En avril 1944, l'Opération Tigre fut un échec riche d'enseignements. Cette "répétition générale" du débarquement menée sur les côtes du Devon en Angleterre tourna au drame : des torpilleurs allemands attaquèrent un convoi de péniches, causant la mort de près de 750 soldats américains.
L'opération permit néanmoins d'identifier des axes d'amélioration critiques, comme la communication entre unités et le sauvetage en mer. L’événement fut longtemps gardé secret pour ne pas compromettre le moral et la sécurité du futur débarquement.

Commentaires préférés (1)
Je vais me permettre d'être un peu tatillon afin de compléter cette excellente anecdote.
Il est écrit que le convoi a été attaqué par des torpilleurs allemands; en langage de tous les jours (et avec la limite de caractères pour rédiger l'anecdote) c'est parfaitement correct mais essayons d'être plus précis.
Le convoi a été attaqué par 9 vedettes lance-torpilles; mais du coup, si ce sont des vedettes lance-torpilles, quelle est la différence avec des torpilleurs ?
Dans la nomenclature de la kriegsmarine, le torpilleur est un vaisseau de haute mer d'environ 80 mètres de long (ça dépend des modèles bien sûr) et embarquant une centaine d'hommes d'équipage, c'est en général un vaisseau multi rôle qui se rapproche du destroyer.
La vedette lance-torpilles est un vaisseau beaucoup plus léger et rapide, en général d'une trentaine de mètres et une vingtaine de membres d'équipage. Le but de ces vedettes est d'attendre la nuit pour foncer à pleine vitesse sur l'ennemi, lancer toutes ses torpilles et repartir le plus vite possible.
Les marins allemands aiment bien standardiser les noms des navires selon leur usage, ainsi nos vedettes lance-torpilles seront appelées S-boot pour schnellboot ou E-boot pour eilboot, à savoir bateau rapide; on retrouve aussi les fameux U-boot pour unterseeboot ou les R-boot pour räumboot (dragueur de mine).
Mais alors, comment la marine allemande s'est-elle retrouvée à construire cette flotte de vedettes ?
À la suite du traité de Versailles, l'Allemagne n'a plus le droit de mettre en chantier des unités lourdes et son nombre d'unités légères est assez limité. Plutôt que de développer des destroyers qui rempliraient rapidement le quota alloué à la kriegsmarine, l'Allemagne se tourne vers des navires de plus faible tonnage et développe des torpilleurs et dans le plus grand secret, utilise ses chantiers navals civils pour convertir des yachts en S-boot.
A partir de 1937, l'Allemagne ne respecte plus le traité de Versailles (et obtient un accord avec l'Angleterre pour réarmer sa marine), et peut donc se tourner vers de plus grosses unités. La construction et le développement des torpilleurs sont totalement abandonnés au profit des destroyers et croiseurs légers.
Mais alors nos S-boot, qu'en est-il ? Et bien leur grande force vient du fait qu'ils sont produits par des chantiers navals civils, leur construction ne se fait pas au dépend d'autres unités plus efficaces, ils seront donc produits tout au long de la guerre, causant de nombreux problèmes aux alliés, à l'image du fiasco de l'opération Tigre
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Je vais me permettre d'être un peu tatillon afin de compléter cette excellente anecdote.
Il est écrit que le convoi a été attaqué par des torpilleurs allemands; en langage de tous les jours (et avec la limite de caractères pour rédiger l'anecdote) c'est parfaitement correct mais essayons d'être plus précis.
Le convoi a été attaqué par 9 vedettes lance-torpilles; mais du coup, si ce sont des vedettes lance-torpilles, quelle est la différence avec des torpilleurs ?
Dans la nomenclature de la kriegsmarine, le torpilleur est un vaisseau de haute mer d'environ 80 mètres de long (ça dépend des modèles bien sûr) et embarquant une centaine d'hommes d'équipage, c'est en général un vaisseau multi rôle qui se rapproche du destroyer.
La vedette lance-torpilles est un vaisseau beaucoup plus léger et rapide, en général d'une trentaine de mètres et une vingtaine de membres d'équipage. Le but de ces vedettes est d'attendre la nuit pour foncer à pleine vitesse sur l'ennemi, lancer toutes ses torpilles et repartir le plus vite possible.
Les marins allemands aiment bien standardiser les noms des navires selon leur usage, ainsi nos vedettes lance-torpilles seront appelées S-boot pour schnellboot ou E-boot pour eilboot, à savoir bateau rapide; on retrouve aussi les fameux U-boot pour unterseeboot ou les R-boot pour räumboot (dragueur de mine).
Mais alors, comment la marine allemande s'est-elle retrouvée à construire cette flotte de vedettes ?
À la suite du traité de Versailles, l'Allemagne n'a plus le droit de mettre en chantier des unités lourdes et son nombre d'unités légères est assez limité. Plutôt que de développer des destroyers qui rempliraient rapidement le quota alloué à la kriegsmarine, l'Allemagne se tourne vers des navires de plus faible tonnage et développe des torpilleurs et dans le plus grand secret, utilise ses chantiers navals civils pour convertir des yachts en S-boot.
A partir de 1937, l'Allemagne ne respecte plus le traité de Versailles (et obtient un accord avec l'Angleterre pour réarmer sa marine), et peut donc se tourner vers de plus grosses unités. La construction et le développement des torpilleurs sont totalement abandonnés au profit des destroyers et croiseurs légers.
Mais alors nos S-boot, qu'en est-il ? Et bien leur grande force vient du fait qu'ils sont produits par des chantiers navals civils, leur construction ne se fait pas au dépend d'autres unités plus efficaces, ils seront donc produits tout au long de la guerre, causant de nombreux problèmes aux alliés, à l'image du fiasco de l'opération Tigre
Cet épisode de la chaîne Sombre Histoire en fait le récit très intéressant : youtu.be/io1kPxUzQB0?is=sk4ki_eM320I0ctZ