En 2001, face à une crise majeure d'addictions, le Portugal dépénalisa l'usage et la possession de toutes les drogues. Plutôt que la prison, les usagers reçoivent un accompagnement médical, réduisant drastiquement les overdoses et le VIH. Vingt ans plus tard, le nombre de cas de VIH chez les consommateurs a été divisé par plus de dix, et le taux de mortalité par overdose est devenu l'un des plus faibles d'Europe.
Cette approche inédite est désormais citée en exemple mondial.

Commentaires préférés (3)
C'est juste du bon sens. Depuis plus de 100 ans on lutte contre la drogue sans AUCUN résultat, il serait temps de changer d'approche.
La dépénalisation de l'usage et de la possession (dans certaines limites, on pourrait résumer par "pour usage personnel") n'est qu'une mesure parmi d'autres pour lutter contre les ravages de la drogue. Cette politique inclue la proposition de traitement pour aller au sevrage (on traite l'addiction chimique). La réduction des risques liés à la consommation (on cherche à limiter les dommages liés à la consommation). La réinsertion sociale via notamment l'aide à l'embauche mais aussi essayer de faire changer la perception du publique. (on traite la perdition sociale). Et enfin la prévention (continuer à dire que la drogue c'est pas bien, évidemment, mais surtout admettre à l'échelle des autorités que la prise de drogue est souvent liée à des conditions socio économiques difficiles et agir en conséquence).
Pour les effets de la politique du portugal :
Suivant 2001 on a des décès liés aux drogues qui ont chutés. 1 personnes sur 2 souffrant d'addiction aux opioïdes est traitées. (1/5 aux USA). Conso d'héroIne est passée de 1 à 0,3%. Le passage des adulte ayant déjà consommé une drogue illicite est passée de 7,8% à 12,8%. Les overdoses sont en hausse depuis 2009 (peut être lié à la dégradation des conditions socio économiques)
Les conclusions :
Les chercheurs estiment que les investissements massifs dans les soins expliquent les bons résultats et non la dépénalisation ou du moins pas la dépénalisation seule. Cela est justifié par les dépénalisations en Oregon et Colombie Britannique qui ont été des échecs et qui partagent comme caractéristiques une absence d'évolution dans les soins.
Pour moi il y a deux aspects :
- la dépendance et les risques associés
- le trafic des stupéfiants et tous son florilège d'effets néfastes.
La dépénalisation + disponibilité (sur ordonnance ?) en pharmacie aide a traiter les deux aspects.
Pour moi, le comportement de nos gouvernements, en France en tout cas, est vraiment parfait pour aider et soutenir le narcotrafic : ghettoisation des cités, abandon d'un part de la population aux mains des trafiquants, hyperpenalisation qui polarise les comportements... Ils voudraient développer les mafias qu'ils ne s'y prendraient pas autrement.
D'ailleurs ce n'est peut-être pas un hasard si on trouve tant de "consommateurs" dans les médias, les cabinets ministériels etc...
Tous les commentaires (20)
C'est juste du bon sens. Depuis plus de 100 ans on lutte contre la drogue sans AUCUN résultat, il serait temps de changer d'approche.
C'est contre intuitif, ça me fait penser aux remises de peines qui réduisent la récidive. Dur de faire passer ces mesures à l'opinion publique (encore + quand cette opinion publique se rapproche de l'extrême droite il me semble).
Dommage qu'on ne prenne pas exemple.
La dépénalisation de l'usage et de la possession (dans certaines limites, on pourrait résumer par "pour usage personnel") n'est qu'une mesure parmi d'autres pour lutter contre les ravages de la drogue. Cette politique inclue la proposition de traitement pour aller au sevrage (on traite l'addiction chimique). La réduction des risques liés à la consommation (on cherche à limiter les dommages liés à la consommation). La réinsertion sociale via notamment l'aide à l'embauche mais aussi essayer de faire changer la perception du publique. (on traite la perdition sociale). Et enfin la prévention (continuer à dire que la drogue c'est pas bien, évidemment, mais surtout admettre à l'échelle des autorités que la prise de drogue est souvent liée à des conditions socio économiques difficiles et agir en conséquence).
