Les IRM ont une cheminée

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Les appareils d'IRM sont généralement équipés de cheminées pour évacuer l'hélium en cas de besoin. En effet, pour produire leur champ magnétique, des aimants supraconducteurs sont le plus souvent utilisés, baignant dans de l'hélium liquide à -269°C. Il peut arriver que cet hélium liquide repasse brutalement à l'état gazeux (on appelle cela un "quench") et la cheminée sert à l'évacuer à l'extérieur.

Bien que l'hélium soit plus léger que l'air et non toxique, une grande quantité peut provoquer l'asphyxie et également des gelures en raison de la température extrêmement basse de l'hélium liquide.


Commentaires préférés (3)

Quelque fois a cause d’une mauvaise manipulation, le quench est déclenché... c’est très impressionnant à voir bien que non dangereux.

Mais ce qui est vraiment le plus impressionnant, c’est la facture de Philips ou siemens pour reremplir l’équipement ;-) sans compter le temps d’immobilisation.

a écrit : Et par curiosité, elle se monte à combien, cette facture ? Ça dépend du type, de la marque et de l'année de construction de la machine. Là où je travaille on a un 1.5 Tesla, sans avoir vérifié, on m'a annoncé la facture de remise en route aux alentours de 30000€.

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Si je souviens bien de mes cours (et ça date), un IRM n’est jamais arrêté. C’est trop chère et trop long à remettre en route. La seule solution c’est de faire un arrêt d’urgence, dont le quench une conséquence.

Concernant le quench :
Un IRM comporte un électroaimant qui fonctionne avec une très grosse tension. Ce genre de montage chauffe beaucoup et est impossible à refroidir sans rendre la salle invivable. Du coup l’électroaimant est un supra conducteur : ça ne chauffe pas du tout, à condition d’être refroidi vers -270°C, avec de l’hélium liquide.
Ça peut paraître contre-intuitif, mais refroidir un électroaimant supraconducteur à -270°C c’est beaucoup plus facile que de refroidir un électroaimant standard de puissance équivalente à température ambiante.
Si, pour une raison quelconque, le refroidissement ne se fait plus, l’électroaimant passe au dessus des -270°C. Il perds instantanément sa supraconductivité et se mets à chauffer très rapidement, et l’hélium liquide s’évapore en quelques dizaines de secondes. L’hélium sous forme gazeux occupe environ 1000x plus de place que l’hélium liquide, donc sans ventilation adéquate ça pose rapidement un problème.
L’hélium n’est pas toxique, mais s’il remplace tout l’air de la pièce, c’est l’asphyxie assurée. En plus, comme indiqué plus haut, il reste extrèmement froid.


Tous les commentaires (23)

Quelque fois a cause d’une mauvaise manipulation, le quench est déclenché... c’est très impressionnant à voir bien que non dangereux.

Mais ce qui est vraiment le plus impressionnant, c’est la facture de Philips ou siemens pour reremplir l’équipement ;-) sans compter le temps d’immobilisation.

a écrit : Quelque fois a cause d’une mauvaise manipulation, le quench est déclenché... c’est très impressionnant à voir bien que non dangereux.

Mais ce qui est vraiment le plus impressionnant, c’est la facture de Philips ou siemens pour reremplir l’équipement ;-) sans compter le temps d’immobilisation.
Et par curiosité, elle se monte à combien, cette facture ?

a écrit : Et par curiosité, elle se monte à combien, cette facture ? Ça dépend du type, de la marque et de l'année de construction de la machine. Là où je travaille on a un 1.5 Tesla, sans avoir vérifié, on m'a annoncé la facture de remise en route aux alentours de 30000€.

