La Blietzkrieg, fruit de l'insubordination ?

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La célèbre "Blitzkrieg" ou guerre-éclair que l'on attribue aux Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale relève davantage du mythe que d'une doctrine stricte et formalisée. En effet, c'est l'insubordination et l'audace de plusieurs généraux allemands dont Rommel qui permit à l'Allemagne de prendre l'ascendant en 1940, en s'aventurant bien plus loin dans les lignes françaises que prévu.


Commentaires préférés (3)

Je pense que cette anecdotes vise spécifiquement le blitzkrigeg dans la bataille de France. La seconde source indique que la guerre éclaire utilisée en Pologne ne doit pas être suivi comme exemple pour la France... donc, il s'agit bien d'une stratégie qui a été utilisée.
Par ailleurs, la partie de la source wikipedia parlant de ce point, est considéré comme un possible travail inédit. Pas très fiable comme source.
Je pense qu'il y a là plusieurs confusions.

a écrit : Je pense que cette anecdotes vise spécifiquement le blitzkrigeg dans la bataille de France. La seconde source indique que la guerre éclaire utilisée en Pologne ne doit pas être suivi comme exemple pour la France... donc, il s'agit bien d'une stratégie qui a été utilisée.
Par ailleurs, la partie de la s
ource wikipedia parlant de ce point, est considéré comme un possible travail inédit. Pas très fiable comme source.
Je pense qu'il y a là plusieurs confusions.
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Un livre très intéressant sur le sujet est "Le mythe de la guerre-éclair: La campagne de l'Ouest de 1940" de l'historien allemand Karl-Heinz Frieser.

Pour la Pologne, c'est effectivement une invasion très rapide (1 mois et 5 jours) mais le pays est attaqué à la fois par les Soviétiques et les Allemands (avec le soutien de la Slovaquie) qui sont largement en surnombre (2x plus). Mais cela ne correspond pas à la définition de la Blitzkrieg dans le sens où ce n'est pas une guerre localisée avec un effort de pénétration en un point de la défense polonaise. Tout le pays est encerclé et attaqué en même temps.

Pour la campagne de France, c'est le chaos total dans les forces Allemandes. La traversée des Ardennes est compliquée et les forces en présence sont coincées dans des embouteillages. Guderian et Rommel désobéissent aux ordres et continuent leurs avancées alors que le reste des troupes ne suit pas. En faisant cela, ils s'exposent à des représailles alliés qui n'auront finalement pas lieu.

Ce que veut dire l'anecdote, c'est que le dogme d'une Blitzkrieg pensée, organisée et décisive décrite par l’État-major allemand avant guerre n'a jamais été une réalité. Par contre, dans les faits, dire que les Allemands ont réussi un tour de force (en infériorité numérique) en coordonnant plusieurs corps d'armée et notamment l'infanterie et les chars, en profitant du zèle de deux généraux, en ayant un peu de chance et en profitant de la passivité des Alliés est une réalité.

Pour l'anecdote : Hitler déclare en novembre 1941 "Je n'ai jamais utilisé le mot blitzkrieg à ce jour pour la bonne raison que c'est un mot complètement idiot."

Bonjour,
Pour une fois qu'on a une anecdote sur un sujet que je connaît bien je vais partager quelques informations qui peuvent éclairer le débat :
- Le terme de Blitz est apparu avec les bombardements de l'angleterre lors de la bataille d'angleterre.
- L'expression de Blitz Krieg est principalement une invention d'après guerre pour expliquer le concept
- Guderian est un semi imposteur et il ne faut pas lui donner plus de crédits que nécessaire, il n'a fait que reprendre les idées d'autrui et était au bon endroit pour les appliquer (fun fact - il était contre les chars à la base) et Rommel, même s'il n'était pas un Nazi extrême l'était quand même.
- Suite à l'opposition Est-Ouest d'après guerre, beaucoup de généraux Allemands ont été libérés (dont Guderian il me semble) pour contribuer à la défense de l'Ouest et partager leurs théories et expérience avec les Alliés de l'ouest
- En conséquence, il a fallu redorer aussi le blason de l'armée allemande, dont la supériorité pseudo établie date de cette époque, ils n'étaient pas les meilleurs en tout, loin de là et leur matériel "supérieur" ne commence à apparaître qu'en 1942-43.
- Les chars français surpassaient globalement les chars allemands en 1940, si ce n'est sur leur doctrine d'engagement et leurs télétransmissions inexistantes
- La bataille de France a été perdue pour 2 principales raisons ( et d'autres secondaires) : Très mauvais haut commandement Français (et très mauvaise coordination avec les anglais), peu réactif, mal informé, et le fait que les allemands avaient obtenu une partie du plan alliés d'occupation de la belgique.
- Ce que l'on appelle vulgairement blitzkrieg est en réalité un joli mot pour parler des armes combinées comprenant l'aviation, les divisions blindées/méchanisées et l'infanterie. Le tout combiné avec un swcherk punch (je ne sais plus comment l'écrire, désolée) qui correspond à un point déterminé du front sur lequel TOUT l'effort doit être porté pour percer avec une suprématie aérienne puis exploitation par les divisions méchanisées, consolidation du front par l'infanterie. A savoir que les plus grands penseurs des années 20 et 30 sur les armes combinées étaient.. Français !
En conclusion, l'audace, la tactique et la chance avec des renseignements de qualité ont beaucoup plus contribué au succès allemand que le reste. Et la recherche permanente de "Bataille décisive" de l'Allemagne les a mené à leur perte en URSS. On pourrait en parler des heures mais je voulais juste transmettre ces quelques pistes :) (si vous aimez ce sujet, le magazine Bataille et blindés est une excellente source d'information.)


