Les pelotons d'exécution ne sont pas toujours efficaces

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L'exécution d'un condamné à mort peut se révéler laborieuse, même pour un peloton d'exécution. À titre d'exemple, Roger Degueldre, lieutenant français membre de l'OAS, fut atteint par une seule balle sur celles des onze tireurs. Six balles furent ensuite nécessaires pour lui donner le coup de grâce.


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a écrit : Peut être que, même s'ils en ont reçu l'ordre, ils n'avaient pas envie de tuer ce type... Sans savoir qui était le condamné, je ne pouvais pas penser que c'était dû à un refus de la part des exécuteurs.
Maitenant que j'ai lu tous les commentaires, je comprends mieux.

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a écrit : Si tu as des questions ne te gêne pas, et le calibre des fusils de guerre, c'est du 5.56mm, / 220millième de pouce, c'est tout petit, et on s'en fout. ^^ Les fusils de le seconde guerre mondiale avaient un calible de 7.5 ou 7.65 mm... Le 5.56 est bien moins vieux...

@ rené... Lorsque l'on tire à blanc, le recul de l'arme n'est pas le même qu'avec de la munition de guerre...

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a écrit : Peut être que, même s'ils en ont reçu l'ordre, ils n'avaient pas envie de tuer ce type... Les militaires sont souvent déphasés des valeurs humaines et morales communes - beaucoup d’entre eux ont des "conceptions politiques" dans lesquelles liberté et démocratie ne sont pas référencées. Ça fait partie de leur formation : "je ne veux voir qu'une seule tête! discipline, discipline!".
Ces conceptions étant très répandues, il est possible que certains membres du peloton d'exécution aient fait passer leur sentiment de solidarité avant celui de la discipline. Je n'envie pas l'officier qui s'est retrouvé à devoir porter le coup de grâce avec du matériel inapproprié

a écrit : Les fusils de le seconde guerre mondiale avaient un calible de 7.5 ou 7.65 mm... Le 5.56 est bien moins vieux...

@ rené... Lorsque l'on tire à blanc, le recul de l'arme n'est pas le même qu'avec de la munition de guerre...
un soldat qui tire une seule balle avec une arme qu'il ne connait pas et qu'il ne reverra jamais doit quand même avoir du mal à faire des comparaisons, c'est le but recherché.
Un fourrier prépare les fusils, il les charge d'une balle, il met une balle à blanc dans un de ceux-ci, il les range en faisceau, et ce n'est pas lui qui les distribue chargés aux membres du peloton, mais un officier

a écrit : Ben... Tu m'étonnes ?! C'est pas très très malin quand même... Je sais qu'on parle d'une situation assez tragique, mais c'était quand même une blague

a écrit : Il est mort au septieme

Six balles apres le peloton ... Un second revolver ... Et une dizaine de militaires qui ont refuse de l'executer.
Un hero de guerre (9 citations )qui n'a pas plus a de Gaulle .
Un terroriste et un meurtrier*

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a écrit : "Médaille militaire" quand il était sous-off, "Croix de guerre", Croix de la valeur militaire", "Chevalier de la Légion d'honneur", "Commandeur de la Légion of merit" (distinction américaine décernée pour bravoure au combat auprès des armées américaines)... Voilà un gars qui avait servi son pays comme rarement.
Comment un homme comme ça aurait-il pu soutenir la traitrise et le mensonge de De Gaulle sur le balcon à Alger : "Je vous ai compris..." ? Pour quelques semaines après ne négocier qu'avec le FLN, quelques mois après faire voter "l'Autodétermination", puis donner l'indépendance à l'Algérie en laissant sur le carreau près d'un million de personnes (français et harkis) se faire massacrer par le FLN... Qui, sur place à ce moment là, peut prétendre ne pas vouloir prendre les armes pour se défendre ? En 1966 lors d'une interview, De Gaulle lui même a avoué avoir menti ce jour là à Alger, et que tout était prémédité...
Je ne mélange pas ici les bienfaits ou méfaits d'une colonisation (l'indépendance était sans doute inéluctable) ; je dis qu'un Président chef de guerre, militaire de surcroît, a trahi son pays et menti à ses officiers et à toute une population en négociant en cachette avec "l'ennemi" ; pour quelques accords de gaz semble t-il...
Qui était le traitre ? Les militaires n'ont pas été dupes d'ailleurs : si une seule balle sur onze a touché Degueldre c'est parce que 10 ont tiré à côté... Plusieurs officiers ont refusé de commander le peloton d'exécution et ont été emprisonnés et dégradés... Un général en charge s'est suicidé pour ne pas avoir à exécuter l'ordre... Voilà une bien triste période de l'histoire de la france qui entâche sacrément le curricumum d'un pourtant "grand homme" par ailleurs.
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Drôle de manière de justifier des actes terroristes.