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J’avais entendu dire que cette procédure de quench était déclenchée en urgence (ou non si pas de danger immédiat) si un objet en métal était introduit dans la pièce. En effet les aimants sont surpuissants et porter sur soit un objet métallique pourrait être très dangereux, risquant de se retrouver happé par la machine. Il y avait une histoire comme ça où une femme de ménage n’était pas au courant et était rentré avec un appareil électroménager du genre aspirateur ou un truc comme ça, et qui avait volé dans la pièce pour se retrouver bloqué dans l’IRM, nécessitant de déclencher le quench.

a écrit : J’avais entendu dire que cette procédure de quench était déclenchée en urgence (ou non si pas de danger immédiat) si un objet en métal était introduit dans la pièce. En effet les aimants sont surpuissants et porter sur soit un objet métallique pourrait être très dangereux, risquant de se retrouver happé par la machine. Il y avait une histoire comme ça où une femme de ménage n’était pas au courant et était rentré avec un appareil électroménager du genre aspirateur ou un truc comme ça, et qui avait volé dans la pièce pour se retrouver bloqué dans l’IRM, nécessitant de déclencher le quench. Afficher tout J’ai jamais entendu parler du coup de la femme de ménage, mais je sais que c’est déjà arrivé avec un pompier, dont la bouteille d’air comprimé s’est faite attiré par l’IRM. C’était en Allemagne il y a une vingtaine d’années, si je me souviens bien.

De nos jours tous les IRM ont un détecteur de métaux à l’entrée, pour éviter ce genre de problème (et pour éviter de faire passer un examen à quelqu’un qui a un implant magnétique, parce-que là c’est la cata).

Si je souviens bien de mes cours (et ça date), un IRM n’est jamais arrêté. C’est trop chère et trop long à remettre en route. La seule solution c’est de faire un arrêt d’urgence, dont le quench une conséquence.

Concernant le quench :
Un IRM comporte un électroaimant qui fonctionne avec une très grosse tension. Ce genre de montage chauffe beaucoup et est impossible à refroidir sans rendre la salle invivable. Du coup l’électroaimant est un supra conducteur : ça ne chauffe pas du tout, à condition d’être refroidi vers -270°C, avec de l’hélium liquide.
Ça peut paraître contre-intuitif, mais refroidir un électroaimant supraconducteur à -270°C c’est beaucoup plus facile que de refroidir un électroaimant standard de puissance équivalente à température ambiante.
Si, pour une raison quelconque, le refroidissement ne se fait plus, l’électroaimant passe au dessus des -270°C. Il perds instantanément sa supraconductivité et se mets à chauffer très rapidement, et l’hélium liquide s’évapore en quelques dizaines de secondes. L’hélium sous forme gazeux occupe environ 1000x plus de place que l’hélium liquide, donc sans ventilation adéquate ça pose rapidement un problème.
L’hélium n’est pas toxique, mais s’il remplace tout l’air de la pièce, c’est l’asphyxie assurée. En plus, comme indiqué plus haut, il reste extrèmement froid.

J’en passe deux par an environ, ça me rassure pas du tout bizarrement

a écrit : J’ai jamais entendu parler du coup de la femme de ménage, mais je sais que c’est déjà arrivé avec un pompier, dont la bouteille d’air comprimé s’est faite attiré par l’IRM. C’était en Allemagne il y a une vingtaine d’années, si je me souviens bien.

De nos jours tous les IRM ont un détecteur de métaux à l
’entrée, pour éviter ce genre de problème (et pour éviter de faire passer un examen à quelqu’un qui a un implant magnétique, parce-que là c’est la cata). Afficher tout
Les détecteurs de métaux sont plutôt rares dans les services d’irm. C’est un interrogatoire très strict du patient qui est nécessaire. Les accidents sont de toutes façon très rares.

a écrit : J’avais entendu dire que cette procédure de quench était déclenchée en urgence (ou non si pas de danger immédiat) si un objet en métal était introduit dans la pièce. En effet les aimants sont surpuissants et porter sur soit un objet métallique pourrait être très dangereux, risquant de se retrouver happé par la machine. Il y avait une histoire comme ça où une femme de ménage n’était pas au courant et était rentré avec un appareil électroménager du genre aspirateur ou un truc comme ça, et qui avait volé dans la pièce pour se retrouver bloqué dans l’IRM, nécessitant de déclencher le quench. Afficher tout Le quench est très rare et surtout utilisé en cas d’urgence vitale ! Mais si on peut, on fait en sorte de ne pas le déclencher et de régler le problème à la force des bras si c’est pour retirer un objet métallique. Et surtout il n’est pas miraculeux, le champ magnétique va mettre plusieurs heures à descendre après un quench. Dans la réalité le quench est le plus souvent réalisé lors d’un changement de machine. Dans mon service, il n’y a eu qu’un seul quench en 10 ans, lors du renouvellement de l’appareil.

