Notre vision du monde est-elle influencée par notre langue ?

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L'hypothèse de Sapir-Whorf est une théorie linguistique voulant que le langage d'une civilisation n'est pas seulement un outil servant à décrire la réalité : il conditionnerait également notre vision du monde et notre manière de penser, donc notre façon de nous comporter. Les défenseurs de cette théorie prennent l'exemple de certaines pathologies du langage, qui sont plus ou moins graves selon la langue du locuteur.


Tous les commentaires (63)

Peut-être que je me trompe mais ne faut-il pas écrire "ne soit pas" au lieu de "n'est pas" dans la première phrase ? Ça me fait tout bizarre lorsque que je lis l'anecdote.

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Dans le livre "1984" de George Orwell, une dictature s'est imposé dans un monde fictif et l'un des moyens qu'à le gouvernement pour garder le contrôle sur sa population est le changement de la langue utilisé, la langue qui est imposé est le "novlangue" ou"newspeak" dans la version originale. En supprimant le mot liberté par exemple, le le gouvernement cherche à supprimer celle-ci.

a écrit : Même des mots à priori simples restent intraduisibles entre certaines langues.

Un exemple que j'aime bien : les deux verbes "savoir" ou "connaître" en français ou dans les autres langues latines (saber et conocer en espagnol, sapere et conoscere en italien...) qui en anglais se tra
duisent dans les deux cas par "to know". Ça a l'air de rien, mais pourtant il y a bien une légère distinction dans les langues romanes entre ces deux termes (notamment en philosophie) alors que l'anglais ne fait aucune distinction.

- I don't know him (Je ne le CONNAIS pas)
- I don't know where he lives (Je ne SAIS pas où il vit)

Essayez de traduire la phrase suivante en anglais : La connaissance est un ensemble de savoirs. Bon courage !

En anglais et en allemand il n'existe également aucun temps grammatical pour le futur, qui passe par l'utilisation d'un modal ou d'un présent. Dans la phrase "I will eat chocolate", le modal will exprime une action future, quand bien même la phrase est grammaticalement... au présent ! Les langues latines ont quant à elles un futur qui restent un temps grammatical à part entière, même s'il tend à être de moins en moins utilisé, en étant notamment remplacé par un présent de l'indicatif (ex: Demain, je pars en vacances.)

Autre exemple spécifique au Français que j'adore et qui n'est absoluement pas fréquent dans les autres langues indo-européennes, sur les mots ayant les mêmes sons, et notamment les prénoms. Mes amis étrangers se marrent souvent quand je leur dis que mon prénom en français (Emmanuel) se prononce exactement de la même façon pour les garçons que pour les filles. Du coup ils ont tendance à me dire que j'ai le même nom qu'une fille, je leur répond que pourtant l'orthographe est différente et que dans la têtes des francophones le mot est donc différent (pour nos cousins italiens qui prononcent exactement ce qu'ils écrivent, c'est souvent dur à avaler ahahah).

En français on doit donc plus souvent avoir une représentation mentale des mots et de l'orthographe du fait des nombreux homonymes, en particulier lorsque l'on écoute quelqu'un. Sur le plan "cognitif" il y a donc une grande différence entre le français et certaines langues, où les sons sont suffisants à la compréhension. Exemples en français :

- Ils nagent dans des (zoos/os/eaux) profondes.
- Avec l'age, elle a mal aux (zoos/os/eaux).
- Greenpeace est contre les (zoos/os/eaux).

Et que dire du chinois qui n'écrit pas des sons mais des représentations des mots !

Je parle français, anglais, italien et espagnol et suis en train d'apprendre l'allemand. Je pourrais vous écrire pendant des heures toutes les différences qui existent entre ces langues pourtant relativement proches (y compris les langues latines et germaniques entre elles).

Ces petites différences n'ont l'air de rien, mais toutes accumulées entre elles, n'importe quel polyglotte amoureux des langues vous dira que lorsqu'il s'exprime dans une autre langue étrangère, il a l'impression d'être "différent".

Pour ceux qui n'ont pas vu le film Premier Contact (Arrival en anglais) je vous le conseille vivement, c'est un chef-d'œuvre.
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Ah, Ok

a écrit : Même des mots à priori simples restent intraduisibles entre certaines langues.

Un exemple que j'aime bien : les deux verbes "savoir" ou "connaître" en français ou dans les autres langues latines (saber et conocer en espagnol, sapere et conoscere en italien...) qui en anglais se tra
duisent dans les deux cas par "to know". Ça a l'air de rien, mais pourtant il y a bien une légère distinction dans les langues romanes entre ces deux termes (notamment en philosophie) alors que l'anglais ne fait aucune distinction.

