre.

Posté le

android

(7)

Répondre

Être réhabilités une fois mort, ça les ramènera pas à la vie ces 6 pauvres soldats, au mieux un lot de consolation pour les familles endeuillées.
Encore une illustration de l'horreur de la grande guerre.

Posté le

android

(4)

Répondre

Oh il me semble que certaines lettres de ces condamné sont dans le livre "Parole de poilus" c'est très intéressant !

Posté le

android

(3)

Répondre

C'est très bien de les réhabiliter et d'apposer des plaques et d'ériger des monuments commémoratifs dédiés à la mémoire des martyrs de Vingré, mais personne n'a pensé que le plus approprié serait une statue de cire au musée Grévin ?

Posté le

android

(1)

Répondre

a écrit : Autant je suis d'accord avec toi concernant les principales mutineries qui ont eu lieu en 1917, qu'ici on a affaire, a priori, à une exécution pour l'exemple. Autant je ne suis pas d'accord avec "pas de traumatisme vu qu'on est seulement en 1914". Pour avoir discuté avec de la famille dont les pères/oncles ont été au front, il suffisait de quelques jours pour être traumatisé à vie ! Les épisodes les plus violents de la guerre sont arrivés plus tard mais ça n'empêche pas les soldats de voir certains de leurs camarades mourir sous leurs yeux dès le début des combats... Afficher tout Je dirai même plus (moins ?), il suffit de 5 minutes de combats.

Posté le

android

(2)

Répondre

a écrit : Oui mais pas que.
Aujourd'hui quand tu penses film d'action tu penses Hollywood.
Les États-Unis n'ayant pas joué un aussi grand rôle lors de la première guerre que la seconde, Hollywood préfère tourner des films sur la seconde guerre.
C'est vrai, mais la première était vraiment plus statique, des héros il y en a eu plein, mais pour faire un film, il faut que ca sorte un peu du lot.
C'est très cynique ce que je dis, j'en conviens, des opérations commando derrière les lignes ennemies, sabotages, espionnage, le fait est que la seconde a été plus tactique, quand dans la première les chefs se contentaient un peu trop souvent d'ordonner l'assaut massif, qui ont mené à des désertions massives, d'ailleurs.

J'ai vu un doc où l'armée française avait patiemment accumulé pendant plusieurs mois des munitions pour l'artillerie lourde, le tout a été tiré en 4 jours, l'assaut a été lancé, et pisser dans une clarinette pour en tirer un miaulement aurait été à peu près aussi efficace face aux défenses en béton armé allemands qui ont parfaitement résisté et qui ont remonté les nids de mitrailleuses en quelques minutes... vous avez dit "viande hachée"? mais ca ne les a pas empêché de continuer la même strat inefficace, donc une fois que c'est dit, un second doc où film est quelque-peu inutile. On a compris! :(
Un remake? Pfff!