Tous les commentaires (22)

Heinz Guderian était pas mal dans son genre et a donné quelques sueurs froide à la logistique
Il allait toujours plus en avant et trop vite, la propagande s'occupait du reste
Il est arrivé essoufflé à l'approche de Moscou et s'est fait rejeté

Je pense que cette anecdotes vise spécifiquement le blitzkrigeg dans la bataille de France. La seconde source indique que la guerre éclaire utilisée en Pologne ne doit pas être suivi comme exemple pour la France... donc, il s'agit bien d'une stratégie qui a été utilisée.
Par ailleurs, la partie de la source wikipedia parlant de ce point, est considéré comme un possible travail inédit. Pas très fiable comme source.
Je pense qu'il y a là plusieurs confusions.

a écrit : Je pense que cette anecdotes vise spécifiquement le blitzkrigeg dans la bataille de France. La seconde source indique que la guerre éclaire utilisée en Pologne ne doit pas être suivi comme exemple pour la France... donc, il s'agit bien d'une stratégie qui a été utilisée.
Par ailleurs, la partie de la s
ource wikipedia parlant de ce point, est considéré comme un possible travail inédit. Pas très fiable comme source.
Je pense qu'il y a là plusieurs confusions.
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Un livre très intéressant sur le sujet est "Le mythe de la guerre-éclair: La campagne de l'Ouest de 1940" de l'historien allemand Karl-Heinz Frieser.

Pour la Pologne, c'est effectivement une invasion très rapide (1 mois et 5 jours) mais le pays est attaqué à la fois par les Soviétiques et les Allemands (avec le soutien de la Slovaquie) qui sont largement en surnombre (2x plus). Mais cela ne correspond pas à la définition de la Blitzkrieg dans le sens où ce n'est pas une guerre localisée avec un effort de pénétration en un point de la défense polonaise. Tout le pays est encerclé et attaqué en même temps.

Pour la campagne de France, c'est le chaos total dans les forces Allemandes. La traversée des Ardennes est compliquée et les forces en présence sont coincées dans des embouteillages. Guderian et Rommel désobéissent aux ordres et continuent leurs avancées alors que le reste des troupes ne suit pas. En faisant cela, ils s'exposent à des représailles alliés qui n'auront finalement pas lieu.

Ce que veut dire l'anecdote, c'est que le dogme d'une Blitzkrieg pensée, organisée et décisive décrite par l’État-major allemand avant guerre n'a jamais été une réalité. Par contre, dans les faits, dire que les Allemands ont réussi un tour de force (en infériorité numérique) en coordonnant plusieurs corps d'armée et notamment l'infanterie et les chars, en profitant du zèle de deux généraux, en ayant un peu de chance et en profitant de la passivité des Alliés est une réalité.

Pour l'anecdote : Hitler déclare en novembre 1941 "Je n'ai jamais utilisé le mot blitzkrieg à ce jour pour la bonne raison que c'est un mot complètement idiot."

a écrit : Un livre très intéressant sur le sujet est "Le mythe de la guerre-éclair: La campagne de l'Ouest de 1940" de l'historien allemand Karl-Heinz Frieser.

Pour la Pologne, c'est effectivement une invasion très rapide (1 mois et 5 jours) mais le pays est attaqué à la fois par les Soviét
iques et les Allemands (avec le soutien de la Slovaquie) qui sont largement en surnombre (2x plus). Mais cela ne correspond pas à la définition de la Blitzkrieg dans le sens où ce n'est pas une guerre localisée avec un effort de pénétration en un point de la défense polonaise. Tout le pays est encerclé et attaqué en même temps.