- I don't know him (Je ne le CONNAIS pas)
- I don't know where he lives (Je ne SAIS pas où il vit)

Essayez de traduire la phrase suivante en anglais : La connaissance est un ensemble de savoirs. Bon courage !

En anglais et en allemand il n'existe également aucun temps grammatical pour le futur, qui passe par l'utilisation d'un modal ou d'un présent. Dans la phrase "I will eat chocolate", le modal will exprime une action future, quand bien même la phrase est grammaticalement... au présent ! Les langues latines ont quant à elles un futur qui restent un temps grammatical à part entière, même s'il tend à être de moins en moins utilisé, en étant notamment remplacé par un présent de l'indicatif (ex: Demain, je pars en vacances.)

Autre exemple spécifique au Français que j'adore et qui n'est absoluement pas fréquent dans les autres langues indo-européennes, sur les mots ayant les mêmes sons, et notamment les prénoms. Mes amis étrangers se marrent souvent quand je leur dis que mon prénom en français (Emmanuel) se prononce exactement de la même façon pour les garçons que pour les filles. Du coup ils ont tendance à me dire que j'ai le même nom qu'une fille, je leur répond que pourtant l'orthographe est différente et que dans la têtes des francophones le mot est donc différent (pour nos cousins italiens qui prononcent exactement ce qu'ils écrivent, c'est souvent dur à avaler ahahah).

En français on doit donc plus souvent avoir une représentation mentale des mots et de l'orthographe du fait des nombreux homonymes, en particulier lorsque l'on écoute quelqu'un. Sur le plan "cognitif" il y a donc une grande différence entre le français et certaines langues, où les sons sont suffisants à la compréhension. Exemples en français :

- Ils nagent dans des (zoos/os/eaux) profondes.
- Avec l'age, elle a mal aux (zoos/os/eaux).
- Greenpeace est contre les (zoos/os/eaux).

Et que dire du chinois qui n'écrit pas des sons mais des représentations des mots !

Je parle français, anglais, italien et espagnol et suis en train d'apprendre l'allemand. Je pourrais vous écrire pendant des heures toutes les différences qui existent entre ces langues pourtant relativement proches (y compris les langues latines et germaniques entre elles).

Ces petites différences n'ont l'air de rien, mais toutes accumulées entre elles, n'importe quel polyglotte amoureux des langues vous dira que lorsqu'il s'exprime dans une autre langue étrangère, il a l'impression d'être "différent".

Pour ceux qui n'ont pas vu le film Premier Contact (Arrival en anglais) je vous le conseille vivement, c'est un chef-d'œuvre.
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Dès la première ligne, j'ai une surprise : "a priori" est une locution latine, donc le "a" n'est pas accentué. l'Académie (française) suggère même d'écrire "apriori", en un seul mot.
On peut dire "je vais chanter", "je vais partir", qui sont aussi des expressions dites au présent, mais indiquant une action future.
J'arrête là.

a écrit : Dès la première ligne, j'ai une surprise : "a priori" est une locution latine, donc le "a" n'est pas accentué. l'Académie (française) suggère même d'écrire "apriori", en un seul mot.
On peut dire "je vais chanter", "je vais partir", qui sont a
ussi des expressions dites au présent, mais indiquant une action future.
J'arrête là.
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Le commentaire parle bien d'une marque grammaticale du futur, dans ce qu'on appelle (ou appelait (?)) futur proche, la marque du futur n'est pas grammaticale.
Après, pour l'apriori, c'est une autre histoire.

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android

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Cet hypothèse s'oppose à la vision classique de la langue qui est influencée par le monde.

Mes professeurs avaient pour habitude d'utiliser la célèbre métaphore du filet pour illustrer l'hypothèse de Sapir: la langue est un filet que l'on jette sur le monde.

Au sujet de cette hypothèse, vous pouvez en avoir une illustration avec l'étude de la langue Piraha, et les travaux de D.Everett.

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android

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a écrit : Dès la première ligne, j'ai une surprise : "a priori" est une locution latine, donc le "a" n'est pas accentué. l'Académie (française) suggère même d'écrire "apriori", en un seul mot.
On peut dire "je vais chanter", "je vais partir", qui sont a
ussi des expressions dites au présent, mais indiquant une action future.
J'arrête là.
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L'Académie Française est l'ennemi juré des linguistes, pour la simple et bonne raison qu'ils ne servent à rien à part nous pondre des règles d'orthographe ou de grammaire inutiles que personne n'applique. Si on suit leur recommandations à la c**, le mot "chronophage" et "candidater" n'existent pas (à quant bien même ils sont courants et compris de presque tous, ce qui sur le plan LINGUISTIQUE en fait donc des mots à part entière...).

