Au micro-ondes, de l’eau très pure dans un récipient lisse peut dépasser 100°C sans faire de bulles. Elle paraît calme, mais un simple mouvement, du sucre ou un sachet de thé peut déclencher d’un coup l’ébullition et projeter dangereusement l’eau hors de la tasse.
Ce phénomène s’appelle la surébullition : sans impuretés ni aspérités, les bulles peinent à se former. L’eau reste alors liquide au-delà de son point d’ébullition, jusqu’à ce qu’une perturbation fasse partir l’ébullition brusquement.

Commentaires préférés (3)
Oui, Bonne question. Le point d’ébullition de l’eau pure est bien 100 °C à pression atmosphérique normale : c’est la température à laquelle sa pression de vapeur devient égale à la pression extérieure.
Mais pour que l’ébullition devienne visible, il faut aussi que des bulles puissent se former. Elles naissent souvent sur de minuscules aspérités, poussières, dépôts ou microbulles d’air, qui peuvent venir de l’eau, mais aussi du récipient lui-même.
Dans une eau très pure, chauffée dans une tasse ou un verre très lisse, ces “points de départ” peuvent manquer. L’eau peut alors dépasser temporairement 100 °C tout en restant liquide : elle est dans un état instable. Dès qu’on ajoute du sucre, un sachet de thé ou qu’on bouge la tasse, on fournit des sites de nucléation, et l’ébullition peut se déclencher brusquement.
Donc 100 °C reste bien le point d’ébullition de l’eau pure ; la surébullition montre surtout que le changement d’état peut avoir besoin d’un support matériel pour démarrer.
surfusion : fr.wikipedia.org/wiki/Surfusion
C'est beaucoup moins probable dans une casserole sur un feu car l'eau chauffe plus lentement et par le bas ce qui crée des mouvements de convection qui brassent l'eau, ce qui favorise l'apparition de sites de nucléations, et donc favorise l'apparition de bulles.
Ça marche bien dans les micro-ondes car l'eau chauffe rapidement et bouge peu, il n'y a pas de mouvement d'ensemble, les molécules sont "excitées sur place" par les micro-ondes.
Tous les commentaires (21)
Tant que c'est pas pointu c'est ok non ?
C'est pour cela que les fabricants précisent dans leur notice de faire chauffer de l'eau avec une cuillère dedans ?
Tant que c'est pas pointu c'est ok ? Je tenterai l'expérience toute à l'heure
Alors, pas avec une cuillère (en tout cas, pas en métal parce que le four à micro-ondes il aime pas trop, ça fait grrzz-grrzz…), mais plutôt avec une touillette en bois
L'anecdote fait comprendre que si l'eau bout à 100 degrés c'est qu'elle comprend des aspérités ou des impuretés. Du coup, question naïve mais pourquoi ne considère t-on pas le point d'ébullition de l'eau comme la température à laquelle l'eau PURE bout ?
Oui, Bonne question. Le point d’ébullition de l’eau pure est bien 100 °C à pression atmosphérique normale : c’est la température à laquelle sa pression de vapeur devient égale à la pression extérieure.
Mais pour que l’ébullition devienne visible, il faut aussi que des bulles puissent se former. Elles naissent souvent sur de minuscules aspérités, poussières, dépôts ou microbulles d’air, qui peuvent venir de l’eau, mais aussi du récipient lui-même.
Dans une eau très pure, chauffée dans une tasse ou un verre très lisse, ces “points de départ” peuvent manquer. L’eau peut alors dépasser temporairement 100 °C tout en restant liquide : elle est dans un état instable. Dès qu’on ajoute du sucre, un sachet de thé ou qu’on bouge la tasse, on fournit des sites de nucléation, et l’ébullition peut se déclencher brusquement.
Donc 100 °C reste bien le point d’ébullition de l’eau pure ; la surébullition montre surtout que le changement d’état peut avoir besoin d’un support matériel pour démarrer.
C’est pas aussi le même phénomène avec la surgélation?
.....
Dans le même état d’esprit, il me semble que le champagne qui serait contenu dans un verre parfaitement propre et lisse ne produirait pas de bulle.
En effet, ce sont les minuscules aspérités du verre qui participeraient à la formation des bulles.
surfusion : fr.wikipedia.org/wiki/Surfusion
Mais du coup, dans une casserole sans aspérité, parfaitement propre... Avec l'eau pure, on pourrait avoir le même phénomène que dans un micro-onde ?
C'est beaucoup moins probable dans une casserole sur un feu car l'eau chauffe plus lentement et par le bas ce qui crée des mouvements de convection qui brassent l'eau, ce qui favorise l'apparition de sites de nucléations, et donc favorise l'apparition de bulles.
Ça marche bien dans les micro-ondes car l'eau chauffe rapidement et bouge peu, il n'y a pas de mouvement d'ensemble, les molécules sont "excitées sur place" par les micro-ondes.
Quand j'étais ado, je me souviens avoir réchauffé une part de pizza au micro-ondes, et lorsque j'ai croqué dedans, elle a littéralement explosé dans ma bouche. Est-ce que ça participe du même phénomène ?
alors pas besoin qu'elle soit pure ça m'est arrivé avec mon café hier ! Micro onde, trop longtemps, tout va bien puis... un p'tit sucre = mousse + debordement + café partout + les collègues qui se marrent
Surfusion : une fois j’ai tenté de faire des glaçons au congélateur ; même après une journée l’eau du bac était liquide. Lorsque je l’ai jetée dans l’évier elle s’est congelée d’un coup
Ça, c'est ballot
Oui, dans le Champagne, ce sont les minuscules aspérités qui libèrent les petites bulles de gaz carbonique (CO2) dissous dans le vin.
www.troyeslachampagne.com/savourez/le-champagne/fines-ou-grosses-bulles/
On prétend même qu’en dégustation chez certains négociants on utilise des verres dont le fond est garni volontairement de petites aspérités pour provoquer les bulles.
Autrefois mais rarement maintenant, on vendait des petits fouets à Champagne en argent ou métal argenté pour éliminer les bulles.
Hors sujet, mais j’aimerais profiter des grammar nazi ici présent pour élucider une formulation qui me semble bizarre et qui pourtant pullule ces derniers temps : doit-on dire « participe à » ou « participe de » ? En cherchant la différence sur le net, je ne comprend pas la terminologie qui régi cette différence…
Pour moi dans votre phrase la bonne formule serait « est-ce que ça participe AU même phénomène ? » et utiliser « participe DU » semble être un élément de langage récent et un tantinet pédant, comme l’utilisation d’anglicisme comme « faire sens » par exemple. Ce n’est pas un jugement de valeur mais une vrai question :)
L'expression 'sabler le champagne' vient de l'habitude au XIX em siècle qui consistait à saupoudrer les coupes de champagne de quelques grains de sucre en poudre pour augmenter le nombre de bulles
Ton commentaire m'a intrigué du coup j'ai jeté un oeil. A priori les 2 existent, "participer au" relève de l'usage courant et signifie "qui contribue à le produire", tandis que "participer de" est d'un registre plus littéraire et signifie "qui relève de ce phénomène ou en constitue un aspect".
Pour "faire sens" c'est bien un anglicisme du milieu XXeme siècle qui a intégré la langue. Après avoir été rejeté l'usage l'a fait accepter.