Pour la campagne de France, c'est le chaos total dans les forces Allemandes. La traversée des Ardennes est compliquée et les forces en présence sont coincées dans des embouteillages. Guderian et Rommel désobéissent aux ordres et continuent leurs avancées alors que le reste des troupes ne suit pas. En faisant cela, ils s'exposent à des représailles alliés qui n'auront finalement pas lieu.

Ce que veut dire l'anecdote, c'est que le dogme d'une Blitzkrieg pensée, organisée et décisive décrite par l’État-major allemand avant guerre n'a jamais été une réalité. Par contre, dans les faits, dire que les Allemands ont réussi un tour de force (en infériorité numérique) en coordonnant plusieurs corps d'armée et notamment l'infanterie et les chars, en profitant du zèle de deux généraux, en ayant un peu de chance et en profitant de la passivité des Alliés est une réalité.

Pour l'anecdote : Hitler déclare en novembre 1941 "Je n'ai jamais utilisé le mot blitzkrieg à ce jour pour la bonne raison que c'est un mot complètement idiot."
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Bravo le point Godwin. Bravo.

Edit : C'est ironique pour ceux qui vont me sauter dessus.

a écrit : Un livre très intéressant sur le sujet est "Le mythe de la guerre-éclair: La campagne de l'Ouest de 1940" de l'historien allemand Karl-Heinz Frieser.

Pour la Pologne, c'est effectivement une invasion très rapide (1 mois et 5 jours) mais le pays est attaqué à la fois par les Soviét
iques et les Allemands (avec le soutien de la Slovaquie) qui sont largement en surnombre (2x plus). Mais cela ne correspond pas à la définition de la Blitzkrieg dans le sens où ce n'est pas une guerre localisée avec un effort de pénétration en un point de la défense polonaise. Tout le pays est encerclé et attaqué en même temps.

Pour la campagne de France, c'est le chaos total dans les forces Allemandes. La traversée des Ardennes est compliquée et les forces en présence sont coincées dans des embouteillages. Guderian et Rommel désobéissent aux ordres et continuent leurs avancées alors que le reste des troupes ne suit pas. En faisant cela, ils s'exposent à des représailles alliés qui n'auront finalement pas lieu.

Ce que veut dire l'anecdote, c'est que le dogme d'une Blitzkrieg pensée, organisée et décisive décrite par l’État-major allemand avant guerre n'a jamais été une réalité. Par contre, dans les faits, dire que les Allemands ont réussi un tour de force (en infériorité numérique) en coordonnant plusieurs corps d'armée et notamment l'infanterie et les chars, en profitant du zèle de deux généraux, en ayant un peu de chance et en profitant de la passivité des Alliés est une réalité.

Pour l'anecdote : Hitler déclare en novembre 1941 "Je n'ai jamais utilisé le mot blitzkrieg à ce jour pour la bonne raison que c'est un mot complètement idiot."
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Ca mérite d'être développé.
Franchement, c'est un sujet super intéressant, mais ces informations ici vont tout de même à l'encontre de tout ce que j'ai entendu depuis... ben toujours (et je ne pense pas être le seul). Je veux dire, à première vu, il semble y avoir consensus à propos du BK (j'abrège). Mais il est vrais que je n'ai jamais fait de recherches actives pour savoir si il s'agit de fumisterie.
Cela étant dit, le fait d'exposer ses flancs ou avoir quelque autres faiblesse, comme la logistique qui ne parvient pas à suivre, est inhérent au blitzkrieg : d'ailleurs, aucun plan ou aucune stratégie n'est parfaite, sans défauts et sans risque. Ce sont toujours des compromis (au mieux, sinon, pire).
J'ai bien peur de n'avoir pas le temps de faire des recherches plus loin.
L'article wikipedia sur K-H. F. est bref et intéressant. (Et va d'ailleurs plus dans le sens de l'anecdote que l'article sur le BK).
C'est assez incroyable, quand même, car cela en viendrais presque à penser que ce BK tiens autant du mythe que le fameux "coup de couteau dans le dos" pour justifier la défaite allemande de la 1ère G.M. (j'ai lu à ce sujet hier soir).
Et donc, pour les mêmes raisons (justifier une défaite).
Je pense que vous avez fait de nombreuses recherches à ce sujet, vous semblez bien informé. Avez-vous trouvé des débats ou études contradictoires ?