Je me rappelle même d'un académicien il y a quelques années, qui avait dit que nos amis québécois parlaient un français "pittoresque"... Inadmissible ! Ces bons vieux immortels ont tendance à oublier que la francophonie, ce n'est pas que la France ! Ils ont beau avoir une œuvre littéraire derrière eux, ça ne fait certainement pas d'eux de bons linguistes (c'est deux choses différentes).

Pour ce qui est de "à priori", soit on considère que l'expression est devenue "française" auquel cas il faut l'accentuer, soit qu'elle est toujours latine et l'accent n'est pas nécessaire (par contre il faut l'écrire en italique).
www.langue-fr.net/A-priori-a-posteriori-accent-ou-pas-accent

Bref, une langue n'appartient certainement pas à un groupe de quelques vieux croûtons oligarques qui dictent leurs règles (beaucoup de langues n'ont même pas d'institut de réglementation).

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C'est sur ce principe qu'est basé la programmation neuro linguistique enfin l'une des bases

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Ca me rappel ma prof de français au lycée qui un jour nous avait dit que chaque langue a son environnement et qu'on a besoin de mots pour décrire ce qui nous entoure. Ainsi, on a aucun mot pour désigner l'abscence d'argent (sous entendu que ça n'existe pas).
Bref, une anecdote qui m'aura rappellé un souvenir.

Et je rejoins les autres commentaires, étant bilingue et jonglant entre 2 langues quotidiennement je me rends compte que je n'ai pas la même perception ou façon de penser dans chacune. Il m'arrive de parler dans une langue et soudainement je pense avec l'autre parce que je me projette plus facilement. Bonjour la gymnastique mentale !

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Regardez donc le soin que les politiques prennent à poser leurs mots, à qualifier, ils cherchent à engager des représentations mentales à associer à leur image.
Écoutez leurs je.

a écrit : Je ne peux que confirmer tout cela, sans aller jusqu'à être polyglotte ou même bilingue (je parle couramment anglais mais je n'irais pas jusqu'à dire que je suis bilingue) il m'arrive souvent de parler ou de penser en anglais lorsque j'ai du mal a exprimer une idée en français ou lorsque je laisse mon imagination vagabonder. Afficher tout Le rêve américain...

Hey, pour ceux qui ne l'ont pas lu, courez lire 1984 de George orwell. Le thématique de cette anecdote est un des fils conducteurs du récit et si ce dernier vous est inconnu il soulèvera des tonnes de réflexions sur le langage. Bisous.

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a écrit : Même des mots à priori simples restent intraduisibles entre certaines langues.

Un exemple que j'aime bien : les deux verbes "savoir" ou "connaître" en français ou dans les autres langues latines (saber et conocer en espagnol, sapere et conoscere en italien...) qui en anglais se tra
duisent dans les deux cas par "to know". Ça a l'air de rien, mais pourtant il y a bien une légère distinction dans les langues romanes entre ces deux termes (notamment en philosophie) alors que l'anglais ne fait aucune distinction.

- I don't know him (Je ne le CONNAIS pas)
- I don't know where he lives (Je ne SAIS pas où il vit)

Essayez de traduire la phrase suivante en anglais : La connaissance est un ensemble de savoirs. Bon courage !

En anglais et en allemand il n'existe également aucun temps grammatical pour le futur, qui passe par l'utilisation d'un modal ou d'un présent. Dans la phrase "I will eat chocolate", le modal will exprime une action future, quand bien même la phrase est grammaticalement... au présent ! Les langues latines ont quant à elles un futur qui restent un temps grammatical à part entière, même s'il tend à être de moins en moins utilisé, en étant notamment remplacé par un présent de l'indicatif (ex: Demain, je pars en vacances.)

Autre exemple spécifique au Français que j'adore et qui n'est absoluement pas fréquent dans les autres langues indo-européennes, sur les mots ayant les mêmes sons, et notamment les prénoms. Mes amis étrangers se marrent souvent quand je leur dis que mon prénom en français (Emmanuel) se prononce exactement de la même façon pour les garçons que pour les filles. Du coup ils ont tendance à me dire que j'ai le même nom qu'une fille, je leur répond que pourtant l'orthographe est différente et que dans la têtes des francophones le mot est donc différent (pour nos cousins italiens qui prononcent exactement ce qu'ils écrivent, c'est souvent dur à avaler ahahah).