Avec la même rhétorique on pourrait presque élever les auteurs des attentats du Bataclan en héros tiens.

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a écrit : Drôle de manière de justifier des actes terroristes.

Avec la même rhétorique on pourrait presque élever les auteurs des attentats du Bataclan en héros tiens.
Et @RebelOconner... Qui parle de "héros" en citant Degueldre ? Pas moi. Relisez bien ce que j'ai écrit. J'ai dit que c'était un gars qui avait bien servi sa patrie, c'est tout ! Je parle surtout de la traitrise de De Gaulle dans cette affaire de l'Algérie, tout en disant que ça avait été lui aussi un "grand homme" par ailleurs...
Je ne vois donc vraiment pas, mais alors vraiment pas, le rapport avec le Bataclan ?!

a écrit : Les militaires sont souvent déphasés des valeurs humaines et morales communes - beaucoup d’entre eux ont des "conceptions politiques" dans lesquelles liberté et démocratie ne sont pas référencées. Ça fait partie de leur formation : "je ne veux voir qu'une seule tête! discipline, discipline!". <br /> Ces conceptions étant très répandues, il est possible que certains membres du peloton d'exécution aient fait passer leur sentiment de solidarité avant celui de la discipline. Je n'envie pas l'officier qui s'est retrouvé à devoir porter le coup de grâce avec du matériel inapproprié Afficher tout Sans remettre en cause tes dires, c'est mon père qui ma raconté ça, qu'un pote de l'armée à lui lui a avoué avoir volontairement raté sa cible pendant une exécution (guerre d'Algérie) sans savoir qui était le condamné, il n'avait juste pas pu lui envoyer une bastos, et c'était le seul moyen pour lui de ne pas passer en court martiale.

Tous les militaires ne sont pas des gros cons, la plupart sont des êtres humains avec une arme, surtout qu'à l'époque le service était obligatoire, y'en avait plein qui détestaient faire ce qu'ils faisaient mais qui n'avaient pas le choix.

a écrit : Drôle de manière de justifier des actes terroristes.

Avec la même rhétorique on pourrait presque élever les auteurs des attentats du Bataclan en héros tiens.
De l'avis de certains, c'est factuel, mais tout est relatif.

Le point de vue!
Exemple, de mon point de vue, le mec qui a balancé les infos sur les exactions en Afghanistan est un héros parce qu'il a délibérément foutu sa vie en l'air pour ça, du point de vue du Pentagone, c'est passible de la peine de mort ce qu'il a fait. Acte de trahison!

Attention je ne cherche pas à justifier quoi que ce soit, tirer sur des gens, c'est pas bien je suis pas débile, à fortiori quand on tire sur des innocents, des civils, mais, le point de vue, quoi, c'est relatif, quand on est convaincu d'avoir raison, beh... on est con-vaincu, et ça peut justifier l'abominable. Les terroristes du Bataclan étaient convaincus de faire quelquechose de juste... La connerie, ça peut aller très loin quand on est sur de soi! :(

P.S je voulais répondre au dernier comm de Rem mais le site a encore planté! ^^

a écrit : Ben en fait, quand je lis cette anecdote, je me demande comment 9 personnes sur 10 (car 1 sur les 11 a tiré a blanc) ont pu rater leur cible...alors en effet je me pose tout un tas de questions comme les circonstances exactes de l'exécution.

De plus, s'agissant des questions sur le calibre, la d
istance etc, elles ont très certainement un caractère humoristique car selon moi c'est un petit clin d'oeil à l'anecdote récente concernant le tir à l'arc.