Pour les effets de la politique du portugal :
Suivant 2001 on a des décès liés aux drogues qui ont chutés. 1 personnes sur 2 souffrant d'addiction aux opioïdes est traitées. (1/5 aux USA). Conso d'héroIne est passée de 1 à 0,3%. Le passage des adulte ayant déjà consommé une drogue illicite est passée de 7,8% à 12,8%. Les overdoses sont en hausse depuis 2009 (peut être lié à la dégradation des conditions socio économiques)
Les conclusions :
Les chercheurs estiment que les investissements massifs dans les soins expliquent les bons résultats et non la dépénalisation ou du moins pas la dépénalisation seule. Cela est justifié par les dépénalisations en Oregon et Colombie Britannique qui ont été des échecs et qui partagent comme caractéristiques une absence d'évolution dans les soins.
Faut voir que d'un point de vue électoral, certains ont tout à gagner à surtout ne pas suivre l'exemple portugais.
D'un côté, la majorité fait que la situation ne change jamais réellement, on garde une ligne répressive avec quelques opérations coup de poing qui servent plus à la com' qu'à réellement obtenir quoi que ce soit...
D'un autre côté, les quelques mesurettes progressistes qui passent quand même la rampe font un excellent bouc émissaire : si la situation ne change pas, c'est bien sûr à cause de ces concessions (mais oui bien sûr...).
Dans les régimes autoritaires, quand il n'y a plus d'opposition en état de faire passer quoi que ce soit, la manoeuvre devient un peu grossière mais dans une démocratie, les choses s'entretiennent d'elles-mêmes, pratique !
Pour moi il y a deux aspects :
- la dépendance et les risques associés
- le trafic des stupéfiants et tous son florilège d'effets néfastes.
La dépénalisation + disponibilité (sur ordonnance ?) en pharmacie aide a traiter les deux aspects.
Pour moi, le comportement de nos gouvernements, en France en tout cas, est vraiment parfait pour aider et soutenir le narcotrafic : ghettoisation des cités, abandon d'un part de la population aux mains des trafiquants, hyperpenalisation qui polarise les comportements... Ils voudraient développer les mafias qu'ils ne s'y prendraient pas autrement.
D'ailleurs ce n'est peut-être pas un hasard si on trouve tant de "consommateurs" dans les médias, les cabinets ministériels etc...
Il s'agit simplement de nuances juridiques, mais c'est exactement comme dans les autres pays. L'usager passe devant une commission qui peut amener à une amende etc. Par contre, je l'ai compris en lisant les commentaires, cela fait plaisir à ceux qui se veulent opposer à l'extrême droite (quelle est la définition de ce mot d'ailleurs ?). Parce que là ou il y a le moins de consommateurs, ça reste bien Singapour.
Et quand est il de l'aspect répressif ? Je pense à la conduite sous emprise par exemple ?
Et cela a-t-il fait baisser les traffics ?
Et on a déjà une dette de malade mais on va continuer à payer ?
Et qui sera charger de la vente? En Californie il y a une grande partie du cannabis vendu sous le mentez pour éviter les taxes.
Le problème est bien plus perçu comme étant le développement des réseaux criminels autours du commerce de la drogue ; Importation massive de drogue, marchés noirs diversifié ( armes notamment), crimes divers et développement important de la délinquance, guetto ( territoire hors des pouvoirs d'état) que l'addition ou le risque d'overdose des consommateurs.
Des mesures visant a légaliser la vente avec conseille voir proposition de suivi psychologique pour les consommateurs me paraîtrait nettement plus efficace.
Malheureusement le gouvernement ne semble effectivement pas apte à trouver la solution, et à tendance à abandonner ces territoires aux dealers.
