Les rayons N observés mais n'existaient pas

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En 1903, plus de 100 savants français publièrent sur une nouvelle radiation : les "rayons N". Pourtant, ils n'existaient pas ! En 1904, le physicien Robert Wood sabota discrètement l'expérience, mais les chercheurs "voyaient" toujours l'effet. L'affaire est un cas d'école de biais de confirmation et d'auto-illusion scientifique.

Aveuglés par l'attente et le patriotisme, les chercheurs ont publié 300 articles sur un rayonnement fictif, persuadés de le voir à l'œil nu dans le noir.


Commentaires préférés (3)

Cette anecdote est rapportée dans l'excellente fanfiction d' Elyezer Yudkovski " Harry Potter et les méthodes de la rationalité" que je ne recommanderai jamais assez.

a écrit : Moi, je ne recommanderai jamais assez d'éviter tout ce qui touche de prêt où de loin à Harry Potter pour éviter de grossir la fortune de son autrice qu'elle utilise en partie pour financer des actions détestables... C’est une fanfiction, elle touche pas de royalties avec les fanfictions…

Super anecdotes et commentaires qui ne lui font vraiment pas honneur...

L’expérience était fragile, elle reposait sur l’observation subjective d’une très faible variation de luminosité, dans la pénombre, à l’œil nu.

L'expérience n'a pas été sabotée au sens malveillant. Le scientifique réalise une sorte de contrôle aveugle sauvage. Lors d’une démonstration, il retire discrètement un élément censé être indispensable, à savoir le prisme. Pourtant son collègue physicien continue à annoncer les mêmes observations. Le saboteur publie ensuite son compte rendu dans Nature, ce qui discrédite très fortement les rayons N.

Le problème était l’absence de garde-fous expérimentaux suffisants. Les protections modernes, randomisation, aveugle, contrôle négatif, mesure instrumentale objective, réplication indépendante, pré-spécification... existent pour éviter que des chercheurs voient ce que le protocole les incite à voir, et donc éviter ce type d'erreurs. D'où l'intérêt de travailler sa méthodologie quand on monte un protocole.


Tous les commentaires (8)

Cette anecdote est rapportée dans l'excellente fanfiction d' Elyezer Yudkovski " Harry Potter et les méthodes de la rationalité" que je ne recommanderai jamais assez.

a écrit : Cette anecdote est rapportée dans l'excellente fanfiction d' Elyezer Yudkovski " Harry Potter et les méthodes de la rationalité" que je ne recommanderai jamais assez. Moi, je ne recommanderai jamais assez d'éviter tout ce qui touche de prêt où de loin à Harry Potter pour éviter de grossir la fortune de son autrice qu'elle utilise en partie pour financer des actions détestables...

a écrit : Moi, je ne recommanderai jamais assez d'éviter tout ce qui touche de prêt où de loin à Harry Potter pour éviter de grossir la fortune de son autrice qu'elle utilise en partie pour financer des actions détestables... C’est une fanfiction, elle touche pas de royalties avec les fanfictions…

a écrit : Moi, je ne recommanderai jamais assez d'éviter tout ce qui touche de prêt où de loin à Harry Potter pour éviter de grossir la fortune de son autrice qu'elle utilise en partie pour financer des actions détestables... Et que fait-elle ?

Super anecdotes et commentaires qui ne lui font vraiment pas honneur...

L’expérience était fragile, elle reposait sur l’observation subjective d’une très faible variation de luminosité, dans la pénombre, à l’œil nu.

L'expérience n'a pas été sabotée au sens malveillant. Le scientifique réalise une sorte de contrôle aveugle sauvage. Lors d’une démonstration, il retire discrètement un élément censé être indispensable, à savoir le prisme. Pourtant son collègue physicien continue à annoncer les mêmes observations. Le saboteur publie ensuite son compte rendu dans Nature, ce qui discrédite très fortement les rayons N.

Le problème était l’absence de garde-fous expérimentaux suffisants. Les protections modernes, randomisation, aveugle, contrôle négatif, mesure instrumentale objective, réplication indépendante, pré-spécification... existent pour éviter que des chercheurs voient ce que le protocole les incite à voir, et donc éviter ce type d'erreurs. D'où l'intérêt de travailler sa méthodologie quand on monte un protocole.

a écrit : Super anecdotes et commentaires qui ne lui font vraiment pas honneur...

L’expérience était fragile, elle reposait sur l’observation subjective d’une très faible variation de luminosité, dans la pénombre, à l’œil nu.

L'expérience n'a pas été sabotée au sens malveillant. Le scientifi
que réalise une sorte de contrôle aveugle sauvage. Lors d’une démonstration, il retire discrètement un élément censé être indispensable, à savoir le prisme. Pourtant son collègue physicien continue à annoncer les mêmes observations. Le saboteur publie ensuite son compte rendu dans Nature, ce qui discrédite très fortement les rayons N.

