La maladie du lait peut tuer les humains

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Ageratina altissima est une plante d'Amérique du Nord connue pour provoquer la maladie du lait, qui fit des milliers de victimes au XIXe siècle. Elle contient un composé toxique qui provoque de graves symptômes chez les animaux herbivores, ainsi que chez ceux qui consomment leur viande ou leur lait.

Chez l'Homme, une intoxication peut provoquer la mort par insuffisance respiratoire ou cardiaque dans les cas les plus graves.


Commentaires préférés (3)

a écrit : Après lecture de l'anecdote je me suis dit pourquoi appeler ça une maladie alors quil semble que c'est un empoisonnement indirect par une plante.
J'ai cherché ce qu'était la maladie du lait et voici la réponse obtenue.
"La “maladie du lait” désigne le plus souvent la brucellose, un
e infection bactérienne transmissible de l’animal à l’être humain, principalement par la consommation de lait cru ou de produits laitiers non pasteurisés contaminés
La brucellose est une zoonose due à des bactéries du genre Brucella, qui infectent surtout les bovins, ovins, caprins, porcs et d’autres animaux d’élevage.
Chez l’être humain, elle provoque une maladie parfois prolongée et invalidante, d’où son importance en santé publique dans les zones où l’on consomme du lait cru".
Cela ne correspond pas à la définition de l'anecdote.
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MALADIE, subst. fém. 1. [Chez l'homme] Altération de l'état de santé se manifestant par un ensemble de signes et de symptômes perceptibles directement ou non, correspondant à des troubles généraux ou localisés, fonctionnels ou lésionnels, dus à des causes internes ou externes et comportant une évolution.

Un empoisonnement est une cause externe ayant une conséquence sur l'état de Santé de la personne... ce qui conduit à une maladie.
Que vous vouliez parler d'empoisonnement ? Soit, mais ceci ne serait qu'une précision quant à la cause de la maladie.

La "maladie du lait" avait tendance à se déclarer en été, et après des périodes de faible pluie.
Cette fréquence saisonnière ne passa évidemment pas inaperçue, ni d'ailleurs qu'elle n'affectait que les personnes ayant consommé du lait de vache. De plus des veaux sous tétée pouvaient tout autant développer les symptômes, et décéder quelques jours plus tard.

Les premiers cas de décès dus à la maladie du lait, sont apparus au début du 19ème siècle dans le Midwest, zone qui était alors pionnière dans la progression des Européens vers l'Ouest.

Dans ces nouveaux hameaux composés de colons provenant de la Côte Est, la maladie du lait prit des proportions telles, qu'elle devint la première cause de mortalité, et fut même la cause dans plusieurs vallées, d'un déménagement intégral vers d'autres zones du Midwest. À voir si "l'air de ces vallées était maudit"...

Si le vecteur de la maladie était connu, restait encore à savoir ce qui affectait la vache d'une famille. Étaient-ce des émanations de la terre comme disaient certains, ou encore une intervention de fantômes et sorcières comme l'affirmait d'autres ?...
Toujours est-il que la ou les vaches continuaient à paître là où bon il leurs semblaient, entre pâturages et sous-bois.

Par une journée d'automne 1834, une sage-femme nommée Anna Pierce se prépara un pique-nique, prit son fusil, puis accompagnée par ses chiens, se lança dans une investigation sur le terrain, déterminée à suivre et observer tout ce que le troupeau du village allait brouter. L'enjeu était d'importance pour elle: sa mère et sa belle-soeur étaient décédés de la Maladie du lait, et son père avait dû retourner à Philadelphie pour se soigner.

Alors qu'elle observait le bétail dans un bois, elle rencontra une vieille femme Shawnee: Elle s'y cachait, car elle voulait échapper à la Déportation forcée de son Peuple, vers le Kansas.
Touchée par la situation de la femme Shawnee, Anna Pierce lui offit de partager son repas, et l'invita chez elle, pour qu'elle puisse se reposer. Quand "Mama Shawnee" apprit que Anna s'intéressait à la Maladie du lait, elle lui répondit savoir quelle était exactement la plante responsable. Elle conduisit alors Anna jusqu'à la crête voisine, où elle lui enseigna la discrète plante à fleurs blanches et duveteuses, ornant une solide tige de quelques dizaines de centimètres de hauteur.