a écrit : Ca mérite d'être développé.
Franchement, c'est un sujet super intéressant, mais ces informations ici vont tout de même à l'encontre de tout ce que j'ai entendu depuis... ben toujours (et je ne pense pas être le seul). Je veux dire, à première vu, il semble y avoir consensus à propos du BK (j
'abrège). Mais il est vrais que je n'ai jamais fait de recherches actives pour savoir si il s'agit de fumisterie.
Cela étant dit, le fait d'exposer ses flancs ou avoir quelque autres faiblesse, comme la logistique qui ne parvient pas à suivre, est inhérent au blitzkrieg : d'ailleurs, aucun plan ou aucune stratégie n'est parfaite, sans défauts et sans risque. Ce sont toujours des compromis (au mieux, sinon, pire).
J'ai bien peur de n'avoir pas le temps de faire des recherches plus loin.
L'article wikipedia sur K-H. F. est bref et intéressant. (Et va d'ailleurs plus dans le sens de l'anecdote que l'article sur le BK).
C'est assez incroyable, quand même, car cela en viendrais presque à penser que ce BK tiens autant du mythe que le fameux "coup de couteau dans le dos" pour justifier la défaite allemande de la 1ère G.M. (j'ai lu à ce sujet hier soir).
Et donc, pour les mêmes raisons (justifier une défaite).
Je pense que vous avez fait de nombreuses recherches à ce sujet, vous semblez bien informé. Avez-vous trouvé des débats ou études contradictoires ?
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Tybs vise très juste et si tu veux plus d'informations sur ce sujet lis le livre qu'il te recommande.
Sinon, si tu veux trouver d'autres informations et ouvrages dessus tu peux regarder la chaine YouTube "Sur le champ" (et ses sources) qui te montrera également que la stratégie d'offensive à outrance de l'armée française n'a jamais eu lieu et que c'était une tout autre stratégie qui était en place en 1914, que les pantalons rouges n'ont pas eu l'impact qu'on leur donne ou encore que les Allemands ont autant galéré que les Français en 14 .

a écrit : Ca mérite d'être développé.
Franchement, c'est un sujet super intéressant, mais ces informations ici vont tout de même à l'encontre de tout ce que j'ai entendu depuis... ben toujours (et je ne pense pas être le seul). Je veux dire, à première vu, il semble y avoir consensus à propos du BK (j
'abrège). Mais il est vrais que je n'ai jamais fait de recherches actives pour savoir si il s'agit de fumisterie.
Cela étant dit, le fait d'exposer ses flancs ou avoir quelque autres faiblesse, comme la logistique qui ne parvient pas à suivre, est inhérent au blitzkrieg : d'ailleurs, aucun plan ou aucune stratégie n'est parfaite, sans défauts et sans risque. Ce sont toujours des compromis (au mieux, sinon, pire).
J'ai bien peur de n'avoir pas le temps de faire des recherches plus loin.
L'article wikipedia sur K-H. F. est bref et intéressant. (Et va d'ailleurs plus dans le sens de l'anecdote que l'article sur le BK).
C'est assez incroyable, quand même, car cela en viendrais presque à penser que ce BK tiens autant du mythe que le fameux "coup de couteau dans le dos" pour justifier la défaite allemande de la 1ère G.M. (j'ai lu à ce sujet hier soir).
Et donc, pour les mêmes raisons (justifier une défaite).
Je pense que vous avez fait de nombreuses recherches à ce sujet, vous semblez bien informé. Avez-vous trouvé des débats ou études contradictoires ?
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En réalité, je n'ai jamais trouvé d'études contradictoires où le débat était correctement posé.
Avec cette anecdote, je ne veux absolument pas nier la supériorité allemande dans la campagne de 40 (sinon ils n'auraient pas gagné aussi vite et eux-mêmes en étaient les premiers étonnés).

J'ai surtout l'impression qu'il existe un consensus sur le sujet depuis 70 ans avec des choses que l'on apprend aux enfants sans jamais les remettre en question et pourtant pas mal de "vérités" sur les deux guerres mondiales n'en sont pas (comme le cite Raspa avec des exemples).

C'est un avis très personnel mais j'ai l'impression qu'il a été plus simple d'affirmer haut et fort après la campagne de 40 que les Allemands étaient extrêmement bien organisés, avaient un plan de bataille structuré et imparable et que la défaite étaient inévitable. Affirmer cela est bien plus facile que de remettre en question la passivité totale de l'armée française, l'inutilité de la ligne Maginot, les mauvaises décisions de la drôle de guerre (bien que justifié d'une certaine manière) et l'absence quasi totale de contre-attaque à certains moments clés.