Bref, ma conclusion est que si les commentaires ne vous intéressent pas ou semblent selon vous grotesques, et bien arrêtez tout simplement de les lire, au lieu de critiquer.
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Tout le monde a le droit de critiquer ,n'est-ce pas ce que tu fais.
J'ai d'ailleurs trouve le commentaire dr trucbidule assez drole .

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a écrit : est-ce que le fait d'être un "grand homme" implique d'avoir exécuté froidement des civils? poser des bombes dans des restaurants?
de gaulle avait des défauts, mais il voulait arrèter la guerre coute que coute, là ou ce soit disant héro ne voulait que la continuer, continuer l'esclavage.<
br /> car oui, tu ne veut pas en parler, mais la colonisation, ça n'a été qu'une forme d'esclavage. et quand on voit toutes les horreurs faites par les militaires français, on ne peut à aucun moment parler de héros. Afficher tout
Tu ne connais visiblement rien à l'histoire de l'Algérie, de l'Algérie française, et de la guerre d'indépendance, sinon les trois lignes qu'on a pu t'apprendre un jour, bourrées de mensonges, de lieux communs, et de grandes phrases toutes faites avec des mots très forts. Renseigne-toi aussi sur les exactions du FLN à l'époque... Apprends qui n'a pas respecté le cessez le feu... Comprends les massacres de harkis que la France de De Gaulle a laissé perpétrer par le même FLN...
Et alors tu reviendras me faire la morale.
Je me suis souvent posé la question de savoir ce que j'aurais fait à l'époque si j'avais eu 20 ans là bas (c'est souvent ma façon à moi d'essayer de prendre des positions dans certains évènements) : et bien si je suis honnête avec moi même je me dis que si j'avais été algérien j'aurais sûrement été FLN ; si j'avais été français de métrople je n'aurais pas voulu partir là bas pour me battre pour une poignée de français dont je n'avais rien à foutre ; et si j'avais été pied noir, dont ma famille vivait là bas depuis quatre générations, et bien j'aurais été OAS, sans l'ombre d'un doute...
La vie, la morale, peuvent prendre plusieurs directions selon le focus par lequel on regarde :)

a écrit : Ben en fait, quand je lis cette anecdote, je me demande comment 9 personnes sur 10 (car 1 sur les 11 a tiré a blanc) ont pu rater leur cible...alors en effet je me pose tout un tas de questions comme les circonstances exactes de l'exécution.

De plus, s'agissant des questions sur le calibre, la d
istance etc, elles ont très certainement un caractère humoristique car selon moi c'est un petit clin d'oeil à l'anecdote récente concernant le tir à l'arc.

Bref, ma conclusion est que si les commentaires ne vous intéressent pas ou semblent selon vous grotesques, et bien arrêtez tout simplement de les lire, au lieu de critiquer.
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Conclusion idiote

a écrit : On peut être reconnu comme un héros de la nation lors d'un conflit et totalement se fourvoyer dans un autre. Pétain en est l'exemple le plus emblématique. L'OAS était un mouvement terroriste qui a tué des civils et s'est insurgé contre l'armée française, et Degueldre, bien que distingué précédement pour sa bravoure, a été condamné à mort pour ça. A l'opposé, on peut citer Pâris de Bollardière, un grand résistant, qui a lui aussi été poursuivi pour avoir eu une attitude inverse à celle de Degueldre. Malgré leur torts à tous deux, je préfère quand même Bollardière... Afficher tout Après mon 1er com je m'attendais à être "laminé" :) en fait non : certes j'ai eu droit à quelques "lieux communs" mais en tous cas ta réponse est la plus intéressante.
Bien sûr qu'on peut se fourvoyer un jour après avoir été un héros ; et c'est d'ailleurs ce que je dis de De Gaulle pour l'Algérie, en écrivant "un grand homme par ailleurs".
Je connais peu l'histoire de Bollardière. Ce que j'en sais c'est qu'il était un militaire courageux, résistant de la seconde guerre mondiale et officier en Indochine, puis qu'il est devenu objecteur de conscience lors des évènements d'Algérie et, je crois, leader d'un mouvement pacifiste... Une sorte de "coming out" en fait :)
Je comprends ça ; voire j'approuve, comme toi... Mais ce que je voulais dire c'est que l'Algérie c'est un peu plus compliqué que ce que nos livres d'histoire nous racontent (écrite par les "vainqueurs" elle nomme les traitres :)... et que même si on peut désapprouver l'attitude de certains, on peut au moins essayer de les comprendre et ne plus débiter des poncifs prémâchés bien ancrés dans les têtes, bien "implantés" par les bien pensants.

