Aux Etats-Unis, le rachat d'actions dope les cours

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Une des raisons pour lesquelles les marchés boursiers américains paraissent historiquement toujours plus hauts que les marchés européens vient du fait que les sociétés américaines préfèrent racheter leurs propres actions que de verser des dividendes, ce qui a pour conséquence de gonfler leur cours.

C'est pour cette raison que vous entendez souvent dans les médias que le Dow Jones est à un plus haut historique alors que le CAC40 ne l'est pas. Si les dividendes étaient comptabilisés comme les rachats d'actions, alors le CAC40 aurait également été au "plus haut historique" en fin d'année 2019. Sachant que les rachats d'actions et les dividendes sont les deux manières de rémunérer les actionnaires. Certains indices, comme le DAX en Allemagne, sont calculés dividendes réinvestis.


Tous les commentaires (61)

a écrit : Je suis actionnaire en bourse et pas d’accords avec ton analyse
C’est très franco-français de taper sur les actionnaires.
Acheter une action est avant tout un risque, la bourse est un jeux dangereux (80% des petits porteurs ne font pas de plus-value) c’est donc normal de rémunerer le risque, par un dividen
de.
Acheter une action c’est de l’investissement, source de croissance et donc d’emplois pour l’entreprise.
Enfin tu propose les emprunt bancaires alors que l’essence de l’actionnariat c’est disposer de liquidités contre des parts de capital, donc pas d’emprunt, d’argent a rembourser
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Je crois qu'il ciblait principalement les gros actionnaires qui touchent des sommes colossales, pas les petits porteurs qui gagnent 5 e par mois parce qu'ils ont un petit portefeuille.

Je vois pas trop comment on pourrait nier qu'il y a forme d'indécence lorsqu'une entreprise retribue ses actionnaires des millions d'euros d'un coté, et licencie des milliers d'employés de l'autre.

Par ailleurs, c'est pas du tout franco-français de taper sur les actionnaires. C'est très franco-français de le croire, ça peut être :D

Juste un commentaire pour remercier la communauté, c'est la première fois que j'écris une anecdote après avoir passer des années à vous lire.
Je suis heureux de vous faire partager un peu de mon expertise. J'essaierai de poster de temps en temps des anecdotes relatives à la finance, c'est le (seul) domaine ou je pense avoir un peu de connaissances.

PX1GR.PA est le ticker du CAC 40 avec les dividendes réinvesti. Allez voir la différence :)

a écrit : J'ai beaucoup de mal avec l'actionnariat (cas des SCOP mis à part). Ça a effectivement de gros avantages, mais mis dans la balance avec les inconvénients (recherche du profit à tout prix, rentiers, spéculation, HFT, etc.), ils ne pèsent pas si lourd ...
On en voit le niveau de c#nnerie aujourd'hui
, quand les distributions de dividendes atteignent des records en 2020, pendant que le service public se casse la gueule faute de moyens, en pleine crise sanitaire ...

Sinon, quitte à vendre des parts puis à les racheter, autant passer par des emprunts bancaires, ça créerait moins d'effets de bords pour l'économie.
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en fait, l'actionariat initial, c'est à dire quand les sociétés deviennent quotées est incroyablement important. Il permet, en autre, de 1) d'augmenter rapidement ta trésorerie, 2) de ne pas t'endetter d'avantage, un emprunt est payant (les intérêts) alors que une introduction en bourse n'a pas d'effets financier immediat (en revanche tu abandonnes une partie du controle de ta société).

Certains actionnariats sont très vertueux, c'est le cas par exemple des actionnariats salariés, ca évite beaucoup des "abus", car le collectif des salariés est en général moins "enclin à payer des dividendes pour virer des gens".

