L'université de Louvain, fondée il y a presque 600 ans, a connu un sort peu commun. Suite à la création de la frontière linguistique belge de 1962 et de violentes manifestations en 1968, le cursus francophone fut banni, forçant la scission de l'université et la création de la ville de Louvain-la-Neuve. Il existe donc aujourd'hui une université de chaque côté de la frontière linguistique.

Commentaires préférés (3)
No comment… Ayant une grand-mère flamande j’allais souvent en Flandre dans mon enfance. J’étais toujours surpris qu’en ville on refuse de me répondre, puisque je parlais français…
Ces querelles linguistiques peuvent nous paraître violentes et incompréhensibles à nous, français, mais un belge avec lequel nous en parlions il y a une trentaine d’années, nous faisait remarquer qu’il n’y avait jamais eu de mort - sous-entendu comme en France pour certains désaccords.
J’espère que c’est toujours le cas pour eux…
Pour comprendre la crispation sur la question linguistique, qui semble un peu échapper aux francophones d'aujourd'hui, il faut comparer la situation des Flamands (car ce sont bien eux les plus crispés) à celle des Québecois, une minorité linguistique assiégée par un ogre culturel international. Le combat culturel des Flamands, c'est un peu celui de David contre Goliath.
Les néerlandophones natifs sont moins de 24 millions eu Europe et présents dans seulement 2 pays. Les francophones natifs, présents dans 6 pays, sont 3 fois plus nombreux et leur proportion ne cesse d'augmenter, surtout dans la région Bruxelles-capitale. À l'échelle mondiale, on compte un locuteur NL pour 13 locuteurs capables de parler le FR.
Le français est obligatoire dans le cursus flamand, le néerlandais n'est qu'une simple option en Wallonie, choisie par seulement 25% des enfants wallons. Chiffre en baisse constante depuis 20 ans d'ailleurs.
Depuis la création de la Belgique jusqu’au début du XXe siècle, toutes les élites du pays parlaient français, le plus souvent exclusivement français et il y avait un mépris véritable pour le néerlandophone unilingue.
On voit encore cette forme de mépris quand un Belge francophone s'adresse d'emblée en français à un commerçant, à la mairie d'une commune francophone. Jamais on ne verra un flamand parlait directement en néerlandais à un commerçant de Namur ou de Liège.
Quand on additionne toutes ces asymétries, on comprend mieux la méfiance et l'animosité des Flamands à l'égard du français.
Tous les commentaires (10)
No comment… Ayant une grand-mère flamande j’allais souvent en Flandre dans mon enfance. J’étais toujours surpris qu’en ville on refuse de me répondre, puisque je parlais français…
Ces querelles linguistiques peuvent nous paraître violentes et incompréhensibles à nous, français, mais un belge avec lequel nous en parlions il y a une trentaine d’années, nous faisait remarquer qu’il n’y avait jamais eu de mort - sous-entendu comme en France pour certains désaccords.
J’espère que c’est toujours le cas pour eux…
Walen buiten !
C’est marrant, pour ma part j’ai des cousins wallons et quand nous allions en Flandre, si eux venaient à parler en français (aux flamands), ces derniers refusaient systématiquement de leur répondre en français.
Par contre, si moi, français, venait à le parler, il n’y avait pas de soucis pour eux. Si bien sûr ils le parlaient.
Après c’est surtout arrivé à Bruges ou d’autres villes « touristiques ».
D où l'histoire " schtroumpf vert et vert schtroumpf" ... A mettre en lien avec l anecdote
Pour comprendre la crispation sur la question linguistique, qui semble un peu échapper aux francophones d'aujourd'hui, il faut comparer la situation des Flamands (car ce sont bien eux les plus crispés) à celle des Québecois, une minorité linguistique assiégée par un ogre culturel international. Le combat culturel des Flamands, c'est un peu celui de David contre Goliath.
Les néerlandophones natifs sont moins de 24 millions eu Europe et présents dans seulement 2 pays. Les francophones natifs, présents dans 6 pays, sont 3 fois plus nombreux et leur proportion ne cesse d'augmenter, surtout dans la région Bruxelles-capitale. À l'échelle mondiale, on compte un locuteur NL pour 13 locuteurs capables de parler le FR.
Le français est obligatoire dans le cursus flamand, le néerlandais n'est qu'une simple option en Wallonie, choisie par seulement 25% des enfants wallons. Chiffre en baisse constante depuis 20 ans d'ailleurs.
Depuis la création de la Belgique jusqu’au début du XXe siècle, toutes les élites du pays parlaient français, le plus souvent exclusivement français et il y avait un mépris véritable pour le néerlandophone unilingue.
On voit encore cette forme de mépris quand un Belge francophone s'adresse d'emblée en français à un commerçant, à la mairie d'une commune francophone. Jamais on ne verra un flamand parlait directement en néerlandais à un commerçant de Namur ou de Liège.
Quand on additionne toutes ces asymétries, on comprend mieux la méfiance et l'animosité des Flamands à l'égard du français.
Il y a quelque chose qui m’échappe :
Qu’un belge francophone s’adresse d’emblée en français à un commerçant dans une commune francophone et un belge s’adresse de même en français à un commerçant dans une commune francophone (Namur et Liège sont bien francophones ?) ne me semble pas anormal.
???
Désolé : un mot manque pour la compréhension : … et un belge « néerlandophone » …
Il y a une coquille. Il fallait lire : "On voit encore cette forme de mépris quand un Belge francophone s'adresse d'emblée en français à un commerçant, à la mairie d'une commune NÉERLANDOPHONE": ce que j'ai vu plusieurs fois.
Alors que je n'ai jamais vu un Flamand s'adresser en néerlandais à un inconnu à Namur, Liège ou Mons.
Il y a pourtant une une phrase très simple à apprendre et qui est beaucoup plus respectueuse: "Mag ik in het Frans ?" = Est-ce que je peux en français (m'exprimer / parler) ?
Et pourtant ces bagarres linguistiques paraissent étranges vue de Suisse... Même en étant dans le camp minoritaire... C'est peut-être le fameux compromis suisse: lorsque l'on n'a pas envie de faire l'effort de s'exprimer dans la langue de l'autre, la conversation switche rapidement à l'anglais. Cela dépend bien sûr des circonstances. Jamais il ne me viendrait à l'esprit de parler directement en français ou anglais en entrant dans un petit commerce en Suisse allemande.