Le problème était l’absence de garde-fous expérimentaux suffisants. Les protections modernes, randomisation, aveugle, contrôle négatif, mesure instrumentale objective, réplication indépendante, pré-spécification... existent pour éviter que des chercheurs voient ce que le protocole les incite à voir, et donc éviter ce type d'erreurs. D'où l'intérêt de travailler sa méthodologie quand on monte un protocole.
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Il faut noter aussi qu'il ne s'agissait pas d'une fraude malveillante, toutes les études ont montré que les physiciens impliqués croyaient véritablement voir ce qu'ils voyaient.

L'affaire s'est tout simplement éteinte, les auteurs n'ont jamais vraiment reconnu leur erreur ou été forcé de le faire, et leurs détracteurs ont eux aussi fini par cesser de publier sur la question car il était couramment admis que les rayons N n'existaient pas.

Malheureusement ces cas de fausses découvertes ou de fraude scientifique ne se sont jamais arrêtées et n'ont pas non plus cessé de faire du bruit dans les médias et d'attirer l'attention. On a eu la fusion à froid, les semi-conducteurs organiques, le superconducteur LK-99...

a écrit : Il faut noter aussi qu'il ne s'agissait pas d'une fraude malveillante, toutes les études ont montré que les physiciens impliqués croyaient véritablement voir ce qu'ils voyaient.

L'affaire s'est tout simplement éteinte, les auteurs n'ont jamais vraiment reconnu leur erreur
ou été forcé de le faire, et leurs détracteurs ont eux aussi fini par cesser de publier sur la question car il était couramment admis que les rayons N n'existaient pas.

Malheureusement ces cas de fausses découvertes ou de fraude scientifique ne se sont jamais arrêtées et n'ont pas non plus cessé de faire du bruit dans les médias et d'attirer l'attention. On a eu la fusion à froid, les semi-conducteurs organiques, le superconducteur LK-99...
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C'est pour cela que comme évoqué précédemment, nous avons mis en place des gardes fous. Par exemple le LK-99, les résultats n'ont jamais pu être reproduits dans un autre labo. Même s'il y a eu du bruit médiatique, la communauté n'a pas attendu 300 papiers pour être sceptique, en quelques semaines c'était plié. Les annonces coup de théâtre qu'elles soient malveillantes ou non existeront toujours, mais leur persistance sera moins importante, car une mauvaise méthodologie sera plus difficile à publier et si ça passe la revue aura un impact moindre. Et en admettant que ça passe le contrôle des résultats et le partage des données limite également la diffusion. Néanmoins la bidouille intentionnelle de résultats reste quand même toujours de grande ampleur et crée toujours beaucoup de bruit. Mais c'est une autre histoire

a écrit : C'est pour cela que comme évoqué précédemment, nous avons mis en place des gardes fous. Par exemple le LK-99, les résultats n'ont jamais pu être reproduits dans un autre labo. Même s'il y a eu du bruit médiatique, la communauté n'a pas attendu 300 papiers pour être sceptique, en quelques semaines c'était plié. Les annonces coup de théâtre qu'elles soient malveillantes ou non existeront toujours, mais leur persistance sera moins importante, car une mauvaise méthodologie sera plus difficile à publier et si ça passe la revue aura un impact moindre. Et en admettant que ça passe le contrôle des résultats et le partage des données limite également la diffusion. Néanmoins la bidouille intentionnelle de résultats reste quand même toujours de grande ampleur et crée toujours beaucoup de bruit. Mais c'est une autre histoire Afficher tout Si on prend la fusion à froid (Fleischmann et Pons) en 1989, il n'y a pas eu de bidouille intentionnelle des résultats et pourtant il y a beaucoup de similitudes avec l'affaire des rayons N.
Les deux scientifiques à l'origine de l'affaire croyaient en leur "découverte". Par ailleurs, certains autres laboratoires ont affirmé avoir reproduit certains de leurs résultats avant de se rétracter quand il est devenu plus clair qu'il n'y avait rien.
Et tout comme pour les rayons N il n'a pas fallu attendre longtemps pour que le scepticisme émerge et que les critiques pleuvent. Le scandale a divisé pendant un temps la communauté scientifique. Pons et Fleischmann étant des chimistes, certains chimistes les soutenaient tandis qu'une large part des physiciens refusaient catégoriquement d'y prêter attention. Leur Etat de l'Utah et leur université également les ont soutenu plus longtemps que raisonnable car plus attachés à leurs champions et à leur fierté. Cet élan "patriotique" rappelle encore une fois celui des scientifiques Français avec les rayons N.
Le bruit médiatique c'est autre chose, à notre époque évidemment il peut être énorme, surtout lorsqu'on promet quelque chose qui transformerait radicalement le monde : une source d'énergie propre et illimitée, un superconducteur à température ambiante,