Il est néanmoins vrai qu'il y a beaucoup d'inconvénients. Il faudrait vraiment plus de place qu'un commentaire pour expliquer l'intérêt des différents acteurs (rentiers, pas sur que ca soit pertinent ca, mais speculations, hedge fund, trading haute frequence etc). En quelques mots on pourrait dire qu'ils améliorent la liquidité du marché, et qu'ils aident à son efficience. Mais certains le déréglent et d'autres profitent de vides juridiques pour arbitrer les gouvernements, les particuliers etc.

a écrit : Alors, commentaire à peu près aussi agressif qu'approximatif.
Deja, je suis content de voir que bcp de personnes ont réagit à mon anecdote, la première depuis que je lis SCMB, alors que je suis un lecteur assidu depuis des années. Merci!
Pour en revenir à ton commentaire. Pour info, je co-gère un fond
de plusieurs dizaine de millions donc j'espère pour mes employeurs et mes investisseurs que je m'y connais un peu.
Oui, on parle dans un monde initié plutot du s&p 500 que du Dow jones, mais les lecteurs de SCMB ne sont pas forcement tous initiés et ont probablement plus l'habitude d'entendre parler du Dow Jones que du spx. Effectivement, le mode de calcul est étrange pour le dji, mais il n'en est pas moins un indice investissable.
Concernant le QE, 1) il fait monter indistinctement les indices, le dow jones autant que le spx, et 2) il y a eu autant de QE aux US qu'en Europe, ce qui n'explique en rien la différence entre les deux régions.
Concernant les différents indices en France, je te laisse (tu as l'air de bosser en finance) vérifier les actifs sous gestion sur le Cac40 vs les autres indices (cac TR), tu vas vite comprendre l'inépsie de ton commentaire.

Enfin, quant aux DAX, non il n'existe qu'un seul indice majeur en Allemagne qui concentre plus des trois quarts des actifs investis en ligne direct.
Par ailleurs, si tu voulais vraiment parler du spx vs le dow jones, tu devrais me reprocher d'avoir parler du cac40 et non de l'Eurostoxx 50. (l'indice qui est composé des 50 plus sociétés européenes et qui est le plus utilisé en Europe).

L'anecdote ne mélange donc aucun concept, il explique comment par le simple fait d'allouer de la trésorerie au paiement d'un dividende ou à un programme de rachat d'action peut faire évoluer les indices de manière différent.

si vous avez d'autres questions n'hésitez pas
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Puis que tu le proposes si gentiment, moi j'ai une question :-)

Je vois pas en quoi le rachat d'actions est intéressant pour les actionnaires. J'imagine que l'idée est de leur racheter leurs actions pour les rétribuer. Super, mais après, ils ont plus d'actions ... donc ne sont plus (ou plus faiblement) actionnaires. Donc en quoi ont il avantages à obtenir cela ?

a écrit : Puis que tu le proposes si gentiment, moi j'ai une question :-)

Je vois pas en quoi le rachat d'actions est intéressant pour les actionnaires. J'imagine que l'idée est de leur racheter leurs actions pour les rétribuer. Super, mais après, ils ont plus d'actions ... donc ne sont pl
us (ou plus faiblement) actionnaires. Donc en quoi ont il avantages à obtenir cela ? Afficher tout
Alors le processus est différent de ce que tu dis.

Admettons que la société A est 100 actions qui sont détenus par 10 actionnaires. Chaque action vaut 1€. Ils ont donc chacun 10€ d’actions.

La société A décide de racheter 10 actions, elle est prête à payer 2€.
Chaque actionnaire se dit : top, je vais lui vendre une action pour 2€, et je garde les autres.

Après cette opération, chaque actionnaire a 9 actions qui valent chacune 2€ (soit 18€) + 2€ en cash soit 20€. Et la société est détentrice de 10 actions. La plupart du temps, à cause de lois ou de raisons économiques (c’est assez complexe à expliquer mais si tu veux je peux essayer), la société va dissoudre ses 10 actions.

La situation finale sera donc de :
10 actionnaires détendeurs de 90 actions pour une valeur totale de 180€ (et chacun a 2€ en cash).