Pour finir, je ne suis pas historien donc je peux également me tromper sur certaines interprétations et j'accepterais volontiers des corrections ou des précisions.

en faisant une rapide recherche, le terme "blitzkrieg" est visiblement une déformation de langage, probablement venant des alliés.

Blitz désignant la campagne de bombardement allemande sur l'Angleterre (opération "éclair" devant permettre un débarquement qui n'a jamais eu lieu suite à la défense farouche de la R.A.F et liée à la confusion du premier bombardement accidentel civil de Londres qui... enfin vous connaissez l'histoire)
Krieg, où guerre, est un terme spécifique, la Krieg marine (marine de guerre par ex)

En tout cas JMCMB

a écrit : En réalité, je n'ai jamais trouvé d'études contradictoires où le débat était correctement posé.
Avec cette anecdote, je ne veux absolument pas nier la supériorité allemande dans la campagne de 40 (sinon ils n'auraient pas gagné aussi vite et eux-mêmes en étaient les premiers étonnés).

> J'ai surtout l'impression qu'il existe un consensus sur le sujet depuis 70 ans avec des choses que l'on apprend aux enfants sans jamais les remettre en question et pourtant pas mal de "vérités" sur les deux guerres mondiales n'en sont pas (comme le cite Raspa avec des exemples).

C'est un avis très personnel mais j'ai l'impression qu'il a été plus simple d'affirmer haut et fort après la campagne de 40 que les Allemands étaient extrêmement bien organisés, avaient un plan de bataille structuré et imparable et que la défaite étaient inévitable. Affirmer cela est bien plus facile que de remettre en question la passivité totale de l'armée française, l'inutilité de la ligne Maginot, les mauvaises décisions de la drôle de guerre (bien que justifié d'une certaine manière) et l'absence quasi totale de contre-attaque à certains moments clés.

Pour finir, je ne suis pas historien donc je peux également me tromper sur certaines interprétations et j'accepterais volontiers des corrections ou des précisions.
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C'est tout de même plus classe de dire : "Les alliées ont perdu le début de la guerre à cause d'une stratégie allemande implacable et inarrêtable" que "On a perdu parce que on a été passif et que nos généraux ne comprenaient rien" ;)

Sans être historien, l'anecdote est tout à fait vraisemblable car elle s'inscrit dans le sens des "découvertes" et travaux des historiens militaires.

a écrit : en faisant une rapide recherche, le terme "blitzkrieg" est visiblement une déformation de langage, probablement venant des alliés.

Blitz désignant la campagne de bombardement allemande sur l'Angleterre (opération "éclair" devant permettre un débarquement qui n'a jamais eu lieu
suite à la défense farouche de la R.A.F et liée à la confusion du premier bombardement accidentel civil de Londres qui... enfin vous connaissez l'histoire)
Krieg, où guerre, est un terme spécifique, la Krieg marine (marine de guerre par ex)

En tout cas JMCMB
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Je parle alsacien et passablement allemand. Blitz = éclaire : oui. Krieg = guerre : oui.
Je veux dire, il n'y a aucune confusion possible sur ce mot-valise (qui est normal en allemand).
Voulez-vous dire que Blitzkrieg aurait été un agglutiné à partir de 2 mots séparés, uniquement par les alliés et qu'il n'auraient jamais existé ensemble en Allemagne ?
Cela entre en contradiction avec des passages dans les liens des sources.
Je ne comprends pas trop ce que vous vouliez dire.

a écrit : En réalité, je n'ai jamais trouvé d'études contradictoires où le débat était correctement posé.
Avec cette anecdote, je ne veux absolument pas nier la supériorité allemande dans la campagne de 40 (sinon ils n'auraient pas gagné aussi vite et eux-mêmes en étaient les premiers étonnés).

> J'ai surtout l'impression qu'il existe un consensus sur le sujet depuis 70 ans avec des choses que l'on apprend aux enfants sans jamais les remettre en question et pourtant pas mal de "vérités" sur les deux guerres mondiales n'en sont pas (comme le cite Raspa avec des exemples).

C'est un avis très personnel mais j'ai l'impression qu'il a été plus simple d'affirmer haut et fort après la campagne de 40 que les Allemands étaient extrêmement bien organisés, avaient un plan de bataille structuré et imparable et que la défaite étaient inévitable. Affirmer cela est bien plus facile que de remettre en question la passivité totale de l'armée française, l'inutilité de la ligne Maginot, les mauvaises décisions de la drôle de guerre (bien que justifié d'une certaine manière) et l'absence quasi totale de contre-attaque à certains moments clés.