Ageratina altissima passa alors à être la protagoniste d'une expérience consistant à nourrir des animaux domestiques. La première phase des tremblements caractéristiques de la Maladie du lait, chez ces cobayes, ne laissait plus de doute.
Elle en informa sa Communauté, où des groupes d'hommes se chargèrent alors rapidement d'éliminer dans champs et forêts du comté, toute Ageratina qui y poussait.
Anna Pierce envoya des lettres aux autres médecins de la région, afin de les informer sur la plante responsable de la Maladie du lait.
Trois ans plus tard, la plante avait presque disparue du Sud-Est de l'Illinois.

Fin de l'histoire et que chacun retourne à ses vaches, chèvres et moutons ?.... pas vraiment...

Dans cette Amérique décimononique des confins de la Civilisation blanche, une Connaissance apportée par une Femme, n'avait que peu de possibilité de trouver un écho à l'échelle d'un État, et encore moins d'une Confédération...

Trente ans, plus tard, la Maladie du lait continue de réclamer son lot de décès saisonniers dans l'Indiana et l'Illinois.... Et 50 ans après la Connaissance acquise par Anna, auprès d'une vieille Femme Shawnee, un médecin de Caroline du Nord, émet encore l'hypothèse comme quoi la Maladie du lait proviendrait de l'arsenic contenu dans le breuvage et produits dérivés.
En réalité, une investigation sur les livres d'Enseignement de la Médecine du 19ème siècle, révèle qu'il ne mentionne presque pas la Maladie du lait.

Il a fallu attendre le vingtième siècle, puis la modernisation naissante de l'Agriculture Américaine, où dorénavant la standardisation et surveillance sanitaire sont de mise, pour que la Maladie du lait disparaisse. Le dernier cas médical connu a été l'empoisonnement involontaire de deux nourrissons à Saint-Louis, en 1963.

Pourtant, actuellement, les spécialistes de la Médecine restent en alerte... Avec la mode du "naturel à toutes les sauces", il ne serait pas invraissemblable qu'un nouveau cas soit découvert.

a écrit : La "maladie du lait" avait tendance à se déclarer en été, et après des périodes de faible pluie.
Cette fréquence saisonnière ne passa évidemment pas inaperçue, ni d'ailleurs qu'elle n'affectait que les personnes ayant consommé du lait de vache. De plus des veaux sous tétée pouvaient to
ut autant développer les symptômes, et décéder quelques jours plus tard.

Les premiers cas de décès dus à la maladie du lait, sont apparus au début du 19ème siècle dans le Midwest, zone qui était alors pionnière dans la progression des Européens vers l'Ouest.

Dans ces nouveaux hameaux composés de colons provenant de la Côte Est, la maladie du lait prit des proportions telles, qu'elle devint la première cause de mortalité, et fut même la cause dans plusieurs vallées, d'un déménagement intégral vers d'autres zones du Midwest. À voir si "l'air de ces vallées était maudit"...

Si le vecteur de la maladie était connu, restait encore à savoir ce qui affectait la vache d'une famille. Étaient-ce des émanations de la terre comme disaient certains, ou encore une intervention de fantômes et sorcières comme l'affirmait d'autres ?...
Toujours est-il que la ou les vaches continuaient à paître là où bon il leurs semblaient, entre pâturages et sous-bois.

Par une journée d'automne 1834, une sage-femme nommée Anna Pierce se prépara un pique-nique, prit son fusil, puis accompagnée par ses chiens, se lança dans une investigation sur le terrain, déterminée à suivre et observer tout ce que le troupeau du village allait brouter. L'enjeu était d'importance pour elle: sa mère et sa belle-soeur étaient décédés de la Maladie du lait, et son père avait dû retourner à Philadelphie pour se soigner.

Alors qu'elle observait le bétail dans un bois, elle rencontra une vieille femme Shawnee: Elle s'y cachait, car elle voulait échapper à la Déportation forcée de son Peuple, vers le Kansas.
Touchée par la situation de la femme Shawnee, Anna Pierce lui offit de partager son repas, et l'invita chez elle, pour qu'elle puisse se reposer. Quand "Mama Shawnee" apprit que Anna s'intéressait à la Maladie du lait, elle lui répondit savoir quelle était exactement la plante responsable. Elle conduisit alors Anna jusqu'à la crête voisine, où elle lui enseigna la discrète plante à fleurs blanches et duveteuses, ornant une solide tige de quelques dizaines de centimètres de hauteur.