Sachant que les indices sont la majorité du temps calculé grâce au niveau de chaque composant, la société A est passé de 1€ / actions (soit 100€ de capitalisation boursière) a 2€ par actions (soit 180€ de capitalisation), l’indice a également augmenté.

(Ps: avant que certains « experts » ne viennent s’acharner sur mon commentaire, j’ai effectivement simplifié la réalité pour essayer d’être compréhensible)

a écrit : J'ai beaucoup de mal avec l'actionnariat (cas des SCOP mis à part). Ça a effectivement de gros avantages, mais mis dans la balance avec les inconvénients (recherche du profit à tout prix, rentiers, spéculation, HFT, etc.), ils ne pèsent pas si lourd ...
On en voit le niveau de c#nnerie aujourd'hui
, quand les distributions de dividendes atteignent des records en 2020, pendant que le service public se casse la gueule faute de moyens, en pleine crise sanitaire ...

Sinon, quitte à vendre des parts puis à les racheter, autant passer par des emprunts bancaires, ça créerait moins d'effets de bords pour l'économie.
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Bonsoir, je pense que l immense majorité des actionnaires ne spéculent pas, recherche le profit (bien entendu) mais à long terme et permettent à leurs salariés d’avoir un revenu. Le boulanger, le coiffeur, le buraliste du coin est actionnaire de sa société. Apple, sanofi, et bien d autre permettent à des millions de retraités d arrondir leurs fins de mois, voir de percevoir une pension. D ailleurs à bien y réfléchir nous sommes tous un actionnaires, de manière direct et/ou indirect de sociétés. Ne serais qu au niveau des participations de l état qui, du fait des dividendes notamment, nous permettent de verser un peu moins d impôts.
Maintenant pour ce qui est de la valorisation des marchés américains, le rachat d actions n explique pas tout à mon sens, car vous pouvez racheter autant d action que vous voudrez, si la boite n a pas ou peu de perspectives, elle sera mal valorisée. Je pencherais plus pour une culture du risque et des marchés « actions » bien plus développée outre Atlantique. Bonne soirée

a écrit : Bonsoir, je pense que l immense majorité des actionnaires ne spéculent pas, recherche le profit (bien entendu) mais à long terme et permettent à leurs salariés d’avoir un revenu. Le boulanger, le coiffeur, le buraliste du coin est actionnaire de sa société. Apple, sanofi, et bien d autre permettent à des millions de retraités d arrondir leurs fins de mois, voir de percevoir une pension. D ailleurs à bien y réfléchir nous sommes tous un actionnaires, de manière direct et/ou indirect de sociétés. Ne serais qu au niveau des participations de l état qui, du fait des dividendes notamment, nous permettent de verser un peu moins d impôts.
Maintenant pour ce qui est de la valorisation des marchés américains, le rachat d actions n explique pas tout à mon sens, car vous pouvez racheter autant d action que vous voudrez, si la boite n a pas ou peu de perspectives, elle sera mal valorisée. Je pencherais plus pour une culture du risque et des marchés « actions » bien plus développée outre Atlantique. Bonne soirée
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Oh oui, c’est très clair que les programmes de rachat d’action n’expliquent pas 100% de la différence, c’est juste un des aspects.

Et par ailleurs, Je ne disais pas que les marchés européens seraient plus hauts que ceux américains, je disais simplement que les marchés européens seraient eux aussi à leur plus haut historique. (Je suis pas sûr d’être clair).

a écrit : Puis que tu le proposes si gentiment, moi j'ai une question :-)

