Les tirages de loterie peuvent défier les statistiques

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Bien que cela paraisse statistiquement improbable, un même tirage de loterie peut parfois se répéter à très court intervalle : c’est notamment arrivé en 2010 en Israël, où la même combinaison de six numéros a été tirée à trois semaines d’intervalle, et en Bulgarie en 2009, à quatre jours d’intervalle !


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Il faut tout de même faire attention au biais de l'effet râteau.

En effet, à chaque tirage, toutes les combinaisons ont autant de chance de tomber, peu importe les tirages précédents, vu que ce sont des tirages indépendants. P(A) = P(A|B)

Le titre est trompeur. Les statistiques montrent qu’à l’échelle d’une loterie nationale observée sur un grand nombre de tirages, la répétition d’une même combinaison n’a rien d’exceptionnel. Ce qui serait en revanche suspect, du point de vue statistique, serait une loterie qui ne répéterait jamais ses tirages, signe probable d’une intervention humaine cherchant à éviter certains motifs. De la même manière, quand on regarde une série de 0 et 1, une manière simple de savoir si elle est bien liée au hasard est de regarder s'il arrive d'avoir 10 ou 15 fois de suite un 1 ou un 0. Si un humain devait réaliser cette suite, il ne le ferait pas instinctivement.

Il convient aussi de distinguer deux notions souvent confondues : la probabilité de sortie d’une combinaison, qui est strictement identique pour une lotterie pour toutes les combinaisons possibles, et la stratégie de gain, qui ne vise pas à augmenter cette probabilité (ce qui est impossible), mais à maximiser le gain espéré en cas de tirage gagnant.

D’un point de vue mathématique, la « meilleure » stratégie à la loterie consiste donc à choisir des combinaisons peu jouées par les autres participants, afin de limiter le partage du gain entre plusieurs gagnants. Cela conduit paradoxalement à privilégier des choix perçus comme improbables, artificiels ou « peu naturels », par exemple :
- des nombres majoritairement supérieurs à 31, afin d’éviter les dates de naissance
- des suites simples et très structurées comme 1-2-3-4-5-6
- des motifs réguliers (multiples d’un même nombre 7-14-28-35-42)
- des combinaisons très proche dans une même dizaine (41-42-45-47-49)

Aucune de ces combinaisons n’a plus de chances de sortir qu’une autre. Leur seul intérêt est de réduire la probabilité de partager le gain si elles venaient à être tirées, en exploitant les biais de sélection des autres joueurs.

Et dire que cela ne s’est sûrement jamais produit lorsque vous avez mélangé votre jeu de 52cartes depuis sa création et sûrement pour encore des milliards d’années..

La probabilité d’avoir obtenu deux mélanges identiques et de l’ordre de 1 sur 8.0658x10^67

À raison d’un mélange différent par seconde, il faudrait environ 10⁵⁰ fois l’âge de l’univers pour obtenir toutes les combinaisons (et bien sûr que toutes les combinaisons soient différentes !)


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Il faut tout de même faire attention au biais de l'effet râteau.

En effet, à chaque tirage, toutes les combinaisons ont autant de chance de tomber, peu importe les tirages précédents, vu que ce sont des tirages indépendants. P(A) = P(A|B)

a écrit : Il faut tout de même faire attention au biais de l'effet râteau.

En effet, à chaque tirage, toutes les combinaisons ont autant de chance de tomber, peu importe les tirages précédents, vu que ce sont des tirages indépendants. P(A) = P(A|B)
Exactement. A relier au sophisme du joueur, qui consiste à dire que si un résultat peu probable est obtenu un grand nombre de fois, les tirages suivants vont probablement compenser cette déviation et donner de nombreuses fois le résultat opposé.
L'effet rateau est décrit ici : fr.wikipedia.org/wiki/Effet_r%C3%A2teau et je vous invite à lire le tableau tout en bas qui liste les biais cognitifs.

Pour revenir à l'anecdote, dans ces cas de tirages similaires, beaucoup de gens étaient en colère car ils pensaient que le tirage avait été truqué (mais mal truqué).

Le titre est trompeur. Les statistiques montrent qu’à l’échelle d’une loterie nationale observée sur un grand nombre de tirages, la répétition d’une même combinaison n’a rien d’exceptionnel. Ce qui serait en revanche suspect, du point de vue statistique, serait une loterie qui ne répéterait jamais ses tirages, signe probable d’une intervention humaine cherchant à éviter certains motifs. De la même manière, quand on regarde une série de 0 et 1, une manière simple de savoir si elle est bien liée au hasard est de regarder s'il arrive d'avoir 10 ou 15 fois de suite un 1 ou un 0. Si un humain devait réaliser cette suite, il ne le ferait pas instinctivement.