a écrit : Si tu as des questions ne te gêne pas, et le calibre des fusils de guerre, c'est du 5.56mm, / 220millième de pouce, c'est tout petit, et on s'en fout. ^^ Le 5.56 est un calibre otan. Il n'était pas beaucoup utilisé à l'époque. C'était probablement plutôt du 7.62

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a écrit : Et @RebelOconner... Qui parle de "héros" en citant Degueldre ? Pas moi. Relisez bien ce que j'ai écrit. J'ai dit que c'était un gars qui avait bien servi sa patrie, c'est tout ! Je parle surtout de la traitrise de De Gaulle dans cette affaire de l'Algérie, tout en disant que ça avait été lui aussi un "grand homme" par ailleurs...
Je ne vois donc vraiment pas, mais alors vraiment pas, le rapport avec le Bataclan ?!
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Tu sous entends quand même pas mal que ok c'est un terroriste, mais De Gaulle, il lui a mis a l'envers donc bon on comprend un peu qu'il fasse des conneries.

Et on peut faire le parallèle avec n'importe quel terroriste pour s'apercevoir que c'est un discours limite limite.

Enfin ceci étant tu peux justifier tout le terrorisme que tu veux tant que tu peux te regarder dans la glace après.

"Christchurch c'est juste un mec qui résiste à la trahison des leaders occidentaux, Daesh c'est juste des mecs pas contents que l'occident ait saccagé leurs pays, l'OAS c'est juste des gens pas contents que De Gaulle la leur ait mise, le FLN c'est juste des mecs qui étaient en colère après 132 ans d'oppression" ils ont tous raisons de tirer et de faire exploser des civils qui n'ont rien demandé, tiens.

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a écrit : Le 5.56 est un calibre otan. Il n'était pas beaucoup utilisé à l'époque. C'était probablement plutôt du 7.62 C'est vrai que c'est aussi un calibre standard plutôt moderne, même si ça existait déjà dans les années 40, j'imagine qu'on avait besoin de munitions avec plus d'inertie pour compenser une qualité moindre de la poudre.

Enfin c'est pas le sujet, désolé.

a écrit : Crime de guerres ou assassinats je ne sais pas. Mais en tous cas placer des bombes au milieu des quartiers résidentiels ou des cafés c'est du terrorisme. Dire qu'il a été exécuté pour ne pas avoir plu à de Gaulle c'est de la malhonnêteté. Alors je vais être très malhonnête, enfin à tes yeux seulement. Oui il a été executé car il a résisté à De Gaulle qui a abandonné les Français et les Harkis aux mains de FLN.
Le nombre de victimes du FLN se situe autour de 10000 personnes.
De Gaulle a menti aux français en Algerie, aux militaires et ne s'en cachait pas: lors du conseil des ministres du 4 mai 1962, Alain Peyrefitte relate dans son livre cette affirmation du chef de l’état alors qu’il lui présentait la très grave situation des harkis : « N’essayez pas de m’apitoyer sur les harkis, ce magma dont il faut se débarrasser sans attendre ! »