Je vois pas en quoi le rachat d'actions est intéressant pour les actionnaires. J'imagine que l'idée est de leur racheter leurs actions pour les rétribuer. Super, mais après, ils ont plus d'actions ... donc ne sont pl
us (ou plus faiblement) actionnaires. Donc en quoi ont il avantages à obtenir cela ? Afficher tout
Pour que ce soit intéressant pour l actionnaire, il faut que la société ayant rachetée ses actions les annules. Du coup, moins d actions = plus de valeur par action :) (attention : la société tape dans sa trésorerie pour effectuer ce rachat donc l opération n est pas neutre non plus) l’avantage dans ce cas par rapport au dividende vient de l imposition. Quand tu perçois un dividende on t en prend une partie sous forme d imposition. Alors que le rachat d action augmente ta plus value probable lorsque tu auras décidé de vendre.

a écrit : C'est bon signe, car comme dit le proverbe, plus on apprends de choses, plus on prends conscience de son ignorance. ;) C’est carrément un proverbe, mais de Confucius ;)

a écrit : Bonjour, plus je vous lis, plus je me sens inculte... Continue alors, ça va s'améliorer ;-)

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a écrit : Ces 9 milliards n'ont pas été perdus par tout le monde, c'est un transfert de cash entre Apple et les ex-actionnaires, qui de plus ont pu racheter à pas cher des actions dépréciées quelques mois plus tard. Pour eux, c'est gagnant<>gagnant, pour les actionnaires d'Apple qui n'avaient pas vendu leur actions quand Apple les a racheter, c'est... triste Afficher tout Ce qui est triste, c'est de trouver des gens assez crédules pour acheter des iPhones vendus aussi chers !

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a écrit : Alors le processus est différent de ce que tu dis.

Admettons que la société A est 100 actions qui sont détenus par 10 actionnaires. Chaque action vaut 1€. Ils ont donc chacun 10€ d’actions.

La société A décide de racheter 10 actions, elle est prête à payer 2€.
Chaque actionnaire se dit
: top, je vais lui vendre une action pour 2€, et je garde les autres.

Après cette opération, chaque actionnaire a 9 actions qui valent chacune 2€ (soit 18€) + 2€ en cash soit 20€. Et la société est détentrice de 10 actions. La plupart du temps, à cause de lois ou de raisons économiques (c’est assez complexe à expliquer mais si tu veux je peux essayer), la société va dissoudre ses 10 actions.

La situation finale sera donc de :
10 actionnaires détendeurs de 90 actions pour une valeur totale de 180€ (et chacun a 2€ en cash).

Sachant que les indices sont la majorité du temps calculé grâce au niveau de chaque composant, la société A est passé de 1€ / actions (soit 100€ de capitalisation boursière) a 2€ par actions (soit 180€ de capitalisation), l’indice a également augmenté.

(Ps: avant que certains « experts » ne viennent s’acharner sur mon commentaire, j’ai effectivement simplifié la réalité pour essayer d’être compréhensible)
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Ok merci pour ta réponse :-) c'est très clair !

Ça ne fait que révéler ma méconnaissance quasi totale du secteur ;-0

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a écrit : Alors le processus est différent de ce que tu dis.

Admettons que la société A est 100 actions qui sont détenus par 10 actionnaires. Chaque action vaut 1€. Ils ont donc chacun 10€ d’actions.

La société A décide de racheter 10 actions, elle est prête à payer 2€.
Chaque actionnaire se dit
: top, je vais lui vendre une action pour 2€, et je garde les autres.

Après cette opération, chaque actionnaire a 9 actions qui valent chacune 2€ (soit 18€) + 2€ en cash soit 20€. Et la société est détentrice de 10 actions. La plupart du temps, à cause de lois ou de raisons économiques (c’est assez complexe à expliquer mais si tu veux je peux essayer), la société va dissoudre ses 10 actions.

La situation finale sera donc de :
10 actionnaires détendeurs de 90 actions pour une valeur totale de 180€ (et chacun a 2€ en cash).

Sachant que les indices sont la majorité du temps calculé grâce au niveau de chaque composant, la société A est passé de 1€ / actions (soit 100€ de capitalisation boursière) a 2€ par actions (soit 180€ de capitalisation), l’indice a également augmenté.