Il convient aussi de distinguer deux notions souvent confondues : la probabilité de sortie d’une combinaison, qui est strictement identique pour une lotterie pour toutes les combinaisons possibles, et la stratégie de gain, qui ne vise pas à augmenter cette probabilité (ce qui est impossible), mais à maximiser le gain espéré en cas de tirage gagnant.

D’un point de vue mathématique, la « meilleure » stratégie à la loterie consiste donc à choisir des combinaisons peu jouées par les autres participants, afin de limiter le partage du gain entre plusieurs gagnants. Cela conduit paradoxalement à privilégier des choix perçus comme improbables, artificiels ou « peu naturels », par exemple :
- des nombres majoritairement supérieurs à 31, afin d’éviter les dates de naissance
- des suites simples et très structurées comme 1-2-3-4-5-6
- des motifs réguliers (multiples d’un même nombre 7-14-28-35-42)
- des combinaisons très proche dans une même dizaine (41-42-45-47-49)

Aucune de ces combinaisons n’a plus de chances de sortir qu’une autre. Leur seul intérêt est de réduire la probabilité de partager le gain si elles venaient à être tirées, en exploitant les biais de sélection des autres joueurs.

a écrit : Le titre est trompeur. Les statistiques montrent qu’à l’échelle d’une loterie nationale observée sur un grand nombre de tirages, la répétition d’une même combinaison n’a rien d’exceptionnel. Ce qui serait en revanche suspect, du point de vue statistique, serait une loterie qui ne répéterait jamais ses tirages, signe probable d’une intervention humaine cherchant à éviter certains motifs. De la même manière, quand on regarde une série de 0 et 1, une manière simple de savoir si elle est bien liée au hasard est de regarder s'il arrive d'avoir 10 ou 15 fois de suite un 1 ou un 0. Si un humain devait réaliser cette suite, il ne le ferait pas instinctivement.

Il convient aussi de distinguer deux notions souvent confondues : la probabilité de sortie d’une combinaison, qui est strictement identique pour une lotterie pour toutes les combinaisons possibles, et la stratégie de gain, qui ne vise pas à augmenter cette probabilité (ce qui est impossible), mais à maximiser le gain espéré en cas de tirage gagnant.

D’un point de vue mathématique, la « meilleure » stratégie à la loterie consiste donc à choisir des combinaisons peu jouées par les autres participants, afin de limiter le partage du gain entre plusieurs gagnants. Cela conduit paradoxalement à privilégier des choix perçus comme improbables, artificiels ou « peu naturels », par exemple :
- des nombres majoritairement supérieurs à 31, afin d’éviter les dates de naissance
- des suites simples et très structurées comme 1-2-3-4-5-6
- des motifs réguliers (multiples d’un même nombre 7-14-28-35-42)
- des combinaisons très proche dans une même dizaine (41-42-45-47-49)

Aucune de ces combinaisons n’a plus de chances de sortir qu’une autre. Leur seul intérêt est de réduire la probabilité de partager le gain si elles venaient à être tirées, en exploitant les biais de sélection des autres joueurs.
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Effectivement. J'ajouterais que ce n'est pas une très bonne stratégie de rejouer des numéros déjà sortis, dans le cas de la lotterie israelienne il y a eu 95 personnes qui ont gagné au 2e tirage...

a écrit : Il faut tout de même faire attention au biais de l'effet râteau.

En effet, à chaque tirage, toutes les combinaisons ont autant de chance de tomber, peu importe les tirages précédents, vu que ce sont des tirages indépendants. P(A) = P(A|B)
J’avais une prof de maths, pour un QCM, qui avait mis toutes les bonnes réponses sur la réponse A, pour la dizaine de questions.

Et certains élèves, qui connaissaient pourtant la bonne réponse, s’étaient forcés à répondre B ou C, car ça leur paraissait trop louche.

Et lors de la correction, elle nous a dit « Eh oui, si la bonne réponse est la A, ça ne veut pas dire que la suivante ne sera pas aussi la A. ».

Et dire que cela ne s’est sûrement jamais produit lorsque vous avez mélangé votre jeu de 52cartes depuis sa création et sûrement pour encore des milliards d’années..

La probabilité d’avoir obtenu deux mélanges identiques et de l’ordre de 1 sur 8.0658x10^67

À raison d’un mélange différent par seconde, il faudrait environ 10⁵⁰ fois l’âge de l’univers pour obtenir toutes les combinaisons (et bien sûr que toutes les combinaisons soient différentes !)