L'atterrissage du vol United Airlines 232 était impossible

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L’accident du vol United Airlines 232, en 1989, est souvent cité comme un exemple de gestion de situation d’urgence. Après différentes pannes, ils réussirent à poser l’appareil qui se disloqua à l’impact et prit feu, causant la mort de 111 passagers et d’un membre d’équipage, mais sauvant 184 autres passagers. C'est pourquoi cet atterrissage reste considéré comme une prouesse technique, un "atterrissage impossible", car il n'a pas pu être reproduit dans les simulateurs.


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A noter qu’un pilote instructeur de DC10 (le modèle dont il est question ici) était présent parmi les passagers. Il s’est signalé au personnel de bord après les premiers incidents et a été invité en cabine pour aider à la gestion de la crise. Son aide a été cruciale pour rendre possible cet atterrissage impossible.

Mon crash préféré !
L'avion était un tri-moteur. Le moteur de queue a explosé, et le shrapnel a sectionné les trois systèmes hydrauliques de l'avion, qui passaient tous trois dans la queue.
Ces systèmes hydrauliques servent à contrôler l'avion, en bougeant les surfaces de contrôle sur les ailes. Tout le fluide hydraulique se retrouva donc par dessus bord en quelques secondes, ce qui signifie que l'avion n'était plus contrôlable par des moyens standards, bouger le joystick n'aurait aucun effet.
Heureusement, voyant que son stick ne faisait plus rien le capitaine se précipita sur la manette des gaz et utilisa les deux moteurs restants pour contrôler l'avion. En montant les gaz d'un côté seulement, ce côté remontait un peu, ce qui permettait de tracer des virages très approximatifs.
Néanmoins, et avec l'aide d'un troisième pilote qui faisait le trajet en cabine, ils parvinrent à s'aligner avec une piste d'atterrissage.
Malheureusement il leur était impossible de déployer les volets, qui servent à voler à plus basse vitesse, et sont donc arrivés beaucoup trop vite pour un atterrissage. De plus, leur contrôle très limité, uniquement à l'aide des réacteurs, fait que le bout d'une des ailes va malheureusement toucher la piste, accrocher, provoquer un tonneau, l'avion prend feu et se disloque... Mais, sur une piste, dans un aéroport avec des services de secours et avec une violence toute relative. En effet, sans la réaction incroyable de l'équipage, l'avion aurait rapidement fini par descendre en piqué et se serait désintégré en petits confettis après une chute de 10000m. Au lieu de ça, après quelques secondes, on commence à voir des silhouettes sortir des flammes, certaines peinant du fait de leurs blessures, d'autres indemnes.
Si on avait interrogé n'importe quel expert en aviation sur ce qui se passerait en cas de perte totale des trois systèmes hydrauliques, il ou elle aurait dit "ben tu meurs". C'était évident, indiscutable, impossible qu'il en soit autrement puisque tes moyens de contrôler l'avion sont HS. Et pourtant...
Cet incident est aussi un cas d'école du CRM, le Crew Resource Management. Aux débuts de l'aviation commerciale, le capitaine était seul maître à bord. Mais il y a eu certains accidents qui auraient pu être évités si le copilote avait osé autre chose que de se taire. Le CRM pousse donc chacun à se remettre en question, à tirer profit au mieux des compétences de chaque membre d'équipage, et à laisser son égo de capitaine aux vestiaires pour accepter les suggestions des autres. C'est une technique qui a fait ses preuves, autant dans l'aéronautique que dans le spatial (le capitaine de ce vol UA232, Al Haynes, donna d'ailleurs par la suite des conférences à la NASA), et devrait parfois être adaptée à d'autres secteurs si vous voulez mon avis.

a écrit : Les familles des 111 passagers decedes saluent encore la prouesse de l’atterrissage. C’est de l’ironie ou tu parles au premier degré ? (Pas bien compris).

Passionnant ton commentaire Seraphyn merci. Tu as raison ça devrait être comme ça partout.


Tous les commentaires (11)

A noter qu’un pilote instructeur de DC10 (le modèle dont il est question ici) était présent parmi les passagers. Il s’est signalé au personnel de bord après les premiers incidents et a été invité en cabine pour aider à la gestion de la crise. Son aide a été cruciale pour rendre possible cet atterrissage impossible.