(Ps: avant que certains « experts » ne viennent s’acharner sur mon commentaire, j’ai effectivement simplifié la réalité pour essayer d’être compréhensible)
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Le problème c'est que le cours n'est et ne sera pas garanti à 2 €.

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a écrit : Alors, commentaire à peu près aussi agressif qu'approximatif.
Deja, je suis content de voir que bcp de personnes ont réagit à mon anecdote, la première depuis que je lis SCMB, alors que je suis un lecteur assidu depuis des années. Merci!
Pour en revenir à ton commentaire. Pour info, je co-gère un fond
de plusieurs dizaine de millions donc j'espère pour mes employeurs et mes investisseurs que je m'y connais un peu.
Oui, on parle dans un monde initié plutot du s&p 500 que du Dow jones, mais les lecteurs de SCMB ne sont pas forcement tous initiés et ont probablement plus l'habitude d'entendre parler du Dow Jones que du spx. Effectivement, le mode de calcul est étrange pour le dji, mais il n'en est pas moins un indice investissable.
Concernant le QE, 1) il fait monter indistinctement les indices, le dow jones autant que le spx, et 2) il y a eu autant de QE aux US qu'en Europe, ce qui n'explique en rien la différence entre les deux régions.
Concernant les différents indices en France, je te laisse (tu as l'air de bosser en finance) vérifier les actifs sous gestion sur le Cac40 vs les autres indices (cac TR), tu vas vite comprendre l'inépsie de ton commentaire.

Enfin, quant aux DAX, non il n'existe qu'un seul indice majeur en Allemagne qui concentre plus des trois quarts des actifs investis en ligne direct.
Par ailleurs, si tu voulais vraiment parler du spx vs le dow jones, tu devrais me reprocher d'avoir parler du cac40 et non de l'Eurostoxx 50. (l'indice qui est composé des 50 plus sociétés européenes et qui est le plus utilisé en Europe).

L'anecdote ne mélange donc aucun concept, il explique comment par le simple fait d'allouer de la trésorerie au paiement d'un dividende ou à un programme de rachat d'action peut faire évoluer les indices de manière différent.

si vous avez d'autres questions n'hésitez pas
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Moi j'ai une petite question.
Comment se fait-il qu'avec autant de gens brillants et compétents qui bossent dans la finance, on se retrouve avec une crise financière (qui touche aussi l'économie réelle) tous les 10 ans ??

a écrit : Moi j'ai une petite question.
Comment se fait-il qu'avec autant de gens brillants et compétents qui bossent dans la finance, on se retrouve avec une crise financière (qui touche aussi l'économie réelle) tous les 10 ans ??
1re réponse :
Les crises économiques sont systémiques. C’est le système tout entier qui les provoque et au contraire cela ne l’affaiblit pas, mais le renforce. Le capitalisme est tellement résilient qu’il se nourrit des chocs. En tout cas, c’est la théorie de Naomi Klein.
fr.wikipedia.org/wiki/La_Stratégie_du_choc

Toutefois, cette réponse n’explique pas pourquoi la crise survient à moins de supposer qu’elle soit provoquée sciemment.

2de réponse :
Les solutions que l’on apporte à chaque crise provoquent souvent la suivante plusieurs années après. Par exemple, la crise de 2008 a provoqué la mise en place d’une réglementation bancaire renforcée. Sauf que cela a favorisé ce qu’on appelle le « shadow banking ». C’est-à-dire que face à un système trop régulé, les acteurs financiers se tournent vers des activités peu ou pas régulées du tout et généralement qui n’apparaissent pas dans les bilans (titrisations hors bilan, placement dans les fonds de couverture ou hedge funds, etc.). On se retrouve avec de nombreuses activités non-régulées qu'il est impossible de corriger en cas de dérive.