Les mesures portugaises ne semble pas non plus avoir plus d'efficacité à ce niveau.
Après, vu le nombre de politiques de premier plan qui sont également consommateurs... Et qu'etrangement E. Philippe est maire du havre (plaque tournante des traffics) et Castaner a été nommé à la tête du port de Marseille (aussi plaque tournante), on peut penser à minima qu'ils sont parfaitement incompétents pour lutter contre le narcotrafic, ou qu'ils laissent faire ou qu'ils en profitent. Mais dans tous les cas, ce n'est pas très glorieux de la part de ses hommes qui prétendent diriger le pays...
Bon ok c'est volontairement dramatique et hollywoodesque mais le débat m'a fait pensé à cet extrait d'Ozark.
www.youtube.com/watch?v=45z7CEbPyhU
Les chiffres sont globalement exacts, mais le résumé est un peu trop rose et ça mérite quelques précisions.
D'abord, dépénalisation ne veut pas dire légalisation. Au Portugal, la possession reste une infraction administrative : la drogue est saisie, des amendes ou des travaux d'intérêt général restent possibles, et le trafic est toujours puni pénalement. Les usagers passent devant des commissions composées de juristes, de médecins et de travailleurs sociaux. Dans la grande majorité des cas, le dossier est simplement suspendu, et l'orientation vers un traitement n'est pas obligatoire. On est donc loin d'un « accompagnement médical » systématique.
Ensuite, la loi seule n'explique pas les résultats. Elle s'accompagnait d'un développement du traitement et de la réduction des risques (programmes de seringues, substitution), dans un contexte de renforcement de l'État social. Les cas de VIH liés à l'injection sont passés de plus de 1 200 par an en 2001 à une petite quinzaine en 2019, ce qui est spectaculaire. Mais le VIH a aussi reculé ailleurs en Europe, et la prévalence chez les usagers injecteurs reste parmi les plus élevées d'Europe de l'Ouest.
Même chose pour les overdoses : environ 6 décès par million d'habitants en 2019, contre près de 24 en moyenne dans l'UE, c'est vrai. Mais ces chiffres datent de 2019, les décès avaient déjà remonté après 2011, et des reportages plus récents évoquent une hausse des surdoses, notamment à Lisbonne. Ça reste à vérifier, mais ça montre que le tableau n'est pas figé.
Enfin, « approche inédite » est exagéré : le Portugal n'a pas été le premier à dépénaliser, et chez nous dans le royaume de Belgique, l'usage en soi n'est déjà pas un délit. Ce qui est original, c'est de traiter la question par la santé plutôt que par la justice. L'Oregon s'en est inspiré, puis a fait marche arrière en 2024, en partie faute de structures de soin suffisantes.
Donc oui, le Portugal est un exemple intéressant, mais ce qui a fonctionné, c'est le package dépénalisation + moyens de santé, pas juste arrêter de punir. Et la plupart des sources favorables viennent d'ONG militantes, à lire avec un peu de recul.
La comparaison avec les remises de peine et l’indulgence penale en général vis à vis des délinquants me semble inadéquate. En matière de consommation drogue il y a la victime (le drogué) et le criminel (les dealers). Ce qui a été testé par le Portugal vise à protéger les victimes pas les dealers.
Puisque tu parles de "bon sens", il y a aussi contraire des approches qui marchent a coup sûr, surtout celles extrement repressives (Russie, Philippines...).
Liberaliser est souvent un echec (Canada, Colombie britannique, pays bas...) et le Portugal une exception.
Changer d'approche ne veut pas dire faire n'importe quoi. Et laisser les gens sacrifier leur vie et leur famille pour éviter a la marge qu'ils attrapent le Sida est un calcul bizarre...