Je vous livre le commentaire du livre « J’accuse De Gaulle » – édition 2016 – par Manuel Gomez.
Qui est Roger Degueldre ? Né dans le nord de la France il entre en résistance en 1942, à moins de 20 ans, auprès des partisans communistes FTP (Francs-Tireurs et Partisans) (Cela est important contre ceux qui veulent démontrer que l’OAS n’était composée que de d’extrémistes fascistes). Degueldre s’engage dans la Légion étrangère, se bat en Indochine où il obtient la médaille militaire pour acte de courage, puis c’est l’Algérie.
Refusant de se renier devant le serment fait sur la tombe du colonel Jeanpierre : « Plutôt mourir, mon colonel, que de laisser l’Algérie aux mains du FLN. Je vous le jure ! » – Il entre en clandestinité le 11 décembre 1960 et prend le commandement opérationnel des commandos « Delta ».
Degueldre est arrêté le sept avril 1962 et condamné à mort le 28 juin de cette même année, malgré l’engagement de son avocat, Me Tixier-Vignancourt qui estime que le général Salan (chef du lieutenant Degueldre) épargné il est impensable que celui-ci soit exécuté.
Degueldre décroche ses nombreuses décorations et les remet à sa femme.
Nous sommes au fort d’Ivry le six juillet 1962. C’est l’aurore. Il fait une belle journée d’été, presqu’aussi chaude que celles que Degueldre a connu en Algérie. On le réveille. Il revêt sa tenue léopard, enroule autour de son cou le foulard de la Légion et pose sur sa tête le béret vert du 1erRégiment de Parachutistes, dont il porte l’insigne sur sa poitrine.
Degueldre éprouve le besoin de s’exprimer une dernière fois : «Je suis fier de mourir pour tenir le serment qu’a fait tout officier ayant servi en Algérie. J’ai donné ma parole, je la tiens. Dîtes aux Algériens que, si je ne suis pas de leur race, n’étant pas né sur leur sol, je les ai beaucoup aimés et je les aime toujours».
Se tournant ensuite vers l’avocat général Gerthoffer : « Je ne vous garde pas rancune, mais je vous plains ».
Puis vers son défenseur, Me Tixier-Vignancour, : « Dîtes que je suis mort pour la France ».
Attaché au poteau, Degueldre refuse qu’on lui bande les yeux. La mort ne lui fait pas peur, il l’a tellement côtoyé depuis ses vingt ans. Serrant le drapeau tricolore contre sa poitrine et posant sa main sur la poche de sa vareuse où se trouve la photo de son petit garçon, Philippe, qu’il n’a jamais vu, il crie « Vive la France » et entonne d’une voix claire et puissante La Marseillaise.
Devant tant de courage et de patriotisme le peloton d’exécution hésite à tirer puis la salve part et le peloton se retire.
L’adjudant-chef chargé de donner le coup de grâce s’approche mais constate que Degueldre est toujours vivant. Une seule balle, sur les douze, l’a atteint au ventre.
Il ne s’agit plus alors d’achever un moribond mais de tuer de sang-froid un être vivant. Sa main tremble, il tire mais à côté.
Ceux qui assistent à cette scène surréaliste sont stupéfaits.
Devant une telle situation, unique dans les annales, les juristes s’accordent à dire que la sentence ayant été exécutée et que le condamné étant toujours en vie, il faut lui porter les soins nécessaires et c’est à cet instant que cette exécution devient un « assassinat ».
L’avocat général très irrité fait signe au sous-officier de recommencer, cependant que Degueldre, recroquevillé sur lui-même, souffre le martyr.
L’adjudant-chef, dont la main tremble encore davantage, pointe une nouvelle fois son arme vers la tête du supplicié et, fermant les yeux, appuie sur la détente. Pas un bruit, l’arme s’est enrayée. Le lieutenant Degueldre tourne son regard vers le sous-officier ne comprenant pas la situation dramatique dans laquelle il se trouve. Une rumeur monte de l’assistance.
L’avocat général ordonne qu’une autre arme soit apportée et comme personne parmi les militaires présents n’en possède une il faut se dépêcher d’aller en chercher.
Degueldre est toujours vivant et c’est là que Me Tixier-Vignancour, pourtant si prompt à saisir la moindre occasion devant un prétoire, reste pétrifié, hypnotisé par la scène à laquelle il assiste, et il s’en souviendra jusqu’à sa mort. Il aurait dû se précipiter, se jeter sur le corps de Degueldre, exiger que l’on arrête ce massacre, mais il ne bouge pas.
Un pistolet est remis à l’adjudant-chef, aussi pâle que le lieutenant, écoeuré par cette boucherie, mais obéissant aux ordres sans avoir le courage de se révolter. Il tire une nouvelle fois mais pas au-dessus de l’oreille, comme le stipule le règlement, mais près de l’omoplate et, enfin, c’est la dernière détonation. Le lieutenant Degueldre a rejoint les siens au paradis des héros.
Le 06 juillet 1962 un officier français a été assassiné sur ordre du général de Gaulle et aujourd’hui, près de 60 ans plus tard, tous ceux qui font référence au gaullisme, tous les héritiers de De Gaulle, ont le sang du lieutenant Degueldre sur leurs mains