L’intérêt de l’hélium à basse température c’est surtout le coût énergétique qui est très faible. En effet cela consomme peu d’électricité de maintenir l’hélium à -270. Un IRM ne consomme ainsi pas énormément d’énergie contrairement à ce que l’on pourrait imaginer.
Maintenant les fabricants arrivent à faire des IRM avec seulement une dizaine de litre d’hélium (logé à des endroits stratégiques autour de l’aimant). Ceci afin de réduire aussi les coûts car l’hélium se trouve souvent en « pénurie » mondial ce qui explique son coût élevé.

a écrit : Quelque fois a cause d’une mauvaise manipulation, le quench est déclenché... c’est très impressionnant à voir bien que non dangereux.

Mais ce qui est vraiment le plus impressionnant, c’est la facture de Philips ou siemens pour reremplir l’équipement ;-) sans compter le temps d’immobilisation.
De mémoire on parle de 40€ / L du coup combien de litres dans un IRM ?

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D’ailleurs pour l’anecdote : IRM ça s’appelle à la base IRMN (Imagerie par Résonance Magnétique Nucléaire).
Sauf que le mot « Nucléaire » faisait apparement peur à certains donc on dit juste IRM...

a écrit : J’ai jamais entendu parler du coup de la femme de ménage, mais je sais que c’est déjà arrivé avec un pompier, dont la bouteille d’air comprimé s’est faite attiré par l’IRM. C’était en Allemagne il y a une vingtaine d’années, si je me souviens bien.

De nos jours tous les IRM ont un détecteur de métaux à l
’entrée, pour éviter ce genre de problème (et pour éviter de faire passer un examen à quelqu’un qui a un implant magnétique, parce-que là c’est la cata). Afficher tout
Certains implants seulement peuvent amener à une contre indication de l’examen et surtout les valves cardiaques et les pacemaker.
Une IRM peut tout à fait être pratiquée sur un patient avec un implant dentaire métallique ou une broche.

a écrit : Le quench est très rare et surtout utilisé en cas d’urgence vitale ! Mais si on peut, on fait en sorte de ne pas le déclencher et de régler le problème à la force des bras si c’est pour retirer un objet métallique. Et surtout il n’est pas miraculeux, le champ magnétique va mettre plusieurs heures à descendre après un quench. Dans la réalité le quench est le plus souvent réalisé lors d’un changement de machine. Dans mon service, il n’y a eu qu’un seul quench en 10 ans, lors du renouvellement de l’appareil. Afficher tout Vu le prix actuel, les fabricants essais au maximum de récupérer l’hélium plutôt que de faire un quench.
J’ai voulu assister au quench lors du replacement de notre Siemens 2T en me mettant pas loin de la cheminée d’évacuation de l’hélium gazeux, bah le tech de Siemens m’a expliqué qu’ils le récupéraient systématiquement...

J'ai une question. Qu'est ce qui fait que pas mal de gaz a l'etat liquide soient aussi froids ? L'azote, l'helium, le protoxyde des cartouches ? J'imagine bien que le gel ne survient qu'au passage a l'etat gazeux mais j'ai jamais su me l'expliquer (j'ai pas particulierement cherché je dois dire)

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a écrit : J’en passe deux par an environ, ça me rassure pas du tout bizarrement Pour quelle raison si ce n’est pas indiscret ? Ça fait beaucoup je trouve !!

a écrit : De mémoire on parle de 40€ / L du coup combien de litres dans un IRM ? Entre 300 et 1000 litres suivant le modèle.
Mais pour ces quantités, AirLiquide (le fournisseur d’hélium) facture bien moins cher que le prix que tu annonces.

a écrit : J’en passe deux par an environ, ça me rassure pas du tout bizarrement Deja passé un Irm n'est pas le plus rassurant et en effet, cette anecdote me rassure pas, d'ailleurs faut bientot que j'en refasse un , ca me motive pas cette anecdote.

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J'espère ne pas dire de bêtises mais l'hélium n'étant pas toxique, il devient dangereux lorsqu'il est en trop grande quantité et qu'il remplace l'oxygène, dans ces cas là on ne devrait pas parler d'asphyxie mais d'anoxie.
Le risque est de mourir d'un manque d'oxygène.

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