En français on doit donc plus souvent avoir une représentation mentale des mots et de l'orthographe du fait des nombreux homonymes, en particulier lorsque l'on écoute quelqu'un. Sur le plan "cognitif" il y a donc une grande différence entre le français et certaines langues, où les sons sont suffisants à la compréhension. Exemples en français :

- Ils nagent dans des (zoos/os/eaux) profondes.
- Avec l'age, elle a mal aux (zoos/os/eaux).
- Greenpeace est contre les (zoos/os/eaux).

Et que dire du chinois qui n'écrit pas des sons mais des représentations des mots !

Je parle français, anglais, italien et espagnol et suis en train d'apprendre l'allemand. Je pourrais vous écrire pendant des heures toutes les différences qui existent entre ces langues pourtant relativement proches (y compris les langues latines et germaniques entre elles).

Ces petites différences n'ont l'air de rien, mais toutes accumulées entre elles, n'importe quel polyglotte amoureux des langues vous dira que lorsqu'il s'exprime dans une autre langue étrangère, il a l'impression d'être "différent".

Pour ceux qui n'ont pas vu le film Premier Contact (Arrival en anglais) je vous le conseille vivement, c'est un chef-d'œuvre.
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Merci merci et encore merci. Grâce à toi jmcmb :)

a écrit : Hypothèse utilisée dans l'excellent film Arrival (2016), qui, pour ceux n'ayant pas compris, fait simplement référence au relativisme culturel et au déterminisme linguistique. En résumé, les représentations mentales que l'on se fait dépendent des catégories linguistiques dans lesquelles on les énoncent, et la façon dont on perçoit le monde dépend de facto du language. Theorie qui a de nombreux détracteurs (toutes les sciences ne sont pas exactes, et oui...), mais qui a le mérite d'être intéressante. On pourrait ainsi "reformater" sa façon de penser en changeant de language de référence (c'est à dire en non seulement parlant une autre langue, mais en pensant dans cette cette langue, rêvant dans cette langue etc), car notre vocabulaire et formulations influenceraient invariablement la manière dont on pense. A savoir qu'à ce moment on changerait non seulement sa façon de penser, mais également de communiquer, car l'énonciation donne le sens à l'énoncé et non pas le contraire. C'est à ce moment qu'il est intéressant de se pencher sur la distinction entre la sémiologie et la sémiotique, si des personnes cherchent à pousser le sujet. Afficher tout Rien compris.

Je connaissais mais je pense que c'est faux personnellement. Si cette théorie a émergé à mon avis c'est parce que de prime abord le commun des mortels se laisse influencer par sa langue et ne pense pas de manière pure.

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a écrit : George Orwell traite également ce sujet dans son roman 1984, ou le régime impose la "Novlangue", une langue crée de toute pièce ou le but est de supprimer le plus de mots possible pour ainsi supprimer le concept derrière ce mot, empêchent toute personne de formuler, et à terme de penser toute idée permettant de critiquer le système. Afficher tout Et il y en a qui l'on très bien compris!!!

Exemple:
Avant on avait des "jeunes exploité" dans notre pays... maintenant nous avons des" jeunes avec moins d'opportunité".
Ici l'exploiteur a disparu pour laisser place à un manque de chance...

"Plan de licenciement ==> plan de sauvegarde de l'emploi"

Etc... etc..

Notre système en invente tout les jours...
On supprime le négatif pour y mettre un positif...
On ne se révolte pas contre quelque chose de positif.
Orwell disait quelque part qu'il n'y avait pas besoin d'armée pour être un état fasciste.

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a écrit : Il existe une société humaine (dont j'ai malheureusement oublié le nom) qui n'a pas le pronom JE dans sa langue. (Ils ont un TU un IL, mais pas de JE)

Imaginez un instant ce que ça implique sur la façon de penser, et sur la structure économique et politique de cette société.
Sur l'ego indirectement, le "moi" le "je", c'est socialement intéressant!!

a écrit : Même des mots à priori simples restent intraduisibles entre certaines langues.

Un exemple que j'aime bien : les deux verbes "savoir" ou "connaître" en français ou dans les autres langues latines (saber et conocer en espagnol, sapere et conoscere en italien...) qui en anglais se tra
duisent dans les deux cas par "to know". Ça a l'air de rien, mais pourtant il y a bien une légère distinction dans les langues romanes entre ces deux termes (notamment en philosophie) alors que l'anglais ne fait aucune distinction.