Pour finir, je ne suis pas historien donc je peux également me tromper sur certaines interprétations et j'accepterais volontiers des corrections ou des précisions.
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Je pense que tout ça mérite débat.
A mon humble avis, car je ne m'y connais pas trop. Et je ne veux rien prétendre.
Mais je tombe quand même un peu des nues.
Je ne suis pas entrain de dire non plus que la suprématie militaire du III Reiche était suprême (elle ne l'était pas, ils ont perdus) que l'armée française n'aurait pas pu gagner avec une meilleure tactique, voir stratégie... (il aurait fallut intervenir bien plus tôt, mais cela est de la géopolitique, pas de la guerre.. ), que H n'as pas fait de graves erreurs (finalement, ceux qui perdent en ont bien souvent fait). que c'était joué d'avance... en d'autres termes, que tout et noir ou blanc et qu'il n'y a rien entre.
Et nous savons tous que l'historie est écrite par les vainqueurs (enfin, du moins chez eux... renvoie vers le "coup de couteau dans le dos").
Mais les infos sur le BG "me semblent" tellement rependu et acceptés, que j'ai du mal à croire que c'est de la fumée.
Bien sur, à chacun sa spécialité, et les spécialiste de divers domaines savent bien à quel points les non initiées font mésusages de termes spécifiques... dans le meilleurs des cas.

a écrit : Je parle alsacien et passablement allemand. Blitz = éclaire : oui. Krieg = guerre : oui.
Je veux dire, il n'y a aucune confusion possible sur ce mot-valise (qui est normal en allemand).
Voulez-vous dire que Blitzkrieg aurait été un agglutiné à partir de 2 mots séparés, uniquement par les alliés et qu
'il n'auraient jamais existé ensemble en Allemagne ?
Cela entre en contradiction avec des passages dans les liens des sources.
Je ne comprends pas trop ce que vous vouliez dire.
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j'ai dit "probablement par les alliés (opération de guerre, nom de code "éclair")

Après maintenant le terme Blitzkrieg est passé dans le langage, mais il vient d'une confusion, ce que montre l'anecdote, d'ailleurs.
Si même Hitler a dit que c'est un mot idiot...

Je ne fais que supposer hein mais ca me parait fort plausible.

Ca aurait pu être "Kartoffelkrieg" (opération Patate...^^)

a écrit : Je pense que tout ça mérite débat.
A mon humble avis, car je ne m'y connais pas trop. Et je ne veux rien prétendre.
Mais je tombe quand même un peu des nues.
Je ne suis pas entrain de dire non plus que la suprématie militaire du III Reiche était suprême (elle ne l'était pas, ils ont perd
us) que l'armée française n'aurait pas pu gagner avec une meilleure tactique, voir stratégie... (il aurait fallut intervenir bien plus tôt, mais cela est de la géopolitique, pas de la guerre.. ), que H n'as pas fait de graves erreurs (finalement, ceux qui perdent en ont bien souvent fait). que c'était joué d'avance... en d'autres termes, que tout et noir ou blanc et qu'il n'y a rien entre.
Et nous savons tous que l'historie est écrite par les vainqueurs (enfin, du moins chez eux... renvoie vers le "coup de couteau dans le dos").
Mais les infos sur le BG "me semblent" tellement rependu et acceptés, que j'ai du mal à croire que c'est de la fumée.
Bien sur, à chacun sa spécialité, et les spécialiste de divers domaines savent bien à quel points les non initiées font mésusages de termes spécifiques... dans le meilleurs des cas.
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Un autre ouvrage potentiellement intéressant "La wehrmacht la fin d'un mythe" qui regroupe plusieurs historiens sous la direction de Jean Lopez. L'ouvrage est résumé ici :
clio-cr.clionautes.org/la-wehrmacht-la-fin-dun-mythe.html

Un autre en anglais :
books.google.lu/books/about/The_Blitzkrieg_Legend.html?id=GTw4AAAAQBAJ&printsec=frontcover&source=kp_read_button%23v%3Donepage&q=&redir_esc=y#v=onepage&q&f=false

En remettant les faits dans le contexte de l'époque, l'on comprend pourquoi, dans le cas des offensives de 1939 et 1940, une Guerre éclair était la seule option possible.