La différence fondamentale est que dans un pays répressif sur la toxicomanie, l'État se déresponsabilise du problème de la drogue et passe le plat aux consommateurs et trafiquants. C'est pratique, c'est facile, ça marche pas bien sur mais sous couvert de l'alibi que l'on fait tout ce que l'on peut. Si on contraire un état prend ses responsabilités et gère et encadre la consommation, les réseaux criminels périclitent et les overdoses diminuent drastiquement. C'est ce qu'on fait avec tout autres biens qui présentent des risques : tabac, alcool, armes à feu, produits chimiques, voitures, etc. .
Je vais vous paraître certainement décalé face à vos propositions mais je ne crois pas que la France ait les moyens de traiter tous les maux...et la population n'est pas prete a se mobiliser massivement. L'un de vous parlais pédophilie mais il y a beaucoup de trajectoires à corriger toutes aussi importantes les unes que les autres. Souffrances faites au femmes, drogue, prostitution, évasion fiscale qui prive de recettes pour lutter contre les autres fléaux, travail non déclaré, discrimination sociale...j'avoue que je serai bien mal de devoir choisir mes combats... qui plus est se rajoutent guerres économiques, climat...j'avoue que ça deviens compliqué pour mon petit cerveau! Certes c'est une attitude bien pessimiste j'en conviens qui ne propose pas de solution mais gamin j'ai vu les ravages de la drogue sur la jeunesse... je ne vois pas de meilleure solution que de traiter sévèrement ceux et celles qui font commerce de la drogue. En donnerait ils a leurs enfants? Peut être les cas médicaux sont ils acceptables mais c'est il me semble une façon indirecte de justifier l'usage de la vente de stupéfiants. Je ne crois pas non plus à la depenalisation, c'est une façade...les mafia vendent autant de la drogue que des femmes...c'est leur business et c'est de mon point de vue ces personnes qu'il faut contraindre à arrêter toutes leurs manigances...
Je suis comme toi... j'aimerais pouvoir fumer mon cannabis en paix dehors dans l'espace public dans un parc entouré d'enfants et de leur maman... mon bien être passe avant ceux des autres... non?
Quoi que... lorsque je sors dehors je sens que beaucoup de gens ne s'en privent déjà pas...
Le Portugal est justement un bon exemple pour montrer qu’une corrélation ne prouve pas forcément une causalité. Après la réforme de 2001, plusieurs indicateurs liés à la drogue se sont améliorés, donc on peut clairement observer une corrélation.
Mais ça ne permet pas de dire automatiquement que la décriminalisation est la cause directe de cette amélioration. En parallèle, le Portugal a aussi renforcé les soins, la prévention, la réduction des risques et l’accompagnement des personnes dépendantes.
Donc dire "ils ont décriminalisé et ensuite la situation s’est améliorée, donc la décriminalisation est responsable" est un raccourci. Pour parler réellement de causalité, il faudrait pouvoir isoler l’effet de la décriminalisation des autres changements qui ont eu lieu en même temps...
En complement, la drogue legale vient defaire l’actualité au travers du Prozac. On constate que les portugais ont une forte propension à consommer. J’ai lu ça aujourd’hui je vous le partage
D'après la Drees, la consommation d'antidépresseurs a été multipliée par 6,7 en France entre 1980 et 2001 mais reste stable depuis. L'OCDE affirme, elle, depuis une dizaine d'années, que la France ne fait plus partie des pays d'Europe qui en ingèrent le plus. Avec 63,5 doses ingérées par jour pour 1.000 habitants, elle reste loin des 168,3 doses des Islandais ou des 151,9 pour les Portugais.
Je vais me faire l'avocat du diable mais le seul critère à regarder pour moi est le prix à payer pour la société, pas les drogués. Il y a beaucoup d'honnêtes gens qui travaillent, paient des impôts et ne devraient pas avoir à payer pour les choix des autres.
Si ces mesures permettent de baisser leurs impôts alors oui c'est une bonne décision. Sinon il faut laisser tout le monde assumer ses choix.
Dangereux comme raisonnement car à ce compte là on arrête de soigner (où on fait payer les soins) pour les cancers liés au tabac et à l'alcool et au sucre vu que chacun doit assumer ses choix...