Ageratina altissima passa alors à être la protagoniste d'une expérience consistant à nourrir des animaux domestiques. La première phase des tremblements caractéristiques de la Maladie du lait, chez ces cobayes, ne laissait plus de doute.
Elle en informa sa Communauté, où des groupes d'hommes se chargèrent alors rapidement d'éliminer dans champs et forêts du comté, toute Ageratina qui y poussait.
Anna Pierce envoya des lettres aux autres médecins de la région, afin de les informer sur la plante responsable de la Maladie du lait.
Trois ans plus tard, la plante avait presque disparue du Sud-Est de l'Illinois.

Fin de l'histoire et que chacun retourne à ses vaches, chèvres et moutons ?.... pas vraiment...

Dans cette Amérique décimononique des confins de la Civilisation blanche, une Connaissance apportée par une Femme, n'avait que peu de possibilité de trouver un écho à l'échelle d'un État, et encore moins d'une Confédération...

Trente ans, plus tard, la Maladie du lait continue de réclamer son lot de décès saisonniers dans l'Indiana et l'Illinois.... Et 50 ans après la Connaissance acquise par Anna, auprès d'une vieille Femme Shawnee, un médecin de Caroline du Nord, émet encore l'hypothèse comme quoi la Maladie du lait proviendrait de l'arsenic contenu dans le breuvage et produits dérivés.
En réalité, une investigation sur les livres d'Enseignement de la Médecine du 19ème siècle, révèle qu'il ne mentionne presque pas la Maladie du lait.

Il a fallu attendre le vingtième siècle, puis la modernisation naissante de l'Agriculture Américaine, où dorénavant la standardisation et surveillance sanitaire sont de mise, pour que la Maladie du lait disparaisse. Le dernier cas médical connu a été l'empoisonnement involontaire de deux nourrissons à Saint-Louis, en 1963.

Pourtant, actuellement, les spécialistes de la Médecine restent en alerte... Avec la mode du "naturel à toutes les sauces", il ne serait pas invraissemblable qu'un nouveau cas soit découvert.
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Merci pour cette érudition, j’ai appris au moins un mot nouveau : décimononique !
Il faut juste que je trouve l’occasion de l’employer pour confondre mes interlocuteurs…


Tous les commentaires (4)

Après lecture de l'anecdote je me suis dit pourquoi appeler ça une maladie alors quil semble que c'est un empoisonnement indirect par une plante.
J'ai cherché ce qu'était la maladie du lait et voici la réponse obtenue.
"La “maladie du lait” désigne le plus souvent la brucellose, une infection bactérienne transmissible de l’animal à l’être humain, principalement par la consommation de lait cru ou de produits laitiers non pasteurisés contaminés
La brucellose est une zoonose due à des bactéries du genre Brucella, qui infectent surtout les bovins, ovins, caprins, porcs et d’autres animaux d’élevage.
Chez l’être humain, elle provoque une maladie parfois prolongée et invalidante, d’où son importance en santé publique dans les zones où l’on consomme du lait cru".
Cela ne correspond pas à la définition de l'anecdote.

a écrit : Après lecture de l'anecdote je me suis dit pourquoi appeler ça une maladie alors quil semble que c'est un empoisonnement indirect par une plante.
J'ai cherché ce qu'était la maladie du lait et voici la réponse obtenue.
"La “maladie du lait” désigne le plus souvent la brucellose, un
e infection bactérienne transmissible de l’animal à l’être humain, principalement par la consommation de lait cru ou de produits laitiers non pasteurisés contaminés
La brucellose est une zoonose due à des bactéries du genre Brucella, qui infectent surtout les bovins, ovins, caprins, porcs et d’autres animaux d’élevage.
Chez l’être humain, elle provoque une maladie parfois prolongée et invalidante, d’où son importance en santé publique dans les zones où l’on consomme du lait cru".
Cela ne correspond pas à la définition de l'anecdote.
Afficher tout
MALADIE, subst. fém. 1. [Chez l'homme] Altération de l'état de santé se manifestant par un ensemble de signes et de symptômes perceptibles directement ou non, correspondant à des troubles généraux ou localisés, fonctionnels ou lésionnels, dus à des causes internes ou externes et comportant une évolution.

Un empoisonnement est une cause externe ayant une conséquence sur l'état de Santé de la personne... ce qui conduit à une maladie.
Que vous vouliez parler d'empoisonnement ? Soit, mais ceci ne serait qu'une précision quant à la cause de la maladie.