Bref, on provoque la crise d’après, car le système n’est jamais modifié en profondeur. On apporte des solutions de surface qui ne font que ensemencer le terreau d’une prochaine crise par des effets de levier de plus en plus opaque. Enfin, c'est une hypothèse.

a écrit : Je suis actionnaire en bourse et pas d’accords avec ton analyse
C’est très franco-français de taper sur les actionnaires.
Acheter une action est avant tout un risque, la bourse est un jeux dangereux (80% des petits porteurs ne font pas de plus-value) c’est donc normal de rémunerer le risque, par un dividen
de.
Acheter une action c’est de l’investissement, source de croissance et donc d’emplois pour l’entreprise.
Enfin tu propose les emprunt bancaires alors que l’essence de l’actionnariat c’est disposer de liquidités contre des parts de capital, donc pas d’emprunt, d’argent a rembourser
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À mon tour d'être pas d'accord : le rejet de l'actionnariat est absolument mondial : les 1% aux US, indignados en espagne, etc. Sans compter tous ces pays où il est encadré ou interdit.

« 80% des petits porteurs ne font pas de plus-value »
Ben justement, c'est encore les petits (porteurs) qui récoltent des clopinettes (en espérant gagner de l'argent sans travailler), les gros qui deviennent encore plus gros (toujours sans travailler), pendant que d'autres gagnent leur vie ... en travaillant, en étant utiles à la société.

Et si la bourse est un « jeu » dangereux, ça ne devrait justement pas l'être, on ne devrait pas brasser autant d'argent sur des paris. Pour moi une entreprise, ça marche avec ceux qui y bossent et ceux qui la demandent (clients, partenaires), et ça ne devrait pas pouvoir être acheté par des personnes extérieures, qui ignorent tout du secteur d'activité, des contraintes, des spécificités mais qui rappliquent ... en exigeant du profit au mépris de tout le reste (je caricature à peine). L'avidité au service de la société, ça ne marche pas des masses je trouve (pour la société).

Donc je maintiens, une entreprise ne devrait pas pouvoir céder des parts de son capital à des personnes extérieures. Au final, les dividendes, c'est comme de l'argent à rembourser, mais pour perpette (oui, je simplifie beaucoup). Obtenir de l'argent ne devrait pas être facile (ni pour une entreprise, ni pour un actionnaire) avoir une dette me parait être la seule option viable (ou « noble »), parce qu'elle implique de conserver son indépendance, et de continuer à bosser pour le bénéfice de ses clients, partenaires et salariés, pas de pour de parfaits inconnus attirés par une promesse de gain ...

Pour résumer, l'expression de "vendre son âme" me parait appropriée, et pas souhaitable pour un modèle de société, en tout cas dans sa forme actuelle ...

a écrit : Ca me rappel un business game qu'on avait fait pendant une semaine pendant mes études où l'on devait gérer une entreprise en concurrence avec d'autres étudiants en prenant en compte plein de facteurs (taux de change, demande, tendance, coût du travail par pays etc.), tout était géré informatiquement et l'on rentrait nos décisions dans l'ordi pour chaque années (sur 10 ans).
J'avais identifié que le ROE (return on equity= CA/capitaux propres) était dans les critères de notation. On a cassé le jeux en utilisant notre trésorerie pour racheter nos propres actions et booster artificiellement le ROE.

Ca montre bien ce que certaines entreprises peu scrupuleuses peuvent faire pour satisfaire l'actionnariat.
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En l’occurrence, le RoE n’est pas la seule information transmise au marché. De plus, réduire ses capitaux propres, ce n’est pas se positionner en forte dépendance financière, ce qui dégraderait à terme la notation de l’entreprise et donc mettrait en péril sa solvabilité à terme ?

Un peu simpliste comme affirmation. La réalité est plus complexe. De plus un rachat d’actions ne peut se faire sans l’accord des actionnaires Et surtout la société doit avoir accumulé du cash pour pouvoir le faire.