Mon crash préféré !
L'avion était un tri-moteur. Le moteur de queue a explosé, et le shrapnel a sectionné les trois systèmes hydrauliques de l'avion, qui passaient tous trois dans la queue.
Ces systèmes hydrauliques servent à contrôler l'avion, en bougeant les surfaces de contrôle sur les ailes. Tout le fluide hydraulique se retrouva donc par dessus bord en quelques secondes, ce qui signifie que l'avion n'était plus contrôlable par des moyens standards, bouger le joystick n'aurait aucun effet.
Heureusement, voyant que son stick ne faisait plus rien le capitaine se précipita sur la manette des gaz et utilisa les deux moteurs restants pour contrôler l'avion. En montant les gaz d'un côté seulement, ce côté remontait un peu, ce qui permettait de tracer des virages très approximatifs.
Néanmoins, et avec l'aide d'un troisième pilote qui faisait le trajet en cabine, ils parvinrent à s'aligner avec une piste d'atterrissage.
Malheureusement il leur était impossible de déployer les volets, qui servent à voler à plus basse vitesse, et sont donc arrivés beaucoup trop vite pour un atterrissage. De plus, leur contrôle très limité, uniquement à l'aide des réacteurs, fait que le bout d'une des ailes va malheureusement toucher la piste, accrocher, provoquer un tonneau, l'avion prend feu et se disloque... Mais, sur une piste, dans un aéroport avec des services de secours et avec une violence toute relative. En effet, sans la réaction incroyable de l'équipage, l'avion aurait rapidement fini par descendre en piqué et se serait désintégré en petits confettis après une chute de 10000m. Au lieu de ça, après quelques secondes, on commence à voir des silhouettes sortir des flammes, certaines peinant du fait de leurs blessures, d'autres indemnes.
Si on avait interrogé n'importe quel expert en aviation sur ce qui se passerait en cas de perte totale des trois systèmes hydrauliques, il ou elle aurait dit "ben tu meurs". C'était évident, indiscutable, impossible qu'il en soit autrement puisque tes moyens de contrôler l'avion sont HS. Et pourtant...
Cet incident est aussi un cas d'école du CRM, le Crew Resource Management. Aux débuts de l'aviation commerciale, le capitaine était seul maître à bord. Mais il y a eu certains accidents qui auraient pu être évités si le copilote avait osé autre chose que de se taire. Le CRM pousse donc chacun à se remettre en question, à tirer profit au mieux des compétences de chaque membre d'équipage, et à laisser son égo de capitaine aux vestiaires pour accepter les suggestions des autres. C'est une technique qui a fait ses preuves, autant dans l'aéronautique que dans le spatial (le capitaine de ce vol UA232, Al Haynes, donna d'ailleurs par la suite des conférences à la NASA), et devrait parfois être adaptée à d'autres secteurs si vous voulez mon avis.

Les familles des 111 passagers decedes saluent encore la prouesse de l’atterrissage.

a écrit : Les familles des 111 passagers decedes saluent encore la prouesse de l’atterrissage. C’est de l’ironie ou tu parles au premier degré ? (Pas bien compris).

Passionnant ton commentaire Seraphyn merci. Tu as raison ça devrait être comme ça partout.

a écrit : C’est de l’ironie ou tu parles au premier degré ? (Pas bien compris).

Passionnant ton commentaire Seraphyn merci. Tu as raison ça devrait être comme ça partout.
Pourquoi de l'ironie? Dans ces circonstances le fait que plus de la moitié des passagers aient survécu est un miracle. Même s'il y a eu beaucoup de victimes, l'équipage a fait tout ce qui était en sont pouvoir. Les familles des victimes en sont bien conscientes. Leur proches n'ont simplement pas eu de chance.

a écrit : Les familles des 111 passagers decedes saluent encore la prouesse de l’atterrissage. Je partage cette ironie.
Il ne faut pas oublier les victimes.

a écrit : C’est de l’ironie ou tu parles au premier degré ? (Pas bien compris).

Passionnant ton commentaire Seraphyn merci. Tu as raison ça devrait être comme ça partout.
Un peu des deux. Quand un proche meurt tu t’en fiches un peu que d’autres ait survecu. Tout ce que tu vois c’est la perte de ton proche

a écrit : Un peu des deux. Quand un proche meurt tu t’en fiches un peu que d’autres ait survecu. Tout ce que tu vois c’est la perte de ton proche Et c’est bien là le problème de la société, on ne vit plus en tant que société mais en tant qu’individualité… Les autres on s’en fout, il n’y a que moi qui compte

a écrit : Et c’est bien là le problème de la société, on ne vit plus en tant que société mais en tant qu’individualité… Les autres on s’en fout, il n’y a que moi qui compte Un peu vite dit : dans le cas de cette catastrophe, saluer la prouesse des pilotes et se réjouir des vies sauvées c’est normal et c’est bien.
Rappeler qu’il y a eu 111 morts, même avec ironie, je trouve ça bien aussi.
Ça ne veut pas dire que « les autres, on s’en fout… ».

Par comparaison : le Bataclan :
On a salué le courage et l’efficacité des forces de l’Ordre qui, au risque de leur propre vie, ont sauvé un certain nombre de personnes mais on a quand même parlé des victimes et de leurs proches attristés et ce n’est pour autant que quand on les évoque, « les autres on s’en fout, il n’y a que moi qui compte.. ».

On peut faire le même parallèle avec les catastrophes : les personnes sauvées, les sauveteurs mais il ne faut pas oublier les victimes pour autant.
Le rappeler, ce n’est « se foutre des autres ».

Qui oserait dire que rappeler les victimes de la Shoah c’est « se foutre des autres », ceux qui en sont rescapés et ceux qui les ont sauvés ?

a écrit : Et c’est bien là le problème de la société, on ne vit plus en tant que société mais en tant qu’individualité… Les autres on s’en fout, il n’y a que moi qui compte Le monde est rempli d'égoistes, sachant qu'un égoïste est quelqu'un qui ne pense pas à moi !!!...^^

a écrit : Le monde est rempli d'égoistes, sachant qu'un égoïste est quelqu'un qui ne pense pas à moi !!!...^^ Il y en a beaucoup ?
Serais-tu frustré ?
Je te promets que je vais penser à toi tous les jours, matin et soir et on va monter un fan-club autour de toi !