Rebobinons le temps.
À la fin de l'année 1938, l'Etat Allemand est techniquement en faillite: il ne peut plus payer sa dette publique ni trouver d'autres sources internes de financement via l'impôt.
Hitler décide donc d'aller à la guerre, avec la Pologne comme premier objectif...afin de refinancer l'Etat. Il n'y a aucun hasard que la Pologne, la France et le Royaume-Uni étaient les trois principaux États visés par l'Allemagne Nazie: c'étaient les trois où Hitler pouvait trouver les plus grandes sources de revenus financiers, afin de renflouer les caisses de l'État.
Il obtient un prêt-relais de 2 milliards de Reichmarks, de la part des banques Allemandes, pour financer sa première campagne militaire (Pologne), contre un pays qui, au travers des richesses obtenues, (requisitions, vols, tribut ) va lui permettre de rembourser ET ce prêt-relais ET la future Campagne de France.

Tout ceci pour expliquer le pourquoi du comment d'une Guerre Éclair.
Les batailles, tant en Pologne comme ultérieurement contre le Danemark et la Norvège, puis contre les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg et enfin la France, devaient être courtes, avec un maximum d'efficacité... Afin que les dépenses militaires Allemandes soient financièrement les plus basses possibles et génèrent un large bénéfice net durant les offensives et les périodes d'Occupation de ces États.
Il en allait de la survie même du Pouvoir Nazi, car il reposait (du moins jusqu'à la fin 1941- début 1942) sur le Populisme.

À toute fin, rappeler que le Plan jaune Allemand était d'une redoutable ingéniosité en plusieurs actes, qui leur a magnifiquement fonctionné : mainmise sur la France riche (zone occupée) et prise de contrôle de toutes les côtes Atlantiques, afin de s'assurer un Front Occidental dissuadant jusqu'aux États-Unis d'intervenir.

a écrit : En réalité, je n'ai jamais trouvé d'études contradictoires où le débat était correctement posé.
Avec cette anecdote, je ne veux absolument pas nier la supériorité allemande dans la campagne de 40 (sinon ils n'auraient pas gagné aussi vite et eux-mêmes en étaient les premiers étonnés).

> J'ai surtout l'impression qu'il existe un consensus sur le sujet depuis 70 ans avec des choses que l'on apprend aux enfants sans jamais les remettre en question et pourtant pas mal de "vérités" sur les deux guerres mondiales n'en sont pas (comme le cite Raspa avec des exemples).

C'est un avis très personnel mais j'ai l'impression qu'il a été plus simple d'affirmer haut et fort après la campagne de 40 que les Allemands étaient extrêmement bien organisés, avaient un plan de bataille structuré et imparable et que la défaite étaient inévitable. Affirmer cela est bien plus facile que de remettre en question la passivité totale de l'armée française, l'inutilité de la ligne Maginot, les mauvaises décisions de la drôle de guerre (bien que justifié d'une certaine manière) et l'absence quasi totale de contre-attaque à certains moments clés.

Pour finir, je ne suis pas historien donc je peux également me tromper sur certaines interprétations et j'accepterais volontiers des corrections ou des précisions.
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Hello, j'aimerais rebondir et apporter quelques détails à ton commentaire (qui est comme toujours très intéressant).
En effet, le plan allemand de passer par les Ardennes (refusé par l'état major à la base mais que H a imposé) était extrêmement risqué. Il a réussit en partie grâce aux officiers allemands sur le terrain comme Romel, à leur doctrine qui combinait les forces (attaquer avec des tanks, de l'infanterie, de l'artillerie et de l'aviation en même temps à un endroit) mais aussi à cause des mauvaises décisions Alliées.
Ce nouveau plan avait très bien anticipé la ruée des meilleurs troupes françaises et anglaises vers la Belgique et les Pays-Bas pour arrêter les allemands là-bas et ainsi éviter les combats en France. Ce qui laissait du coup derrière des troupes moins entraînées et moins bien équipées et de la place à une percée par les Ardennes coupant la retraite et encerclant l'élite à Dunkerque (j'abrege un peu)

A plusieurs reprises l'offensive allemande aurait put être arrêtée mais l'organisation alliée (et en particulier française) était obsolète et pas du tout a la hauteur de la vitesse allemande. Par exemple, les embouteillages de tanks avant les Ardennes ont été repérés et auraient pu être bombardé puis les tanks trop avancés allemands auraient pu être coupés de ravitaillement détruisant ainsi le fer de lance; mais avec des si ...

On ne peut pas dire que la ligne Maginot a été inutile puisqu'elle a parfaitement remplie son rôle : les allemands ne l'ont pas traversée (même s'ils on un peu essayé sans succès), elle a simplement été contournée.