- I don't know him (Je ne le CONNAIS pas)
- I don't know where he lives (Je ne SAIS pas où il vit)

Essayez de traduire la phrase suivante en anglais : La connaissance est un ensemble de savoirs. Bon courage !

En anglais et en allemand il n'existe également aucun temps grammatical pour le futur, qui passe par l'utilisation d'un modal ou d'un présent. Dans la phrase "I will eat chocolate", le modal will exprime une action future, quand bien même la phrase est grammaticalement... au présent ! Les langues latines ont quant à elles un futur qui restent un temps grammatical à part entière, même s'il tend à être de moins en moins utilisé, en étant notamment remplacé par un présent de l'indicatif (ex: Demain, je pars en vacances.)

Autre exemple spécifique au Français que j'adore et qui n'est absoluement pas fréquent dans les autres langues indo-européennes, sur les mots ayant les mêmes sons, et notamment les prénoms. Mes amis étrangers se marrent souvent quand je leur dis que mon prénom en français (Emmanuel) se prononce exactement de la même façon pour les garçons que pour les filles. Du coup ils ont tendance à me dire que j'ai le même nom qu'une fille, je leur répond que pourtant l'orthographe est différente et que dans la têtes des francophones le mot est donc différent (pour nos cousins italiens qui prononcent exactement ce qu'ils écrivent, c'est souvent dur à avaler ahahah).

En français on doit donc plus souvent avoir une représentation mentale des mots et de l'orthographe du fait des nombreux homonymes, en particulier lorsque l'on écoute quelqu'un. Sur le plan "cognitif" il y a donc une grande différence entre le français et certaines langues, où les sons sont suffisants à la compréhension. Exemples en français :

- Ils nagent dans des (zoos/os/eaux) profondes.
- Avec l'age, elle a mal aux (zoos/os/eaux).
- Greenpeace est contre les (zoos/os/eaux).

Et que dire du chinois qui n'écrit pas des sons mais des représentations des mots !

Je parle français, anglais, italien et espagnol et suis en train d'apprendre l'allemand. Je pourrais vous écrire pendant des heures toutes les différences qui existent entre ces langues pourtant relativement proches (y compris les langues latines et germaniques entre elles).

Ces petites différences n'ont l'air de rien, mais toutes accumulées entre elles, n'importe quel polyglotte amoureux des langues vous dira que lorsqu'il s'exprime dans une autre langue étrangère, il a l'impression d'être "différent".

Pour ceux qui n'ont pas vu le film Premier Contact (Arrival en anglais) je vous le conseille vivement, c'est un chef-d'œuvre.
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Merci

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a écrit : Un exemple indiqué dans les sources est celui de la neige. Les esquimaux ont une multitude de termes différents désignant tous la neige. Il est peu pertinent pour nous de différencier plus que ça la neige tandis que c'est vital pour eux ! Petite précision néanmoins Cette théorie est souvent opposée au fait qu'ils ne s'agisse pas totalement de mots différents, car leur langue est agglutinante, ce sont en réalité des suffixes qui viennent à chaque fois se rajouter les uns aux autres au morphème de base. Exemple: "aattarsinnaanngorpoq" pourrait être considéré comme un seul mot, bien que cela signifie "il lui devint possible de partir".

a écrit : Et il y en a qui l'on très bien compris!!!

Exemple:
Avant on avait des "jeunes exploité" dans notre pays... maintenant nous avons des" jeunes avec moins d'opportunité".
Ici l'exploiteur a disparu pour laisser place à un manque de chance...

"P
lan de licenciement ==> plan de sauvegarde de l'emploi"

Etc... etc..

Notre système en invente tout les jours...
On supprime le négatif pour y mettre un positif...
On ne se révolte pas contre quelque chose de positif.
Orwell disait quelque part qu'il n'y avait pas besoin d'armée pour être un état fasciste.
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Il faut passer au crible de l'analyse sémantique tous les mots fournis par nos chers directeurs de rédaction et copiés-collés / radotés ensuite par des centaines de journalistes incapables officiant dans les "rédactions" (lol) d'infos continues h24.

Exemple : "la grogne a encore gagné du terrain ce jeudi lorsque le défilé des retraités a rejoint celui des syndicats..." ==> la "GROGNE" ? ce sont les cochons et les chiens qui grognent... les humains revendiquent, contestent, militent...