La "maladie du lait" avait tendance à se déclarer en été, et après des périodes de faible pluie.
Cette fréquence saisonnière ne passa évidemment pas inaperçue, ni d'ailleurs qu'elle n'affectait que les personnes ayant consommé du lait de vache. De plus des veaux sous tétée pouvaient tout autant développer les symptômes, et décéder quelques jours plus tard.

Les premiers cas de décès dus à la maladie du lait, sont apparus au début du 19ème siècle dans le Midwest, zone qui était alors pionnière dans la progression des Européens vers l'Ouest.

Dans ces nouveaux hameaux composés de colons provenant de la Côte Est, la maladie du lait prit des proportions telles, qu'elle devint la première cause de mortalité, et fut même la cause dans plusieurs vallées, d'un déménagement intégral vers d'autres zones du Midwest. À voir si "l'air de ces vallées était maudit"...

Si le vecteur de la maladie était connu, restait encore à savoir ce qui affectait la vache d'une famille. Étaient-ce des émanations de la terre comme disaient certains, ou encore une intervention de fantômes et sorcières comme l'affirmait d'autres ?...
Toujours est-il que la ou les vaches continuaient à paître là où bon il leurs semblaient, entre pâturages et sous-bois.

Par une journée d'automne 1834, une sage-femme nommée Anna Pierce se prépara un pique-nique, prit son fusil, puis accompagnée par ses chiens, se lança dans une investigation sur le terrain, déterminée à suivre et observer tout ce que le troupeau du village allait brouter. L'enjeu était d'importance pour elle: sa mère et sa belle-soeur étaient décédés de la Maladie du lait, et son père avait dû retourner à Philadelphie pour se soigner.

Alors qu'elle observait le bétail dans un bois, elle rencontra une vieille femme Shawnee: Elle s'y cachait, car elle voulait échapper à la Déportation forcée de son Peuple, vers le Kansas.
Touchée par la situation de la femme Shawnee, Anna Pierce lui offit de partager son repas, et l'invita chez elle, pour qu'elle puisse se reposer. Quand "Mama Shawnee" apprit que Anna s'intéressait à la Maladie du lait, elle lui répondit savoir quelle était exactement la plante responsable. Elle conduisit alors Anna jusqu'à la crête voisine, où elle lui enseigna la discrète plante à fleurs blanches et duveteuses, ornant une solide tige de quelques dizaines de centimètres de hauteur.

Ageratina altissima passa alors à être la protagoniste d'une expérience consistant à nourrir des animaux domestiques. La première phase des tremblements caractéristiques de la Maladie du lait, chez ces cobayes, ne laissait plus de doute.
Elle en informa sa Communauté, où des groupes d'hommes se chargèrent alors rapidement d'éliminer dans champs et forêts du comté, toute Ageratina qui y poussait.
Anna Pierce envoya des lettres aux autres médecins de la région, afin de les informer sur la plante responsable de la Maladie du lait.
Trois ans plus tard, la plante avait presque disparue du Sud-Est de l'Illinois.

Fin de l'histoire et que chacun retourne à ses vaches, chèvres et moutons ?.... pas vraiment...

Dans cette Amérique décimononique des confins de la Civilisation blanche, une Connaissance apportée par une Femme, n'avait que peu de possibilité de trouver un écho à l'échelle d'un État, et encore moins d'une Confédération...

Trente ans, plus tard, la Maladie du lait continue de réclamer son lot de décès saisonniers dans l'Indiana et l'Illinois.... Et 50 ans après la Connaissance acquise par Anna, auprès d'une vieille Femme Shawnee, un médecin de Caroline du Nord, émet encore l'hypothèse comme quoi la Maladie du lait proviendrait de l'arsenic contenu dans le breuvage et produits dérivés.
En réalité, une investigation sur les livres d'Enseignement de la Médecine du 19ème siècle, révèle qu'il ne mentionne presque pas la Maladie du lait.

Il a fallu attendre le vingtième siècle, puis la modernisation naissante de l'Agriculture Américaine, où dorénavant la standardisation et surveillance sanitaire sont de mise, pour que la Maladie du lait disparaisse. Le dernier cas médical connu a été l'empoisonnement involontaire de deux nourrissons à Saint-Louis, en 1963.

Pourtant, actuellement, les spécialistes de la Médecine restent en alerte... Avec la mode du "naturel à toutes les sauces", il ne serait pas invraissemblable qu'un nouveau cas soit découvert.

a écrit : La "maladie du lait" avait tendance à se déclarer en été, et après des périodes de faible pluie.
Cette fréquence saisonnière ne passa évidemment pas inaperçue, ni d'ailleurs qu'elle n'affectait que les personnes ayant consommé du lait de vache. De plus des veaux sous tétée pouvaient to
ut autant développer les symptômes, et décéder quelques jours plus tard.