Petit hors sujet concernant la campagne contre l'URSS qui a suivit, on a aujourd'hui tendance à minimiser l'importance qu'à joué ce pays dans la victoire contre les Nazis au profit du débarquement américain (dû en partie au soft power Hollywoodien et a la guerre froide qui a suivi). De plus dans l'imaginaire collectif, s'ils ont arrêté H c'est à cause du froid et parce qu'ils étaient beaucoup, pas parce qu'ils étaient meilleurs. Bien que ces éléments soient vrais, cette vision est biaisé parce qu'elle a été écrite pas des Allemands pour les américains et qu'on a pas vraiment eu accès aux archives soviétiques. Ainsi, ces généraux (dont la valeur dépendait de leur aptitude à contrer l'URSS) ont pu écrire tranquillement leur vision de la guerre sans opposition ni contre arguments.

Enfin je ne peux que recommander le groupe TimeGhost Army qui fait un travail remarquable en retraçant en temps en réel le déroulé de la 2GM en sortant une vidéo par semaine. Ils sont actuellement en août 1942 et a cette date cela commence enfin à sentir bon pour les Alliés après 3 ans de dominations du 3eme Reich. Leurs vidéos sont en anglais sur youtube mais il y a des sous titres.

De la vient le blitz, partie rapide aux echecs

Bonjour,
Pour une fois qu'on a une anecdote sur un sujet que je connaît bien je vais partager quelques informations qui peuvent éclairer le débat :
- Le terme de Blitz est apparu avec les bombardements de l'angleterre lors de la bataille d'angleterre.
- L'expression de Blitz Krieg est principalement une invention d'après guerre pour expliquer le concept
- Guderian est un semi imposteur et il ne faut pas lui donner plus de crédits que nécessaire, il n'a fait que reprendre les idées d'autrui et était au bon endroit pour les appliquer (fun fact - il était contre les chars à la base) et Rommel, même s'il n'était pas un Nazi extrême l'était quand même.
- Suite à l'opposition Est-Ouest d'après guerre, beaucoup de généraux Allemands ont été libérés (dont Guderian il me semble) pour contribuer à la défense de l'Ouest et partager leurs théories et expérience avec les Alliés de l'ouest
- En conséquence, il a fallu redorer aussi le blason de l'armée allemande, dont la supériorité pseudo établie date de cette époque, ils n'étaient pas les meilleurs en tout, loin de là et leur matériel "supérieur" ne commence à apparaître qu'en 1942-43.
- Les chars français surpassaient globalement les chars allemands en 1940, si ce n'est sur leur doctrine d'engagement et leurs télétransmissions inexistantes
- La bataille de France a été perdue pour 2 principales raisons ( et d'autres secondaires) : Très mauvais haut commandement Français (et très mauvaise coordination avec les anglais), peu réactif, mal informé, et le fait que les allemands avaient obtenu une partie du plan alliés d'occupation de la belgique.
- Ce que l'on appelle vulgairement blitzkrieg est en réalité un joli mot pour parler des armes combinées comprenant l'aviation, les divisions blindées/méchanisées et l'infanterie. Le tout combiné avec un swcherk punch (je ne sais plus comment l'écrire, désolée) qui correspond à un point déterminé du front sur lequel TOUT l'effort doit être porté pour percer avec une suprématie aérienne puis exploitation par les divisions méchanisées, consolidation du front par l'infanterie. A savoir que les plus grands penseurs des années 20 et 30 sur les armes combinées étaient.. Français !
En conclusion, l'audace, la tactique et la chance avec des renseignements de qualité ont beaucoup plus contribué au succès allemand que le reste. Et la recherche permanente de "Bataille décisive" de l'Allemagne les a mené à leur perte en URSS. On pourrait en parler des heures mais je voulais juste transmettre ces quelques pistes :) (si vous aimez ce sujet, le magazine Bataille et blindés est une excellente source d'information.)

Je crois que l'idée de l'anecdote n'est pas de dire qu'il n'y a pas eu de blitzkrieg mais simplement de dire que le terme et la théorie s'est faite a posteriori.
La blitzkrieg, dans le sens la percée allemande en France menant à l'armistice en quelques semaines, s'est faite sur le tas par combinaison de plusieurs facteurs sans être pensée a priori. Ce n'est qu'après qu'on a théorisé cette percée rapide en regroupant la résultante de ces divers facteurs sous le terme blitzkrieg.

Un ouvrage intéressant sur l'usage de produits stupéfiants par le régime nazie qui explique en partie cette période de l'histoire :

L'extase totale: Le IIIe Reich, les Allemands et la drogue
Livre de Norman Ohler

En résumé les allemands et son Führer était sous influence pharmacologique ...