Les premiers cas de décès dus à la maladie du lait, sont apparus au début du 19ème siècle dans le Midwest, zone qui était alors pionnière dans la progression des Européens vers l'Ouest.

Dans ces nouveaux hameaux composés de colons provenant de la Côte Est, la maladie du lait prit des proportions telles, qu'elle devint la première cause de mortalité, et fut même la cause dans plusieurs vallées, d'un déménagement intégral vers d'autres zones du Midwest. À voir si "l'air de ces vallées était maudit"...

Si le vecteur de la maladie était connu, restait encore à savoir ce qui affectait la vache d'une famille. Étaient-ce des émanations de la terre comme disaient certains, ou encore une intervention de fantômes et sorcières comme l'affirmait d'autres ?...
Toujours est-il que la ou les vaches continuaient à paître là où bon il leurs semblaient, entre pâturages et sous-bois.

Par une journée d'automne 1834, une sage-femme nommée Anna Pierce se prépara un pique-nique, prit son fusil, puis accompagnée par ses chiens, se lança dans une investigation sur le terrain, déterminée à suivre et observer tout ce que le troupeau du village allait brouter. L'enjeu était d'importance pour elle: sa mère et sa belle-soeur étaient décédés de la Maladie du lait, et son père avait dû retourner à Philadelphie pour se soigner.

Alors qu'elle observait le bétail dans un bois, elle rencontra une vieille femme Shawnee: Elle s'y cachait, car elle voulait échapper à la Déportation forcée de son Peuple, vers le Kansas.
Touchée par la situation de la femme Shawnee, Anna Pierce lui offit de partager son repas, et l'invita chez elle, pour qu'elle puisse se reposer. Quand "Mama Shawnee" apprit que Anna s'intéressait à la Maladie du lait, elle lui répondit savoir quelle était exactement la plante responsable. Elle conduisit alors Anna jusqu'à la crête voisine, où elle lui enseigna la discrète plante à fleurs blanches et duveteuses, ornant une solide tige de quelques dizaines de centimètres de hauteur.

Ageratina altissima passa alors à être la protagoniste d'une expérience consistant à nourrir des animaux domestiques. La première phase des tremblements caractéristiques de la Maladie du lait, chez ces cobayes, ne laissait plus de doute.
Elle en informa sa Communauté, où des groupes d'hommes se chargèrent alors rapidement d'éliminer dans champs et forêts du comté, toute Ageratina qui y poussait.
Anna Pierce envoya des lettres aux autres médecins de la région, afin de les informer sur la plante responsable de la Maladie du lait.
Trois ans plus tard, la plante avait presque disparue du Sud-Est de l'Illinois.

Fin de l'histoire et que chacun retourne à ses vaches, chèvres et moutons ?.... pas vraiment...

Dans cette Amérique décimononique des confins de la Civilisation blanche, une Connaissance apportée par une Femme, n'avait que peu de possibilité de trouver un écho à l'échelle d'un État, et encore moins d'une Confédération...

Trente ans, plus tard, la Maladie du lait continue de réclamer son lot de décès saisonniers dans l'Indiana et l'Illinois.... Et 50 ans après la Connaissance acquise par Anna, auprès d'une vieille Femme Shawnee, un médecin de Caroline du Nord, émet encore l'hypothèse comme quoi la Maladie du lait proviendrait de l'arsenic contenu dans le breuvage et produits dérivés.
En réalité, une investigation sur les livres d'Enseignement de la Médecine du 19ème siècle, révèle qu'il ne mentionne presque pas la Maladie du lait.

Il a fallu attendre le vingtième siècle, puis la modernisation naissante de l'Agriculture Américaine, où dorénavant la standardisation et surveillance sanitaire sont de mise, pour que la Maladie du lait disparaisse. Le dernier cas médical connu a été l'empoisonnement involontaire de deux nourrissons à Saint-Louis, en 1963.

Pourtant, actuellement, les spécialistes de la Médecine restent en alerte... Avec la mode du "naturel à toutes les sauces", il ne serait pas invraissemblable qu'un nouveau cas soit découvert.
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Merci pour cette érudition, j’ai appris au moins un mot nouveau : décimononique !
Il faut juste que je trouve l’occasion de l’employer pour confondre mes interlocuteurs…